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Sithanen : ?La réforme indispensable pour l?aide des institutions financières?

27 septembre 2006, 00:00

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?Il y a une volonté de la communauté internationale d?aider Maurice, mais il faut les réformes économiques?, a souligné Rama Sithanen, vice-Premier ministre et ministre des Finances. Il tenait hier une conférence de presse à propos de sa mission à Singapour et en Malaisie.

A Singapour, il avait assisté à la conférence annuelle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, où il a été surtout question d?Aid for Trade. Hier, il a évoqué les principaux points de discussions avec des institutions financières internationales qu?il a rencontrées dans ce pays. ?Il est essentiel que nous ayons de l?investissement direct étranger et le soutien international pour pouvoir réussir notre programme de réformes en raison du niveau du déficit budgétaire et des dettes publiques?, a-t-il dit.

Maurice estime que seuls l?assistance technique et le renforcement des capacités (capacity building) ne sont pas suffisants en termes d?aide aux pays en voie de développement. Il faut aussi que la communauté internationale aide ces pays à investir dans des infrastructures qui leur permettraient d?accroître leurs exportations.

Il s?agira, pour Maurice, de projets liés à l?amélioration des infrastructures dans le port, à l?aéroport et dans le secteur de la technologie de l?information et de la communication, lesquels seront proposés pour leur financement dans le contexte d?Aid for Trade.

Le ministre a fait ressortir que, dans le contexte de la libéralisation des importations, les tarifs douaniers baissent. Dans ce cas de figure, il y a une érosion de la base fiscale, entraînant du même coup une dislocation industrielle et économique. Par exemple, les petites et moyennes entreprises, qui produisent pour le marché local, et qui étaient autrefois protégées par les tarifs, ne le sont plus et éprouvent des difficultés pour faire face à la concurrence.

Chocs économiques

?Ce que nous avons souligné à Singapour, c?est qu?au-delà de ce problème de fiscalité et de dislocation économique, il y a un coût social de l?ajustement. Nous l?avons vu dans la zone franche et dans le secteur sucre. Pour cette raison, nous avons insisté pour que l?Aid for Trade soit plus élargi, pour permettre aux pays en voie de développement de faire face à ces défis?, a dit Rama Sithanen.

Ce dernier a souligné qu?il est temps ?que le concept Aid for Trade se traduise dans la réalité, car les pays qui doivent faire face aux chocs économiques ne peuvent plus continuer à attendre. Ils ont les problèmes sociaux, liés au chômage, et de transition à surmonter dans le cadre de cette restructuration?.

Rama Sithanen a plaidé en faveur d?un mécanisme flexible d?Aid for Trade en fonction des besoins des différents pays. Maurice est qualifié pour obtenir cette aide, pour deux raisons principales. Il s?agit d?un des rares pays qui a subi les chocs économiques, notamment dans les secteurs sucre et textile, qui a présenté un programme de réforme économique crédible et accepté par la communauté internationale.

?Les pays qui ont montré cette volonté politique de réforme afin de faciliter leur intégration dans l?économie globale doivent avoir le soutien de la communauté internationale. Il faut que les ressources, qui seront disponibles sous l?Aid for Trade, soient des ressources additionnelles. Nous avons proposé que les instruments existants, tel le Fonds européen de développement, soient utilisés et qu?ils soient adaptés aux réalités des différents pays.?

Rama Sithanen considère que Maurice a besoin d?une période de dix ans pour la concrétisation des réformes économiques. Pour cette raison, il est en faveur d?un soutien sous l?Aid for Trade qui s?échelonnerait sur une période identique. A son avis, d?ici 2007, les ressources financières pourront être débloquées pour permettre à Maurice d?appliquer les réformes.

Rama Sithanen a annoncé l?arrivée de plusieurs délégations de bailleurs de fonds d?ici la fin de l?année, pour des discussions avec le gouvernement sur ces réformes et l?aide financière qui pourra être accordée à Maurice. Une partie de cette aide sera un soutien budgétaire. Il a souligné que ces aides sont liées à la bonne gouvernance économique, comme celle que l?Union Européenne (UE) a déjà accordée pour le secteur sucre.

Arrivée de bailleurs de fonds

Ces délégations comprennent, entre autres, l?UE, la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, le Fonds d?Abu Dhabi, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique.

Rama Sithanen n?a pas manqué d?égratigner le précédent régime pour n?avoir pas honorer certains engagements pris envers des institutions financières internationales.

En Malaisie, les discussions du ministre ont porté sur la possibilité des accords de tarifs préférentiels et de libre-échange, comme c?est le cas envisagé pour l?Inde et d?autres pays. Les possibilités de coopération dans plusieurs secteurs, dont le seafood, l?hôtellerie, la construction, le textile, la technologie de l?information et la communication ont été évoquées.

Une délégation malaise est attendue à la fin de l?année ou au début de l?année prochaine pour poursuivre les discussions engagées.

COMPRENDRE

?Aid for trade?, un soutien pour s?ajuster

■ ?Aid for trade? (AFT) est une forme d?aide au développement destinée à aider les pays pauvres et ceux en développement à faire face aux chocs de la libéralisation du commerce international. Ces mesures, conçues sous l?égide de l?Organisation mondiale du commerce conformément à son agenda de développement, prévoient des aides techniques et financières aux économies qui ont souffert de la libéralisation des échanges. Les AFT devraient aussi aider les pays concernés à développer leurs capacités industrielles et leurs infrastructures afin de mieux profiter de l?ouverture des marchés au niveau international.

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