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Sinistrée par le passage du cyclone Nargis, la Birmanie vote
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Sinistrée par le passage du cyclone Nargis, la Birmanie vote
Une semaine après le passage du cyclone Nargis, qui pourrait avoir fait entre 25 000 et 100 000 morts, ainsi que plus d?un million de sinistrés, les Birmans sont appelés aux urnes.
Samedi 10 mai à l?aube, les bureaux de vote ont ouvert dans la grande majorité des localités du pays, où les habitants sont priés d?approuver une nouvelle Constitution destinée à apporter une touche de démocratisation au régime militaire au pouvoir.
Ce scrutin ? le premier en Birmanie depuis 18 ans ? a été reporté au 24 mai dans les zones les plus affectées de la région de l?Irrawaddy, ainsi qu?à Rangoon, mais il a été maintenu partout ailleurs.
A l?instar des Nations unies, le parti de l?opposante Aung San Suu Kyi avait pressé la junte de repousser le référendum et de donner la priorité aux victimes du cyclone, mais les généraux au pouvoir ont décidé d?aller de l?avant, ne reportant le scrutin que dans 47 municipalités. Les autorités ont multiplié ces derniers jours les encouragements à aller voter, mais de l?avis des observateurs, le scrutin, qui doit théoriquement ouvrir la voie à des élections générales, ne sera pas démocratique. Avant le début des opérations de vote, des rumeurs évoquaient une victoire programmée du «oui» à 84,6 %.
Restrictions «inacceptables»
Sur le plan humanitaire, la junte fait montre de la même crispation, ne permettant qu?une arrivée au compte-gouttes de l?aide d?urgence alors que les besoins des survivants sont colossaux. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l?ONU a annoncé la reprise, avant-hier, de ses vols humanitaires, quelques heures après avoir fait savoir qu?ils étaient suspendus en raison de restrictions «inacceptables».
L?ONU a lancé un appel de fonds de 187 millions de dollars pour venir en aide pendant six mois à la Birmanie, mais son secrétaire général, Ban Ki-moon, n?a toujours pas réussi à entrer en contact avec le numéro un birman, le généralissime Than Shwe.
La Maison-Blanche a confirmé que les généraux birmans avaient accepté une première aide américaine, et un avion cargo militaire de type C130 devrait se poser aujourd?hui en Birmanie.
De son côté, Paris a annoncé l?envoi d?un bateau chargé de 1 500 tonnes de matériel, qui pourrait arriver en Birmanie mercredi ou jeudi, mais Bernard Kouchner a affirmé qu?il n?était «pas question de fournir une aide directe à la junte, même si elle l?accepte».
Alors que la communauté internationale reste plus que perplexe devant l?attitude des généraux, l?ambassadeur birman à l?ONU, Kyaw Tint Swe, a cherché à calmer le jeu, vendredi. «La Birmanie a l?intention de coopérer avec la communauté internationale pour faire face à ce grand défi», a-t-il assuré.
© Le Monde 2008
Distribué par The New York Times Syndicate
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