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Sans complexes…
“La couture et la mécanique automobile m’attirent énormément. Je ne connaissais rien à l’automobile et maintenant je peux soulever le capot et dire à quoi sert telle ou telle pièce.” Jessica Bauda, 16 ans, est fière. Désormais, elle peut parler voiture avec ses amis garçons, sans s’aventurer sur un terrain inconnu. Elle apprend la base de la mécanique automobile au sein du centre IVTB de La Gaulette.
Le centre est déjà une success story depuis son ouverture en février dernier. Il accueille 56 élèves, âgés de 15 ans dont 17 filles. Dans un cadre enchanteur, entouré de montagnes, le centre dispense le National Trade Certificate (NTC) Fondation Course, un cours de formation initiant les jeunes à plusieurs métiers notamment la couture, la plomberie, la menuiserie, l’électricité, la mécanique automobile et la maçonnerie.
Le bâtiment flambant neuf, situé à côté du collège d’Etat de La Gaulette, est divisé en quatre salles de classe avec le même nombre d’ateliers. Dans le souci de donner un maximum d’attention aux étudiants, ces derniers sont divisés en deux groupes. L’un commence la classe à 8 heures pour terminer à 11 h 45 alors que le deuxième groupe arrive à l’école à 12 h 15 pour terminer à 16 h 00. L’ambiance est bonne. Le vent hivernal qui balaie le centre n’est guère dérangeant. L’amitié qui règne entre les élèves, en uniforme bleu, est visible.
<B>Cool</B>
“Les professeurs sont vraiment cool. Ils enseignent bien et ils nous donnent envie d’aller plus loin dans nos études”, déclare Jean-Luc Casimir. “Ils n’hésitent pas à nous expliquer plusieurs fois si nous n’avons pas compris quelque chose. Ils sont vraiment patients”, explique Geneviève Lamarque.
Le nombre restreint d’étudiants permet aux professeurs d’avoir un œil particulier sur chaque élève. Ils connaissent les faiblesses de chacun d’entre eux, de même que leurs qualités.
C’est avant tout une école et le côté académique n’est pas négligé. En effet, l’anglais, le français et les mathématiques ont une place importante dans le cursus scolaire. Les 56 élèves ont passé trois ans à la Pre-Vocational Education (PVE) pour avoir accès aux cours d’une durée d’un an. Outre les cours gratuits, les adolescents qui fréquentent le centre de La Gaulette, bénéficient d’un autre avantage : le Trust Fund for the Integration of Vulnerable Groups prend à sa charge les dépenses de certains de ces jeunes.
La fin de l’année scolaire est sanctionnée par des examens préparés par l’IVTB en partenariat avec le Mauritius Examinations Syndicate. Les étudiants ayant les meilleurs résultats, auront le droit de poursuivre leurs études dans un centre de l’IVTB qui dispense des cours en NTC 3. Mais ceux qui n’ont pas la chance d’entamer le NTC 3 auront quand même une attestation. Les connaissances acquises en National Trade Certificate (NTC) Fondation Course leur permettront de travailler comme apprentis chez des particuliers. Comme quoi il y a toujours de l’espoir.
Les filles ne semblent pas être impressionnées par les métiers qui autrefois étaient réservés uniquement aux hommes. L’huile de moteur qui noircit les ongles ne leur fait pas peur. “Je ne vois pas pourquoi nous devrions avoir honte. Si j’achète une voiture un jour et que je tombe en panne au beau milieu de la route, je pourrai réparer ma voiture. Les garçons, de leur côté, ne doivent pas toujours compter sur leurs sœurs ou leur mère pour un raccommodage”, ajoute Pascaline Lambin. Ils ont appris comment utiliser une aiguille
D’ailleurs, c’est au niveau de la NTC 3 que les étudiants doivent choisir une filière dans laquelle ils veulent faire carrière. Comme le centre de La Gaulette ne dispense pas ces cours, les étudiants seront canalisés vers d’autres centres de l’IVTB. Le niveau est certes plus élevé, mais après leur formation, les étudiants pourront voler de leurs propres ailes. Au niveau du NTC 3, les étudiants auront le choix de travailler uniquement à l’école ou de faire quatre jours de stage par semaine dans une entreprise et un jour à l’école pour la théorie.
Dimitri Baboo a déjà une idée en tête sur le métier qu’il fera. “Il n’y a aucun mécanicien dans mon village, j’ouvrirai mon garage à la fin de mes études.”
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