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Réveillon morose à Tana

4 janvier 2006, 20:00

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La nuit de la Saint-Sylvestre, à 23 heures, dans un restaurant chic à Ambohijanahary-Ouest. On y avait programmé Samoela et Faly, le deuxième étant la révélation de ces derniers mois, en matière de chanson, le premier celle d?il y a dix ans.

Les responsables de l?établissement sont inquiets. Et il y avait de quoi, à la vue de la centaine, au grand maximum, de personnes qui ont choisi ce lieu pour passer le réveillon. Eux qui espéraient pour cette nuit-là une clientèle composée du triple, voire du quadruple de ce chiffre.

Ils ont déjà fait patienter l?assistance avec des séances de karaoke, mais il est vraiment temps pour les artistes programmés de passer à l?action. Ce qu?ils font. Le dernier espoir auquel ils s?accrocheront s?évanouit au fur et à mesure que l?on approche de minuit, l?heure fatidique : les clients attardés espérés ne viendront pas.

Petite affluence mais belle ambiance quand même à Ankerana. Si cela pouvait consoler les responsables du restaurant, leur établissement n?a pas eu, cette nuit-là, le monopole de l?affluence très réduite. En plusieurs endroits, proposant pourtant des programmes alléchants, la foule attendue n?était pas venue. Tel fut le cas de Kaïamba Tena Izy dans un lieu de fête à Betongolo ou d?autres soirées de réveillon se déroulant dans des lieux huppés ou non de la capitale, exceptée la nuit des Rotariens au Hilton.

Un jour placé sous le signe de l?économie

Au Hilton Madagascar, les Rotariens et leurs sympathisants sont venus en nombre.

Il n?en fallait pas plus pour conclure que la nuit de la Saint-Sylvestre 2005 a été placée sous le signe de l?économie. Car si les fêtards avaient déserté les salles de fête où l?entrée était jugée assez onéreuse, ils s?étaient rués sur les endroits plus accessibles à leurs bourses : Le Glacier, à Analakely, avec Jerry Marcoss en tête d?affiche, ou encore au Chapiteau, à Analamahitsy, envahi littéralement par des hordes d?adolescents qui ne voulurent pour rien au monde manquer le dernier concert de l?année d?Ambondrona.

La fête, elle était aussi dans les foyers, en famille. Ou dans la rue, à Analakely, Antaninarenina et dans les artères du centre ville, sur les périphériques aussi, sur les trottoirs ou la chaussée, d?où les embouteillages monstres, avec l?inévitable concert d?avertisseurs qui a accueilli minuit.

Et pour une fois que la pluie ne s?en est pas mêlée !

Marc ZAFITOMBO

Le prix du gaz explose

Les tarifs du gaz viennent de connaître une augmentation sans précédent. Le gaz est frappé par les taxes sur la valeur ajoutée (TVA) imposée par la nouvelle loi des finances.

Personne ne l'a vu venir. Le gaz a devancé le carburant dans le cycle infernal de la hausse des tarifs. Tous les distributeurs de la capitale ont révisé leur prix d?une moyenne de 30 %. Les quatre marques du pays, sans exception, sont concernées, y compris Vitogaz qui vient à peine d?effectuer une augmentation à la fin de l?année.

D?après les explications des vendeurs, c?est le poids des Taxes sur la valeur ajoutée (TVA) de 18 % nouvellement imposées par la loi des finances sur ce produit qui en constitue la principale cause. Mais étant donné que l?augmentation dépasse ce taux, d?autres facteurs entrent également en ligne de compte, notamment le prix sur le marché international.

?L?office malgache des hydrocarbures nous a informé que, désormais, le gaz sera frappé de la TVA, c'est ce qui explique cette augmentation?, explique un distributeur de Vitogaz.

Galana bat le record des augmentations avec des surplus atteignant les 27 320 ariary soit 136 600 Fmg pour la bouteille de 35 Kg, 9 800 ariary soit 49 000 Fmg pour le 12 Kg et 3 200 ariary soit 16 000 Fmg pour la bouteille de 4Kg. Par contre, Total effectue la plus petite révision avec un ajout de 1500 ariary soit 7 500 Fmg sur la bouteille de 6 Kg et 1 900 ariary soit 9 500 Fmf pour la bouteille de 12,5 Kg. La surprise a été de taille pour les consommateurs venus nombreux après les fêtes, remplir leur bouteille vide dans les stations-service. Beaucoup sont rentrés bredouille, venus uniquement avec des sommes correspondant à l?ancien prix.

La cherté du gaz et de l?électricité obligera les ménages à s?orienter vers le charbon de bois.

Mauvaise surprise

Au vu de la situation, la grogne commençe à monter, certains clients sont même allés jusqu?à s?en prendre aux responsables des stations. ?Je pense que pour des augmentations aussi importantes, les consommateurs auraient pu être prévenus à l?avance?, s?indigne Eric Rakoto, un père de famille. ?Un tel agissement témoigne le manque de respect envers les clients?, continue-t-il. ?Je m?attendais quand même à un changement de prix mais la hausse est tellement importante que je n?ai pas eu assez d?argent?, affirme quant à lui Jean Ratrimo, un autre père de famille, en remettant sa bouteille de gaz vide dans sa voiture.

Aucune explication n?a été fournie par les compagnies de gaz concernant cette mauvaise surprise imposée aux consommateurs. D?ailleurs, elles ne l?ont jamais fait auparavant même pour les petites augmentations. ?C?est peut-être aussi une stratégie pour éviter que les consommateurs fassent des stocks?, remarque Eric Rakoto.

L?autre dilemme est évidemment le côté environnemental. La vulgarisation de l?utilisation du gaz a été l?un des alternatifs mis en avant par le gouvernement pour freiner l?utilisation du charbon de bois.

D?ailleurs, les compagnies de gaz sont associées à ces opérations en lançant des petites bouteilles dont les prix, jusque-là, sont relativement accessibles à la majorité des consommateurs. Selon les explications des responsables, des avancées majeures ont été constatées après le lancement des nouveaux produits. ?C?est surtout la population urbaine qui commencent à assimiler l?utilisation des gaz mais les efforts déployés par le gouvernement commencent à porter leurs fruits?, déclare Herivelo Ramialiarisoa, directeur de l?énergie au sein du ministère de l?Energie et des mines.

Cette mesure constitue aussi un véritable coup dur du côté les défenseurs de l?environnement. Interrogés sur la question, aucune réaction majeure n?a été constatée du côté des responsables ministériels. ?Nous sommes en train de négocier avec le ministère de l?Economie, des finances et du budget?, souligne Herivelo Ramiliarisoa, sans donner d?autres explications.

Un nouveau coup de massue pour les consommateurs. Visiblement, après la débâcle de l?année dernière, le gouvernement décide de mettre les bouchées doubles pour renflouer les caisses de l?Etat. Et le secteur de l?Energie semble être une des cibles car le carburant n?échappe pas à la hausse des Taxes sur les produits pétroliers (TPP), d?ailleurs, le changement des tarifs à la pompe est attendu dès la troisième semaine de ce mois.

Mahefa RAKOTOMALALA

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