Publicité
Sam Pyndiah échappe de peu au tsunami
Sam Pyndiah aura fêté le Nouvel an dans un sentiment partagé entre le doute et le soulagement.
Le doute, avec la tristesse, parce que son entreprise de pêche, dans l?île Andaman au nord de Sumatra, a dû être dévastée par les raz-de-marée meurtriers qui ont frappé les côtes de l?Asie du sud. Et que les centaines de pêcheurs qu?il emploie sont peut-être tous morts.
Le soulagement parce que lui-même n?y était pas quand le tsunami a frappé. Installé depuis plus de dix ans dans l?archipel, il fait souvent le trajet entre Maurice et sa terre d?adoption. Il était revenu au pays au mois de novembre, et c?est par un concours de circonstances qu?il y a passé un séjour plus long que prévu.
Sam Pyndiah, reconnaît qu?il l?a échappé belle. ?Quand je suis à Andaman, je passe tous mes dimanches dans le lagon à Port Blair, la capitale. J?enseigne aux jeunes la plongée sous-marine. L?endroit où je vais d?habitude a subi de plein fouet l?assaut des vagues. Aucune personne présente à ce moment-là, dans le lagon ou sur la plage, n?a pu s?échapper du raz-de-marée?, affirme-t-il lorsque nous l?avons rencontré chez lui à Balance, Quatre-Bornes.
Peu connus du reste du monde, les archipels indiens d?Andaman et de Nicobar représentent un ensemble de 250 îles et îlots, dont 36 sont des zones habitées. Ils sont toutefois venus au premier plan de l?actualité avec le tsunami qui aura provoqué la mort de quelque6 000 habitants.
Les eaux d?Andaman et de Nicobar sont très riches en poissons. Au début des années 90, Sam Pyndiah, songe y installer une activité de pêche. Sa très longue expérience dans le domaine, vécue dans l?océan Indien, l?y encourage. Mais il n?est guère aisé de se rendre à Andaman. L?accès à ce territoire est jonché d?obstacles administratifs.
Sam Pyndiah est sur le point d?abandonner son projet. Jusqu?au jour où, lors d?un voyage en avion, il a la chance de rencontrer le gouverneur général d?Andaman et de Nicobar, Vakom Puroshotum. Les deux hommes se lient d?amitié, et la voie s?ouvre. Notre compatriote en profite pour mettre à exécution son businessplan : pêcher à Andaman et exporter la prise vers Maurice. Son fils Rounie le rejoint dans cette aventure qui remonte à 1994.
?Les poissons sont en abondance, mais il faut apprendre les gens comment pêcher?, explique notre interlocuteur. Il consacre beaucoup de son temps à la formation de ses employés, pour les rendre plus productifs. Les pêcheurs auront appris de meilleures techniques qui leur permettent de prendre des poissons de bonne qualité. Les femmes sont aussi de la partie, même si elles ne vont pas en mer. Elles sont engagées dans le traitement des poissons ramenés par les pêcheurs.
Andaman Aquatic Product Ltd, la société des Pyndiah, a beaucoup ?uvrer pour faire progresser l?activité de pêche dans l?archipel. Mais après dix bonnes années de grande aventure dans ce coin peu connu de la Baie du Bengal, tout est maintenant à refaire. Sam Pyndiah n?y pense pas trop, pour l?instant. ?Je préfère laisser passer les fêtes de fin d?année?, dit-il. Les choses sont peut-être un peu embrouillées.
A 68 ans, l?aventurier des mers qu?il a toujours été compte bien remettre à flot son entreprise à Andaman.
Sam Pyndiah a aussi connu d?autres belles réussites durant sa riche carrière. Au début des années 80, il s?était fait un nom dans l?organisation de croisières autour des îlots du nord. Son navire, le Romaya, pionnier de ce type de loisirs à Maurice, avait fait le bonheur de plusieurs centaines de Mauriciens à qui il a permis de goûter aux sensations de balades en haute mer.
Publicité
Publicité
Les plus récents