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Shopping malin
Pratique universelle. Le shopping. Par-delà son côté industrie. Avec son côté thérapie. Se sentir tout simplement bien. D?avoir laissé miroiter ses yeux. Au contact de choses que peut-être on ne possédera jamais. D?avoir dépensé un paquet d?argent. Pour des babioles. Ou pour un tapis persan.
C?est comme si on entrait dans un conte des Mille et une nuits. Des lumières tamisées. Et partout des tapis. En vitrine, épinglé au mur, sur le parquet clair, en rayon. Le vendeur est intarissable. Son anglais à l?accent indien est déjà tout un voyage. Du côté du nord de l?Inde.
Avec des mains révérencieuses, des mots au déroulé parfait, il étale des tapis à la trame de fils d?or, incrustés de pierres semi-précieuses. Des raretés à vous faire dire à vos invités : surtout ne touchez pas au tapis. Le vendeur, lui, sourit.
Si le nouveau complexe ? Grand Bay Store Plaza ? fait déjà miroiter sa façade vitrée au soleil, il n?y a pas encore eu d?ouverture officielle de cette adresse commerciale. Qu?à cela ne tienne, Gilbert Shu, centre manager, annonce : « C?est pour bientôt. »
Aventures humaines</B>
En attendant, on a effacé les traces du drame. On a rasé les ruines. Et on a érigé à la place un centre commercial au toit de verre. Pour jouer de l?effet de serre. Et laisser pénétrer la lumière. Sur les 31 magasins qui composeront l?ensemble. Avec au dernier étage, des bureaux.
Chez Via Condotti ? un nom pas encore écrit au fronton du magasin ? Laurence et Ivo Cavanna tiennent boutique depuis un mois. Lui explique que le nom de son magasin est celui d?une rue renommée à Rome où se trouvent les grands couturiers. «Mon frère a un magasin là-bas. Il m?a dit ?prend ce nom, il te portera chance?.»
Partout, des histoires.
Des aventures humaines. Autour de ce complexe bourgeonnant. Gilbert Shu n?a qu?à pousser la porte. Lancer une boutade. Et voilà que les magasins s?animent. Que les choses prennent forme.
Comme chez Shakini. Maillots de bain et bikinis importés d?Italie. « For mamas », explique Karl-Heinz Köhler. Petite hésitation. « Li pe dir pou big mama », glisse Marie-Ange la vendeuse. En clair, des maillots pour grandes tailles. La tendance : le design perroquet.
«Nous avons choisi des opérateurs qui offrent des prestations de qualité », insiste le centre manager. Son tour du propriétaire passe par les trois bijouteries du complexe. Chacune avec son style, son or gris ou rose, ses créations maison. Le tout casé dans un complexe qui joue beaucoup sur les transparences, les effets de verre. Et le décor marin. Jolie idée déco : le plancher transparent avec en dessous du sable, des coquillages, des cordages pour bateau. Avec en bonus, des vieux billets de Rs 5 et de Rs 10. Au rez-de-chaussée, quatre échoppes en supplément aux magasins. L?une d?épices et de produits exotiques, l?autre d?artisanat malgache. Un stand propose des merveilles en nacre et le dernier des objets en verre.
Au rayon de l?insolite : Galuchat, magasin de produits en peau de raie et de requin. D?ailleurs, pour notre connaissance générale, le terme galuchat signifie traitement de la peau de raie ou de requin. Là, les prix sont affichés en euros. Cela va de Rs 800 le porte-clés à Rs 12 000 le sac à dos. Les tapis persans varient de 500 euros ? le petit format ? à 15 000 euros. Le vendeur en profitera pour nous faire admirer le spécimen en vitrine ? qui a demandé 12 ans de travail à un tisserand. «C?est comme pour l?écriture d?une personne. La mienne est un peu différente de la vôtre. Faire un tapis, c?est pareil. Le design que je fais sera sensiblement différent de celui de quelqu?un d?autre. C?est pour cela que c?est une seule personne qui fait un tapis en entier. »
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