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SHAMEEM JOOMAYE UNE FEMME D?ÉQUILIBRE
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SHAMEEM JOOMAYE UNE FEMME D?ÉQUILIBRE
Jingle fin de Maigrir en direct. Dans le studio principal de Radio One, un sourire éclaire le visage de Shameem Joomaye. Elle a de quoi être satisfaite pour la deuxième émission d?une longue série. Les cinq participantes ont toutes perdu du poids.
L?objectif de ce reality show est de fondre de trois kilos par semaine. Et Marie-Michèle Etienne, l?animatrice de l?émission, est en pole position avec une perte de quatre kilos et demi ! Deuxième plaisir : Maigrir en direct permet à la pharmacienne de mettre en pratique ses connaissances en diététique, une des nombreuses matières qu?elle a étudiées à l?université.
Shameem Joomaye, née Adamjee et âgée de 28 ans, a toujours été portée pour les études. Après ses six unités pour son School Certificate au collège de Lorette de Port-Louis, elle choisit la filière technique avec comme matières principales, la chimie, la biologie et Food and nutrition pour sa Form VI. Son père, Hassan Abass, chef inspecteur au ministère du Commerce, et sa mère Shirine, professeur de mathématiques au Madad Ul Islam, voient déjà leur fille unique en pharmacienne.
Shameem n?est pas contre d?autant plus qu?elle veut éviter la filière alimentaire qui mène invariablement vers l?enseignement. Elle préfère plutôt le domaine scientifique qui ouvre les portes de la recherche.
Classée deuxième après les lauréats, elle se voit proposer des bourses. Le hic, c?est que la pharmacie ne figure pas au programme des matières d?études supérieures. Qu?à cela ne tienne, Shameem décide d?étudier la pharmacie. A ses frais et à l?université de Montpellier en France.
Dans la ville française, c?est Zouberr Joomaye, un étudiant mauricien en médecine interne depuis six ans, qui l?aide à s?acclimater. Shameem aime les sujets médicaux et les défis. Parallèlement à ses études menant au doctorat de pharmacie, elle prépare une maîtrise en sciences biologiques, médicales et diététiques. Elle obtient des certificats en immunologie et immuno-pathologie, neurologie et neurobiologie, et en diététique. Si son mémoire de pharmacie porte sur les médicaments anti-hypertenseurs, sa thèse s?articule autour de leurs effets chez les sujets âgés à complications.
Encore étudiante mais désireuse de « découvrir tous les plaisirs de la vie simultanément », Shameem épouse Zouberr Joomaye et lui donne un fils, Zakir, bientôt cinq ans. Ses diplômes en poche, elle travaille dans une pharmacie à Nîmes pendant un an alors que son mari exerce comme médecin. Puis ils décident de rentrer à Maurice pour retrouver leurs familles et se consacrer davantage à leur enfant.
Des antibiotiques sans ordonnance
Après des désillusions professionnelles et une tentative dans le service public, Zouberr Joomaye préfère se mettre à son propre compte tandis que Shameem travaille dans une pharmacie et anime des conférences publiques sur la santé. Au bout d?une année, elle en sort éc?urée. «C?était l?anarchie. Le système n?était pas informatisé. On n?y offrait aucun conseil et des antibiotiques se vendaient sans ordonnances. Comme dans une boutique !»
Shameem démissionne et fonde la Compagnie Pharmaceutique et Cosmétologique Ltée de concert avec le laboratoire parisien, Physcience, spécialisé en compléments nutritionnels pour le bien-être et la forme. C?est d?ailleurs en se rendant à l?express pour une publicité sur sa société qu?elle croise Yves Hermann, directeur commercial et animateur à Radio One. Ce dernier l?informe que Marie-Michèle Etienne recherche une professionnelle de la santé pour animer les émissions Vivre Autrement. Les deux ont vite fait de sympathiser et c?est parti pour un essai radiophonique.
«J?étais morte de trac pour ma première émission où je devais lire un texte.» Mais le courant passe si bien entre elle et Marie-Michèle que Shameem est plus relaxe lors de la deuxième. Pendant plusieurs mois, elle aborde de nombreux sujets dont les allergies, l?ostéoporose, le système immunitaire, les infections urinaires et l?asthme. Sans compter ceux qui lui tiennent à c?ur : les mécanismes de la prise de poids, la perte de poids en toute sécurité, les aides diététiques et les compléments alimentaires.
Information et conseil
Dans la foulée, elle est sollicitée par plusieurs journaux pour des interviews où la minceur tient une grande place. «J?ai fait tout cela, non pas pour la pub de mes produits, mais bénévolement car mon souci, c?est d?éduquer les gens. Le concept de conseils est quasiment absent à Maurice. Les professionnels de santé sont plus commerciaux et pas assez éducatifs alors qu?il faut informer le public et le conseiller sans jouer au médecin. Le pharmacien ne doit pas outrepasser ses devoirs mais laisser les symptômes plus détaillés et les analyses cliniques aux médecins.»
Submergée d?appels téléphoniques chez elle, Shameem envisage d?enregistrer des émissions sur la santé pour les diffuser sur Audiotex. Elle en parle à Marie-Michèle mais celle-ci préfère un reality show en direct. C?est la naissance de Maigrir en direct. Là encore, la pharmacienne précise : «Je ne fais pas cela parce que je suis à la tête d?une société de produits minceur et que je dois faire de l?argent. Même si les gens se tournent vers moi pour diverses raisons, la minceur est avant tout pour moi une question de santé car bon nombre de maladies non transmissibles commencent avec l?alimentation.»
Shameem confie son inquiétude concernant les adolescentes qui font des régimes dissociés pour avoir la taille brindille des mannequins de magazines. « Le régime dissocié ne fournit pas les cinq nutriments nécessaires à l?équilibre alimentaire que sont les protéines, les lipides, les vitamines, les minéraux et les fibres. Un déséquilibre dans l?alimentation occasionne des carences et fragilise le système immunitaire.»
De plus, affirme-t-elle, ces régimes font surtout perdre la masse musculaire aux dépens de la masse graisseuse. «Dès que l?adolescente recommence à ingérer de la malbouffe, c?est-à-dire, les riz frits, mine frit, dhollpourri, rôti, et à grignoter des cacahuètes et des chips entre les repas, elle reprend du poids. Mais il n?y a pas que les adolescentes qui mangent mal. Les Mauriciens consomment en général trop de féculents, graisses, lipides, pâtisseries et boissons gazeuses. Un plat habituel, c?est ène montage diriz ek curry. C?est pour cela que je veux refaire l?éducation alimentaire.»
Manger équilibré lors d?un repas équivaut à absorber 150 à 200 grammes de source animale, des légumes à volonté hormis la pomme de terre, deux cuillerées à bouche de riz cuit ou de pâtes cuites, un fruit et un yaourt.
Si Shameem sait bien que des organismes, à l?instar du ministère de la Santé, l?ont précédée sur le chemin de la conscientisation à une alimentation saine, elle ne désespère pas de changer les modes alimentaires. «J?aime aider les gens. Le plus important pour moi est de partager mes connaissances avec ceux qui en ont besoin.». Et dire qu?elle ne voulait pas enseigner.
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