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Sarkozy veut reconquérir le coeur de l?Amérique

7 novembre 2007, 20:00

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Nicolas Sarkozy s?est attaché, avant-hier, à l?occasion de sa première visite officielle à Washington depuis son élection, à multiplier les déclarations d?amitié envers les Etats-Unis, un pays dont il admire ?la fluidité de la société?, et avec lequel la France entend être ?amie et partenaire?, sans exclure que, ?comme dans une famille?, des ?désaccords? puissent s?exprimer. Ceux que Sarkozy a laissé filtrer portent sur la lutte contre le réchauffement climatique et la faiblesse du dollar.

Le président français a entamé sa visite en rendant un hommage appuyé à des vétérans américains du Débarquement de juin 1944. Il ne faut ?pas oublier ce qu?ont fait, à deux reprises, de jeunes Américains pour que la France soit libre?, a-t-il dit. En allusion à la brouille transatlantique de 2003 sur la guerre d?Irak, il a déclaré que ?la période d?incompréhension? entre la France et les Etats-Unis était ?révolue?. Reçu à dîner à la Maison-Blanche par George Bush, Sarkozy a prononcé un long toast. ?Je suis venu à Washington avec un message simple : je veux reconquérir le c?ur de l?Amérique d?une façon durable?, a-t-il dit, ajoutant : ?Nous sommes des alliés, depuis toujours et pour toujours.?

?La France et les Etats-Unis peuvent relever de grands défis lorsqu?ils travaillent ensemble?, a répondu Bush. Un spectacle a suivi le repas, figurant un dialogue entre le marquis de La Fayette et George Washington. Les grands dossiers internationaux, Iran, Liban, Kosovo, ont été évoqués hier, lors d?entretiens avec George Bush et la secrétaire d?Etat Condoleezza Rice. A propos de l?Iran, Sarkozy a répété qu?il était partisan d?une ?politique de fermeté?, mais il a ajouté qu??en même temps? il fallait ?jusqu?à la dernière minute maintenir le fil du dialogue?. Cela semblait relever d?un souci de recadrage, après la confusion introduite par les propos du ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, employant le mot ?guerre?.

Aux journalistes français, l?Elysée avait expliqué que ce voyage visait à ?consacrer les retrouvailles? entre la France et les Etats-Unis, passant sous silence le fait qu?un rapprochement s?était déjà opéré au cours des trois dernières années du mandat de Jacques Chirac, notamment sur le Liban.

Devant des médias américains à Paris, le message diffusé par un responsable français avant le voyage ne lésinait pas sur les critiques à l?encontre de Jacques Chirac ? responsable de ?la plus grave crise entre la France et les Etats-Unis depuis 1966? ? et aussi à propos de la ?névrose? anti-américaine de la ?presse française?.

Si Nicolas Sarkozy est si ?bien reçu? aux Etats-Unis, ajoutait cet officiel, c?est en raison de ?son action contre l?antisémitisme en France?, qui ?a baissé grâce à lui?. Mais, ajoutait-il, Sarkozy ?sait qu?il y a un risque à être dans la fusion avec les autorités américaines, car le peuple français ne le lui pardonnerait pas?, par un ?reste de fierté?. ?Sarkozy caniche de Bush, c?est un écueil qu?il faut éviter?.

Natalie NOUGAYREDE et Philippe RIDET © Le Monde 2007 Distribué par The New York Times Syndicate

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