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Sir Jean Ah Chuen et Sir Ramesh Jeewoolall

6 janvier 2005, 00:00

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Les premières bonnes nouvelles du nouvel an 1980 sont sans conteste les décorations du 1er janvier. Le leader politique de la communauté mauricienne d?origine chinoise, Jean Etienne Moi-Lin Ah Chuen est élevé à la dignité de chevalier de l?empire britannique. Il en va de même pour le successeur de Sir Harilal R. Vaghjee à la présidence de notre assemblée législative, Ramesh Jeewoolall. Sont faits, par la même occasion, commandants de l?empire britannique, Jacques Koenig, le secrétaire de la Chambre d?Agriculture et le pharmacien-politicien Pierre Simonet. Louis Couacaud, la mémoire de Maurice en matière de pêche, de barachois, d?aquaculture, Noël d?Argent, notre ancien Accountant General, et Mme Evangéline Miriam Danjoux du ministère de l?Education doivent se contenter de la dignité d?officiers de l?empire britannique. La médaille de la police est remise à l?assistant commissaire Guy Nayna, au surintendant Ecosse Marcel, au chef inspecteur Harry Mungroosingh, et à l?inspecteur Ambikparsadsing Ramdin. Cette dernière décoration ne peut que réjouir le c?ur des meilleurs journalistes mauriciens qui apprécient grandement la bienveillance et la qualité des services informatifs de l?inspecteur Ramdin, responsable des relations publiques de la force policière.

La presse a bien besoin du soutien actif que lui accorde à tout moment l?inspecteur Ramdin car, dans son message à la nation, le Premier ministre traite de tous les noms les journaux de Maurice. Au dire de Sir Seewoosagur Ramgoolam la presse n?exerce pas une influence bénéfique sur l?opinion publique. A la lire, on croirait que son gouvernement ne fait rien de bon et que c?est au Père Noël qu?on doit nos meilleures institutions, nos meilleurs services, l?ordre public, notre bien-être. La presse donne libre cours aux rumeurs, à la recherche du sensationnel. SSR se vante d?avoir maintenu la liberté de la presse, en dépit de l?insatisfaction que lui procurent les journaux de Maurice. On croirait déjà entendre ceux qui, aujourd?hui, sont allergiques aux éditorialistes rappelant les vérités les plus blessantes et aux caricaturistes ridiculisant les travers de nos politiciens ou encore les pourfendeurs des radios privées coupables d?être la voix des sans-voix.

Les Premiers ministres changent mais ils se ressemblent en n?appréciant la presse que lorsqu?elle consent à se faire l?écho de leurs propos et à les encenser même quand ils s?entêtent lourdement sur des projets autoroutiers aussi inutiles que dangereux pour l?écosystème et la sauvegarde de la nature.

L?AJIM fera comprendre à SSR que la liberté de la presse n?est pas une faveur qu?un Premier ministre accorde à une population bon enfant mais un droit fondamental du citoyen de tout Etat démocratique, même si ce droit ne figure toujours pas dans la Constitution de Maurice. Il n?est pas bien sûr question de libéralisation des ondes en 1980. Un quart de siècle après non plus, du moins en ce qui concerne la télévision qui demeure toujours le monopole de la MBC, plus que jamais boîte de propagande de l?hôtel du gouvernement, avec l?appui d?ailleurs des journalistes pro-gouvernementaux qui sévissent dans divers journaux. L?Action civique souhaite, après avoir entendu SSR, que la presse reste libre. Guy Ollivry de l?UDM remercie l?express d?avoir traduit en français le long message en anglais de SSR, débité avec le dynamisme qu?on connaît à Chacha Ramgoolam. Philippe Forget s?en prend à cet affligeant ânonnement télévisuel pour dénoncer l?impossibilité de se réconcilier les idées claires et la manière de faire ainsi que le bilan du gouvernement. Il y a certes ?un message musclé mais sapé par un visage sans tonus ? des principes clairs minés par un dossier accablant ?des appels pathétiques à la mobilisation mais aucun mobilisateur?.

Enfin 1980 commence avec quelques nouvelles faisant date : élimination des parcmètres à Curepipe (merci Pierre Simonet), aide allemande substantielle (Rs 750 m) au Logement d?Eliézer François, aide technique de la France (Rs 30 m) pour un lycée polytechnique à Flacq, formation d?aspirants pilotes pour les Twin Otters d?Air Mauritius, incendie dans un dépôt de fertilisants à GRNO.

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