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SCENOGRAPHIE
A la une du monde culturel ces dernières semaines, l?exposition rétrospective consacrée au peintre mauricien Hervé Masson. L?exposition est une très grande réussite, (et appellera à d?autres rétrospectives, on l?espère), d?abord par la présence d?une très grande quantité d??uvres du maître, dont beaucoup étaient inconnues à Maurice, puis par la présentation même de l?exposition.
Il y a ici une mise en scène de la vie artistique, et un énorme travail réalisé en amont pour présenter sous son meilleur jour le travail du peintre et le rendre accessible au plus grand nombre. Aux commandes de cette réalisation, le commissaire de l?exposition, Barbara Luc, et le scénographe et architecte, Christopher Charvériat.
Utilisant l?architecture, les dimensions des tableaux, les couleurs des murs pour faire ressortir les couleurs des oeuvres, les espaces, dimension artistique et temporelle, ils ont formulé dans le bâtiment des Beaux Arts du Mahatma Gandhi Institute, une nouvelle idée de ce que devrait être une exposition. Un parcours, une promenade dans le monde de l?art.
Si à Maurice, l?idée d?exposition est encore assez simple, de plus en plus d?expo dans le monde ont adopté ce système de parcours. Un cheminement artistique qui a de nombreux avantages, pour permettre une découverte plus facile des ?uvres, mais aussi pour éviter la foule, en rendant plus fluide la « promenade ».
Une conception plus simple pour Christopher Charvériat. Il est le beau-fils du galeriste Michel Dauberville, dont la famille est galériste depuis 1795. « Au début, on nous a donné des plans et des documents photos de l?espace, que nous avons recréé en 3D »,
explique le scénographe. Il poursuit : « L?idée est de créer un système de parcours, lié à de petits espaces et à une grande quantité d??uvres. Il fallait caractériser chaque période pour mieux entrer dans les univers du peintre, travailler sur les contrastes, notamment entre ses travaux en France et à Maurice ».
Au final, trois grandes salles principales, elles aussi divisées en plus petites salles, correspondant aux trois grandes périodes artistiques d?Hervé Masson, pour un plaisir multiplié.
C?est aussi avec le même entrain que l?on part à la découverte des musées privés. L?Aventure du Sucre à Pamplemousses Beau Plan ou encore le Blue Penny Museum, situé au Caudan à Port Louis, où la scénographie a également été soignée. C?est l?architecte d?intérieur Philippe Rambaud, qui a réalisé la scénographie de ces musées, ainsi que celle du musée du Textile à Floréal. Trois musées, trois expériences différentes. « Le musée du Textile s?apparente plus à une exposition permanente, le Blue Penny est une boîte à bijoux et le Musée du Sucre est une boîte à outil », résume-t-il
Comme pour une exposition, la scénographie d?un musée est une mise en scène. Pédagogue, Philippe Rambaud explique : « C?est un peu comme au théâtre, où le muséologue serait l?auteur et le scénographe serait le metteur en scène. L?auteur donne les « actes », le metteur en scène fait des plans où se dérouleront les actes, par rapport aux locaux, en ménageant les effets de surprises, les moments calmes ».
Pour lui, un bon scénographe doit avoir ces qualités, l?imagination, le système D souvent nécessaire et plus simple, l?observation, pour anticiper sur les réactions, du public ; enfin, la générosité. Un musée s?adresse toujours à un large public et chacun doit pouvoir y trouver son compte, en même temps qu?il doit pouvoir apprendre des choses nouvelles. En gros, « être pédagogique au lieu de didactique », ajoute l?architecte et scénographe.
« Un musée est réussi quand les visiteurs, un historien, un ingénieur, un enfant, voient tous quelque chose de différent ». Le but d?un musée, aujourd?hui, est de faire vivre les ?uvres objets exposés, de « casser la vitrine », plus simplement. La scénographie, c?est une vision, des idées devenues réalité, un art au service de l?art.
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