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Sobriété musulmane pour le Centre culturel
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Sobriété musulmane pour le Centre culturel
Sans se concerter, les regards convergent vers le dôme. Glissent le long de ses huit arêtes à la fois polies et tranchantes. Reculent pour mieux évaluer la blancheur de sa géométrie octogonale. Se reportent sur La Citadelle qui, noircie par le temps, se tient en retrait sur sa butte verdoyante. Superposition saisissante de la modernité et des vestiges du passé. Une marque propre à la cité cosmopolite qu?est Port-Louis.
Nouveau fleuron de sa diversité : le Centre culturel islamique. Sis à la rue La-Paix, il a été inauguré samedi dernier par le Premier ministre, Paul Bérenger. Après avoir renforcé le regard à l?immuabilité des fortifications, les pupilles reviennent s?appuyer contre la rangée de portes-fenêtres du niveau le plus élevé le l?édifice.
«Ce bâtiment de trois niveaux est articulé autour de quatre éléments», nous explique Mohamadally Mownah, directeur du Islamic Cultural Centre Trust Fund Board. A ses côtés, nous arpentons en ligne droite la cour circulaire où l?herbe fraîchement plantée a séché sur pied. Une rondeur qui fait écho à la ceinture de montagnes qui enserre la cité.
La porte principale, orientée vers la Mecque, dresse ses arabesques géométriques au sommet des marches en basalte. Une entrée ouvragée taillée dans le bois. De fleurs en triangles, la minutie de l?ouvrage coïncide avec un pan de philosophie islamique : se perdre du regard dans les méandres de ces motifs finement imbriqués est une forme de méditation.
Une fois franchie la façade soutenue par des colonnades blanches, une ambiance de chantier nous assaillit. Un changement perceptible après les odeurs de friture émanant du quartier de la Plaine-Verte, en fin d?après-midi. Si le Centre culturel islamique a été inauguré, il y a une semaine, le lieu est encore en chantier. Les odeurs de sciure de bois, de colle et de peinture devraient s?estomper d?ici la première semaine d?avril. C?est à cette date, que l?équipe de Mohamadally Mownah prendra possession des lieux.
Dans un concert de marteaux maniés par des mains énergiques, nous découvrons un dallage rectangulaire et grisâtre. Son relief n?est relevé que par la présence régulière de marbre noir taillé en forme de diamant. Le hall octogonal s?ouvre sur une salle polyvalente.
Là, la froideur du marbre se métamorphose en moquette moelleuse, d?un vert prononcé. Le ton est donné. C?est là l?unique duo de couleurs qui habille ce lieu dont la vocation est, «de faire connaître le monde musulman», comme nous l?explique Mohamadally Mownah.
Sur la nudité des lieux, seul tranche un lustre à la richesse impressionnante. «C?est un cadeau offert par un homme d?affaires pakistanais. Heureusement que nous avons des amis.» Cadeau dont la valeur se calcule en cristal véritable, ainsi qu?en plaqué or 24 carats. A le voir pendu, solitaire dans un coin du plafond de la salle, c?est comme s?il contribuait à l?acoustique particulière de ce premier niveau.
Ouvert sur cet espace résonnant, les deux mezzanines, «conçues pour les dames. Vous n?êtes pas sans savoir qu?elles se tiennent séparément des hommes lors des rassemblements publics.» En sus du bloc administratif, le premier niveau est constitué de six salles de cours. Au deuxième : d?autres salles de classe ou de réunion. Le bâtiment, doté d?un ascenseur vitré, culmine sur une bibliothèque dont l?ambition affichée est de «favoriser l?accès à la diversité des arts islamiques.»
Un bijou long à tailler
Samedi dernier, le Premier ministre devait qualifier le centre de « bijou de l?architecture islamique. » Il aura cependant fallu qu?il attende quinze ans avant d?être complété. La première pierre de l?édifice fut posée le 13 mai 1989. Ce n?est qu?en 1992 que le gouvernement cède un lopin de terre au Islamic Cultural Centre Trust Fund Board pour la construction du complexe. C?est l?architecte Fouad Hossenally, aujourd?hui disparu qui dessinera les plans du centre. « Il s?est inspiré de l?architecture turque, » indique le directeur du centre, qui se rappelle, « avant, à la place il y avait un dépotoir. » C?est dessus que fleuriront les salles de classe dédiées aux cours d?arabe et d?urdu, l?enseignement de la calligraphie, l?art du mehendi et de la cuisine. Le centre abritera également un « laboratoire de la langue arabe, qui servira à en faire la promotion. » Coût du projet : Rs 100 millions. « Nous manquons cependant de moyens et avons dû réduire considérablement nos ambitions », indique Mohamadally Mownah. Parmi les principaux parrains : la Islamic Development Bank et les gouvernements du Koweït, de la Malaisie, d?Oman et du Quatar.
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