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So, this is Anfield !

5 mai 2005, 00:00

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Anfield, lieu de culte, temple de Liverpool. Anfield, stade mythique au décorum sans pareil. Anfield, sanctuaire de l?ivresse, théâtre de l?impossible. Anfield, loyal, fier, tonique, debout. Anfield, douzième homme. Anfield l?unique?

C?est donc porté par l?exceptionnelle ferveur de son public, le plus bruyant, le plus fou d?Angleterre, que Liverpool a relevé, mardi soir, sous les yeux de millions de téléspectateurs médusés, l?incroyable pari de battre plus fort qu?elle, Chelsea en l?occurrence.

Ce public qui chante si fort quand l?occasion est solennelle que même les derniers irréductibles finissent par se faire des complexes. N?est-ce pas Lampard ?

Steven Gerrard en frissonne encore : ?Une heure avant le match, à l?échauffement, la pelouse vibrait déjà. Je n?avais jamais connu ça. Je peux maintenant le dire : c?est le meilleur public d?Europe??

Vu de la fenêtre mauricienne, c?est à peu près le même constat. ?Liverpool a joué à 13. Il y avait le kop et puis les Dieux du stade?, nous confiait hier matin Jean-Karl Palmyre, président de la branche mauricienne du Supporters Club de Liverpool.

Voilà donc les Reds avec, en poche, un ticket pour Istanbul. C?est fou, c?est insensé, c?est Benitez. Eux qui traînent à trente-trois points de Chelsea en Premier League. Eux qui ont perdu contre Crystal Palace, Southampton et Birmingham en championnat. Eux qui, préalablement, sur cette même scène européenne, avaient réussi l?exploit de se faire inquiéter par le modeste Sturm Graz et qui, contre l?Olympiakos, étaient à deux minutes d?une cruelle élimination. Eux qui, faute de pouvoir distribuer des pétro-dollars sur le marché des transferts, composent avec Djimi Traoré et Igor Biscan dans leur équipe-type. Eux qui étaient jusqu?à tout récemment la risée de tous les observateurs?

Back to legends, c?est le cas de le dire. Car même si Liverpool n?a pas le génie de ses glorieuses devancières des années 70 et 80, elle joue, quand ça l?arrange, avec un coeur gros comme le monde. Et c?est ce coeur-là, ajouté au coup de poker tactique de Benitez, qui lui a ouvert les portes d?Istanbul.

Carragher, Hyypia, Garcia ou Riise, pour ne citer qu?eux, ne seront peut-être jamais titulaires à Chelsea, Barcelone ou Milan. Mais, exceptionnels de courage et d?abnégation, ils écrivent match après match la nouvelle histoire de Liverpool.

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