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Scotland Yard dément les accusations de«cover-up»
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Scotland Yard dément les accusations de«cover-up»
Ian Blair, le patron de Scotland Yard, a démenti, jeudi 18 août, que ses services aient voulu empêcher une enquête sur la mort de Jean-Charles de Menezes. Ce Brésilien, pris à tort pour un kamikaze, a été abattu par les policiers le 22 juillet.
«Je rejette fondamentalement» ces affirmations, a affirmé Sir Ian Blair. «Il n?y a pas eu de tentative d?étouffement», a-t-il poursuivi dans l?Evening Standard, démentant ainsi les propos du chef de la commission chargé de l?enquête.
John Wadham avait affirmé que Scotland Yard avait dans un premier temps «résisté» à l?enquête de l?IPCC, la commission d?enquête indépendante de la police, avant que le ministère de l?intérieur ne tranche finalement en sa faveur.
De plus, les membres de l?IPCC n?ont pu réellement travailler que quatre jours après le drame, un délai pendant lequel Scotland Yard a bloqué tout accès à la station de métro de Stockwell où le jeune homme avait été abattu. C?est sans doute ce retard qui a permis la disparition d?éléments de preuve importants comme les images des caméras de surveillance installées dans la station. Les enquêteurs de l?IPCC ont depuis rattrapé le retard, a affirmé jeudi John Wadham, en promettant une enquête «impartiale».
Pour Harriet Wistrich, l?une des avocates de la famille de Jean-Charles de Menezes, il n?en fallait pas plus pour réclamer la tête du patron de Scotland Yard. «Sir Ian Blair devrait démissionner», a-t-elle lancé.
DISPARITION DE PREUVES
Si le chef de la police britannique n?a pas sciemment menti, il a au moins trompé la famille et l?opinion en laissant circuler pendant des semaines des informations dont il est aujourd?hui démontré qu?elles sont fausses, a-t-elle expliqué.
Arrivé à la tête de Scotland Yard le 1er février, Ian Blair, 52 ans, porte l?uniforme depuis 31 ans. Baptisé «le flic qui réfléchit», pour son sang-froid et son calme quasi imperturbable, ce policier qui avait entamé sa carrière comme îlotier à Soho, le quartier chaud de Londres, avait su rassurer le public britannique après les attentats meurtriers du 7 juillet.
Mais l?affaire du décès de Jean-Charles de Menezes pourrait compromettre une carrière jusque-là exemplaire. Les révélations du Daily Mirror jeudi ne pourront qu?ajouter aux questions qui s?accumulent sur cette bavure.
Selon le journal populaire à grand tirage, Cressida Dick, une inspectrice de la police londonienne chargée de diriger la filature du jeune Brésilien, le 22 juillet, avait clairement fait savoir à ses hommes que le suspect devait être interpellé vivant.
Jean-Charles de Menezes a eu le temps de prendre le bus, puis d?entrer dans le métro, à Stockwell, avant d?être abattu de huit balles. «Franchement, nous sommes sceptiques sur les chances d?une enquête complètement indépendante, approfondie et transparente», a regretté Harriet Wistrich jeudi.
Toute cette affaire est une «pagaille complète», a accusé de son côté Gareth Peirce, une autre avocate de la famille de Menezes, demandant une véritable enquête publique. «Cette affaire a tout l?air d?être une des pires bavures dans l?histoire de Scotland Yard», estimait jeudi le Daily Telegraph : «l?IPCC devra nous dire si Sir Ian a volontairement laissé ses officiers tromper le public. Si c?est le cas, il est difficile d?imaginer» qu?il puisse rester dans ses fonctions.
© 2005 Le Monde News Service- Distribué par The New York Times Syndicate
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