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Réforme sucrière : ?La balle est dans notre camp?

17 juin 2005, 00:00

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?Tout dépendra de nous.? C?est en ces termes que le ministre de l?agriculture, Nando Bodha, a interpellé son auditoire hier lors de l?assemblée générale de la Chambre d?Agriculture. Faisant référence à la réforme du régime sucrier européen et à une baisse annoncée du prix du sucre, Nando Bodha a déclaré que finalement la survie de la filière sucre dépendra de la capacité de l?industrie et des décideurs des secteurs public et privé à mettre en ?uvre le plan de réforme accélérée concernant ce secteur.?Nous aurons éventuellement les budgets, nous avons notre plan et nous connaissons nos priorités. Le reste dépendra de notre capacité à faire ce que nous avons à faire?, a déclaré Nando Bodha.

Tout en insistant que la proposition d?aide de la Commission européenne est largement insuffisante pour compenser le manque à gagner de la baisse annnoncée du prix du sucre, Nando Bodha a insisté sur le fait que la balle sera dans le camp de Maurice.?Tout dépendra de notre capacité à prendre des décisions. Nous connaissons nos priorités, il nous faudra agir vite?, a ajouté le ministre Bodha dans un discours qui a séduit son auditoire par son optimisme et son ton déterminé. ?L?industrie sucrière a montré sa resilience pendant des siècles?, a-t-il expliqué. Selon lui, il faudra mettre sur pied une équipe du secteur privé et du gouvernement pour piloter le plan de restructuration accélérée proposé par l?Etat avec le concours du secteur privé.

Besoins financiers

?Le temps fait défaut. Il nous faudra aller vite et réussir à transformer l?industrie sucrière en une industrie de la canne avec des sous-produits comme l?énergie électrique et l?éthanol?, a poursuivi Nando Bodha. Le ministre a insisté sur la nécessité de mettre en place les mécanismes pour assurer la gestion des fonds d?accompagnement de l?Union européenne (UE). Il a estimé que cette aide prendra la forme d?une assistance budgétaire directe payée aux caisses de l?Etat à partir de 2007. Le chiffre de Rs 1,5 milliard annoncé par la représentante, Florence Van Houtte de la Commission européenne, est pour Nando Bodha dérisoire par rapport aux besoins financiers de l?industrie sucrière. Celle-ci doit investir massivement pour survivre à la baisse de prix annoncée. Le ministre de l?Agriculture estime que la proposition britannique pour une enveloppe d?aide de 100 millions d?euros pour l?ensemble des pays producteurs de sucre du groupe ACP est plus raisonnable.

Pour Nando Bodha, la Commission européenne est ?techniquement obsédée? par une baisse massive du prix du sucre. Il s?agit pour Maurice et les ACP de faire campagne auprès des Conseils de ministres et du Parlement européen qui ont un avis plus favorable aux producteurs de sucre des ACP.

Pour Jean Raymond Hardy, président sortant de la Chambre d?Agriculture, le projet de réforme du régime sucrier européen est hostile pour Maurice. Il dénote dans les messages et discours de l?UE, une dichotomie entre une approche pour le développement durable et une politique sucrière qui remet justement en question l?un des instruments qui a le plus largement contribué au développement économique de Maurice, à savoir le Protocole sucre. Jean Raymond Hardy se dit déçu des propositions de l?UE concernant les mesures d?accompagnement à la reforme du régime sucrier. Il a par ailleurs exprimé son soucis concernant le problème de l?endettement de l?industrie sucrière.

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