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Six ans de prison pour les agresseurs du Dr Malhotra

21 août 2008, 20:00

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«On peut comprendre leur frustration mais on ne peut leur pardonner leurs actes», a conclu le magistrat Pritviraj Feknah hier en cour intermédiaire. Il a condamné Nirmal Ramdin et Kishen Hazareesing à six ans de prison chacun pour l?agression à l?acide du Dr Krishen Malhotra le 12 mars 1998. Ils ont fait appel.

L?agression a eu lieu à la clinique Medpoint. Le Dr Malhotra était le médecin du père de Kishen Hazareesing qui estimait que son père était décédé dans des circonstances douteuses.

Le Dr Malhotra, gendre du président de la République, sir Anerood Jugnauth, est devenu aveugle à la suite de cette agression. «Le Dr Malhotra ne sera plus en mesure de pratiquer comme il le faisait auparavant et les séquelles psychologiques sont énormes», a déclaré le magistrat Feknah.

Le vice-président de la cour intermédiaire a, lui, souligné : «On ne peut leur pardonner mais on peut comprendre la frustration qui les a conduits à commettre cette agression.»

Le magistrat Feknah a déclaré qu?il existe des cas précédents qui démontrent que les accusés doivent bénéficier de circonstances atténuantes en tenant compte du facteur temps, délai écoulé entre le délit et le jugement. Mais il précise «qu?une peine d?emprisonnement est nécessaire.»

Me Navin Proag, avocat de Nirmal Ramdin et de Kishen Hazareesing, a donné avis d?appel. Les deux accusés ont dû payer deux cautions de Rs 10 000 chacun pour retrouver la liberté, en attendant que leur appel soit entendu par la Cour suprême.

Presque un mystère...</B>

L?agression à l?acide du Dr Malhotra relevait presque d?un mystère. Le magistrat Feknah a décortiqué un dossier de plus de 700 pages pour arriver à établir la culpabilité de Nirmal Ramdin et de Kishen Hazareesing. En vérifiant la version de tous les protagonistes de l?affaire, il est arrivé à la conclusion que l?agression s?est produite peu avant 10 h 45, l?heure à laquelle la police a été alertée.

Or le premier accusé, Nirmal Ramdin, a, pour sa part, déclaré qu?il avait quitté l?enceinte de la clinique Medpoint à 10 h 15. Mais une chronologie détaillée des événements, établie par le magistrat Feknah, a permis de démontrer des failles dans la version de cet accusé.

Le magistrat a trouvé que malgré les divergences entre la version de la poursuite et celle de la défense, il y avait un point commun : le moment où le véhicule des accusés a croisé celui des policiers, au moment même où ces derniers entraient dans l?enceinte de la clinique.

Pour la police, les deux voitures se sont croisées vers 10 h 50, soit cinq minutes après que la secrétaire du Dr Malhotra l?a avertie, par téléphone, de l?agression. Le magistrat s?est dit d?avis que la police n?a pu se tromper car elle est très pointilleuse à propos de l?heure des événements. «Il est donc impossible pour Nirmal Ramdin de quitter l?enceinte de la clinique à 10 h 15 ce 12 mars 1998.»

Dans son jugement, le magistrat a abordé deux autres aspects : le motif de l?agression et les preuves médicales. Il rappelle que le Dr Malhotra et Kishen Hazareesing étaient à couteaux tirés. Ce dernier estimait que son père est décédé dans des circonstances douteuses à la clinique Medpoint en 1998. Il avait même écrit au médecin, lui réclamant des explications.

Le magistrat avait aussi comparé le rapport des Drs Satish Boolell, Chief Police Medical Officer et Rajen Parsad Gunessee, chirurgien plastique au service des brûlés à l?hôpital Candos. Ce dernier avait indiqué que les traces de brûlures découvertes sur la main de Nirmal Ramdin peu après le 12 mars 1998 auraient pu être provoquées par de l?huile chaude. La version du chirurgien plastique corroborait l?alibi fourni par l?accusé n° 1 : Nirmal Ramdin affirmait qu?il s?était brûlé en faisant la cuisine.

Mais la cour a retenu la version du chef du département médico-légal. Le Dr Satish Boolell avait expliqué que l?acide et l?huile n?ont pas les mêmes effets sur la peau humaine : l?acide pénètre l?épiderme en faisant un trou tandis que l?huile s?écoule sur la peau. Le Dr Boolell avait conclu que les traces de brûlures sur la main de Nirmal Ramdin n?avaient pu être provoquées que par une substance corrosive.

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