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Sept les incongrus de la chanson

7 octobre 2005, 20:00

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Epoque rap et époque de musique dite commerciale, le groupe Sept choisit de faire autre chose. Et tout est là. Toute une histoire qui raconte qu?un groupe peut exister, même dans l?ombre. Leur musique, c?est tout un collage. Collage musical, collage métissé, cordes, claviers, «cajon», sorte de percussions, populaire à Cuba.

Sept, c?est quatre musiciens et un chanteur, avec Jean-Eric Charnier, Norbert Planel et Linley Foolchand, Nicholas Raghoonauth et Frédéric François. Ensemble, ce sont les incongrus de la chanson. «En fait, nou pena enn style defini.» Si les influences rock sont évidentes, surtout dans l?attitude du chanteur, rien ne saurait les classer. Habitués du Laribluz, club privé de la ville lumière où ils cultivent leur art, Sept joue et compose pour le plaisir. Sur scène, Nicholas Raghoonauth, sait captiver un public. Le corps est plutôt fixe, mais les bras s?agitent. Devenu chanteur pour le besoins de Rêve de star, cet artiste inventif et coloré, écument tous les possibles. Adepte du slam, il aime écrire et composé, à la manière des poétes, dès que l?inspiration surgit.

Amba lampader, le morceau primé, est né sur la moto de Norbert. Le rythme et les mots sont venus à mesure que les roues de la moto tournaient. Avec Frédéric, le morceau a pris forme. Ses artistes fabriquent eux-mêmes leurs instruments ou empruntent à des amis la guitare ou le clavier qu?ils ne peuvent pas se payer, font de la musique par passion. «La mizik c?est enn tout. Sa mem zafer ki reste kan pena nanien. Nou pena nanien, mais selmen nou ena tou, » explique Frédéric.

<B>Décor inchangé</B>

Sans compromis, avec les moyens du bord. Leurs chansons se balancent comme eux, à tout va, sous des lampadaires, dans une salle de répétition improvisée. Ils sont presque un phénomène, avec les deux poupées qu?ils promènent, pour égaliser le chiffre sept. Un peu fétichiste ? Peut-être. Pour eux, l?écriture est un engagement violent, la musique, quant à elle, c?est l?engagement du corps. C?est la raison pour laquelle être sur scène constitue un plaisir particulier. «La scène a du mordant. On se laisse aller à son vertige,» explique Nicholas.

Rêve de star a certes été un tremplin, mais ils ne se font aucune illusion. La suite de leur légende, ils la construiront eux-mêmes. D?ailleurs, ils ont déjà tourné la page, parce qu?il faut toujours regarder de l?avant. La reconnaissance, n?est pas une fin en soi. Epris de musique et de la liberté qu?elle procure, ils ne ressassent pas le passé. Ils n?en font qu?à leur tête et ne sourient même pas à la possibilité de faire un album. «Fer enn album pou ki li pirate ? » Non merci ! Ils ont passé pas mal d?année à jouer ensemble, pour le plaisir. Ce n?est pas aujourd?hui que cela changerait. Le décor va rester le même, ainsi que les motivations. Et ça n?engage qu?eux.

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