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Silence tactique

11 juillet 2007, 00:00

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Silence tactique

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Pour un gouvernement qui revendique la transparence, le refus de mettre sur pied une commission d?enquête sur les bourses de la Banaras University est un paradoxe. Il est indéniable que les anomalies dénoncées par les syndicats de médecins, dans cette affaire, font peser un soupçon de fraude qui justifie pleinement une enquête approfondie.

Par la manière qu?il traitera de cette affaire, le gouvernement donnera une indication sur l?importance qu?il attache à l?égalité des chances, la méritocratie et la bonne gouvernance. Une indifférence aux critiques de l?opposition sur les passe-droits allégués aura des retombées graves sur le moral de la nation. Elle sera interprétée comme une preuve que notre société est loin d?être celle du mérite et de l?effort, comme le prétendent les dirigeants.

Hier, le ministre Faugoo a sorti une formule sordide pour éviter de répondre aux parlementaires qui recherchaient des éclaircissements : "As far as I?m concerned officially, I?m not aware". Cela rappelle la fameuse exclamation de l?ancien Premier ministre, Seewoosagur Ramgoolam, qui, acculé à l?heure des interpellations, devait lancer lors d?une séance parlementaire: "As far as I know, I don?t know." En général, on a ces réflexes de repli sur un silence tactique quand on est embarrassé.

A travers des paroles répétitives et en esquivant les questions, le ministre de la Santé a tenté de noyer le poisson hier. Par exemple, en affirmant maladroitement que le gouvernement va "take up the matter" avec le haut-commissariat indien. Avant d?aller réclamer des explications à New Delhi, le ministre devrait plutôt demander aux officiers de son propre ministère si les bénéficiaires de ces bourses indiennes, employés à son ministère, ont bien obtenu leur congé en suivant les procédures en vigueur.

C?est d?abord au niveau des instances locales qu?il faut chercher pour percer le mystère. Comment peut-on expliquer le fait que des médecins ne détenant pas les qualifications requises pour la bourse indienne, telles qu?elles sont stipulées dans l?appel à candidature lancé par le ministère de la Santé le 6 février dernier, figurent néanmoins sur la liste des bénéficiaires?

Ce n?est pas la seule incongruité de l?affaire. Au Parlement, le 5 juin dernier, le ministre Faugoo devait affirmer qu?il n?est pas "aware whether Dr Purryag or Dr Ramdinny have been allocated any scholarship so far". Il faisait référence au Dr Rishi Purryag et de son épouse, le Dr Anju Ramdinny. Ces deux médecins sont employés comme ?Medical & Health Officer? à son ministère et pourtant il ne sait pas que ceux-ci ont décroché une bourse sur la recommandation du gouvernement mauricien.

Se taire, c?est accepter que l?octroi de ces bourses s?est fait dans des conditions suspectes. Et cette attitude du ministre jette une ombre sur les valeurs de méritocratie que le gouvernement dit prôner.

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