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Sithanen : «L?Etat ne doit pas être un frein aux PME»

5 décembre 2007, 00:00

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Rama Sithanen, ministre des Finances (photo), détonne quelque peu lors de son intervention hier sur le Competition Bill. A tel point que le député du MMM, Jayen Cuttaree, affirme avoir eu l?impression que c?était un député de l?opposition qui commentait le projet

A titre d?exemple, le ministre des Finance soutient fermement qu?il ne faut pas croire que le projet de loi est «la panacée et apportera des solutions magiques. Il faut encore s?assurer d?une bonne application, de l?intégrité et de l?indépendance des institutions». Que le ministre ait fait part de certains doutes sur l?application de la loi, est selon Jayen Cuttaree, «une indication importante».

Le grand argentier a insisté à plusieurs reprises sur un aspect qu?il qualifie lui-même de «tricky» : «Comme nous sommes un petit marché, il y a des conditions qui ne doivent pas prévaloir, comme les barrières aux nouveaux opérateurs, les concentrations du marché ou encore la market dominance des organismes d?Etat à l?instar de la State Trading Corporation (STC). C?est à double tranchant : en même temps, on peut vouloir protéger le consommateur en offrant des prix bas tout comme cela peut constituer une barrière d?entrée pour les petites et moyennes entreprises.»

Ainsi, affirme Rama Sithanen, l?Etat ne doit être partie prenante que dans des marchés stratégiques et faire de la place à d?autres opérateurs. Il est vrai, admet-il, que l?exemple de la State Bank et de la SICOM ont jusqu?ici aidé à éviter une grande concentration du marché dans les secteurs de la banque et des assurances, mais «cela ne doit pas être un cas pour que l?Etat intervienne partout.»

Il propose même que la STC puisse «outsource» ses activités aux PME comme aux Seychelles. Et pour ne pas prendre à contre-pied son collègue du Commerce, il déclare que dans le cas de la farine, «l?Etat doit probablement continuer à assurer son approvisionnement».

Par ailleurs, il a aussi affirmé qu?il n?est pas partisan du contrôle des prix. D?autant qu?il estime que cela peut avoir un effet néfaste sur la compétition. Et que cela peut engendrer des pénuries ou constituer un obstacle aux nouveaux opérateurs?

Le député du MMM, Jayen Cuttaree, partage le point de vue du ministre sur cette question : «Nous devons effectivement nous débarrasser du contrôle des prix. Je suis d?accord avec lui quand il entend minimiser le rôle du gouvernement pour ne pas exclure les petits opérateurs.» Mais Jayen Cuttaree dit noter qu?il y a deux courants au gouvernement. «Le matin, le ministre du Commerce vient confirmer la création d?une nouvelle compagnie, subsidiaire de la STC, qui compte s?engager dans l?importation de plusieurs produits dont les bijoux et l?après-midi, il y a un autre discours.» Il soutient également à plusieurs reprises que tout dépendra des directives que va élaborer la commission. «Ces guidelines devraient être des règles bien définies, bien claires, transparentes et non discriminatoires. Il s?agira, entre autres de savoir, pour ceux ayant 30 % du marché, sur quelle période, ils ont joui de cette position, comment ils en abusent ou s?ils en abusent?»

En revanche, il explique le contexte dans lequel évolue un monopole naturel, citant en exemple la Central Water Authority (CWA). «Cela constitue tellement un énorme investissement qu?il doit produire en grande quantité pour assurer un coût de production, qui ne soit pas élevé. Dans cette situation, un autre opérateur ne pourra pas produire à un coût moindre. Tous les monopoles ne sont pas mauvais», précise-t-il.

Autre point avancé par Rama Sithanen : la possibilité que les prix ne baissent pas malgré cette nouvelle loi, si l?on n?arrive pas à trouver un juste équilibre. Il rappelle alors l?avènement des premiers supermarchés en 1992. «A l?époque je me souviens que l?on craignait que ces supermarchés vendent tout (même le curry ou les oignons) et tuent les petits opérateurs. L?exclusion des petits opérateurs risquait de mener à une situation ou les prix ne baissaient pas. Il nous faut être très prudent et trouver le juste équilibre.»

Par ailleurs, Rama Sithanen, a critiqué l?intervention de Paul Bérenger, qu?il juge contradictoire. «D?une part, il dit que c?est un bouledogue sans dents et d?autre part, il dit que ce sera un outil de persécution.»

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