Publicité
Réunion difficile hier entre Etat et sucriers
Par
Partager cet article
Réunion difficile hier entre Etat et sucriers
21 h 50 hier devant le bureau du Premier ministre. Après presque deux heures et demie passées à l?intérieur du bâtiment, trois silhouettes discrètes émergent. Ce sont les représentants des sucriers qui quittent les lieux après une troisième rencontre avec l?Etat. Alors qu?un proche du gouvernement annonce que les deux parties se reverront ce matin pour poursuivre les négociations.
Arnaud Dalais, Chief Executive Officer (CEO) du groupe CIEL, Jacques d?Unienville, CEO de la Société Usinière du Sud (SUDS), et Patrick d?Arifat, président de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), ont hier été les porte-parole des sucriers. En face d?eux, Navin Ramgoolam, le vice-Premier ministre et ministre des Infrastructures publiques, Rashid Beebeejaun, et Rajah Ramdaursingh, conseiller économique du Premier ministre.
Après la réunion, les interlocuteurs que l?express a sollicités, tant du côté de l?Etat que de celui des sucriers étaient très réservés. Rien n?a transpiré sur le fond. Les attitudes cependant étaient en contraste flagrant avec celles affichées suite à une réunion la veille, lundi.
A la sortie du Prime Minister?s Office, les visages des représentants n?affichaient pas le calme de circonstance. Légèrement rouges, ils trahissaient aussi une certaine fébrilité en opposition avec le ton de la voix rigoureusement calme.
Quatre mots auront été les seules réponses de Patrick d?Arifat face aux questions de la presse. Ambiance ? Progrès par rapport aux négociations ? Prochaine réunion ? Quatre mots répétitifs du président de la MSPA : «Les discussions se poursuivent.»
Ces discussions qui ont été entamées depuis six mois n?ont toujours pas débouché sur un accord. Face à l?attitude des représentants gouvernementaux et de ceux de la MSPA, force est de déduire que les choses ne se sont pas bien passées hier soir. On ne sait pas sur quoi cela a buté, mais les parties concernées étaient plus détendues lundi.
Ce jour-là, Etat et sucriers avaient abordé le sujet épineux qu?est l?actionnariat. Deux autres macadams sont eux aussi en travers de la route : les terres et l?énergie.
La cession de terres a été l?élément qui, il y a six mois, a fait office de détonateur pour les négociations entre l?Etat et la MSPA. Cette cession de 1 500 à 2 000 arpents de terres avait été une condition du gouvernement pour la fermeture de trois usines, notamment celles de Mon-Loisir, Mon-Trésor et de Riche-en-Eau.
Et la cession de 2 000 arpents est restée jusqu?ici au centre du bras de fer Etat-sucriers. Au début du mois de novembre, les sucriers avaient soumis des propositions à l?Etat par rapport aux divers thèmes litigieux. En ce qu?il s?agit des terres, la MSPA a notamment proposé que 1 500 arpents soient mis à la disposition de l?Empowerment Programme pour la construction de logements sociaux et que 500 arpents additionnels aillent directement au gouvernement. La MSPA a aussi demandé que la cession de terres soit faite par l?ensemble des producteurs sucriers.
L?organisation a ainsi réclamé que les gros producteurs non-membres de la MSPA, dont le Sugar Investment Trust (SIT), la Rose Belle Sugar Estate et la State Land Development Company (SLDC) participent également à cette cession de terres. Cette demande de la MSPA avait provoqué la colère du Premier ministre.
L?énergie est le troisième point de discorde au fil des négociations. A l?origine le plan de réforme de l?industrie sucrière comportait la possibilité de développer de nouvelles centrales thermiques. Dans les dernières propositions soumises le 19 novembre, les sucriers ont présenté la possibilité de ne pas créer de nouvelles centrales thermiques. La MSPA argue qu?elle offre ainsi une solution aux contraintes du CEB qui pourrait alors accommoder de nouveaux opérateurs sur le réseau. Le CEB a en effet maintenu que son réseau est saturé jusqu?en 2009-2010. La question de production énergétique reste cependant extrêmement complexe. Il s?agit de débattre de taux da production, de sources d?énergie et de tarifs, entre autres.
La production énergétique est aussi intimement liée à la mise sur pied de raffineries et de distilleries qui ont elles-mêmes une consommation énergétique importante. Ainsi, il semble impératif qu?au niveau de la MSPA, production énergétique, raffinerie et distilleries soient traitées comme un tout et non de façon isolée.
Autre proposition de la MSPA : retarder la fermeture des sucreries Union St-Aubin et Deep-River-Beau-Champ, qui était prévue dans le cadre du processus de centralisation.
Publicité
Publicité
Les plus récents