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Réactions
<B>Dawood Nadal, 38 ans, polyglotte et enseignant de langues :« L?enseignant doit descendre de son piédestal » </B>
À l?école, on éduque, mais on n?instruit pas. Tel est le constat de Dawood Nadal. « J?ai été étonné de voir des jeunes détenteurs de diplômes brillants, mais qui, en public, n?arrivent pas à s?exprimer correctement. Cela signifie que notre système d?éducation est trop basé sur l?apprentissage des matières et les examens et pas assez sur le développement de l?enfant. » Notre interlocuteur souhaite que le nouveau programme d?enseignement puisse y remédier. Et pour que l?évaluation des élèves puisse se faire en contrôle continu, l?instituteur doit changer radicalement son approche.
« L?enseignant doit descendre de son piédestal et se mette à l?écoute de ses élèves, au lieu de les rabrouer, s?il veut que la transmission du savoir soit efficace. » Car, affirme Dawood Nadal, l?enfant ne demande qu?à être écouté et aimé. C?est à cette condition que le message passera.
<B>Janine Grant, 31 ans, responsable de l?école de Fatima :« Il faut permettre aux enfants de développer leur talent » </B>
« Chaque enfant a un talent. Il faut lui donner la chance de le découvrir et de le développer », affirme Janine Grant. Cette dernière a accueilli à l?école de Fatima un adolescent, comme tant d?autres, en difficulté scolaire. « Il ne s?intéressait à rien, jusqu?au jour où il a assisté à une classe de cuisine qui l?a passionné. » Aujourd?hui le jeune homme travaille dans une pizzeria connue de la région Nord. Janine Grant se demande ce que serait devenu cet élève s?il n?avait pas eu la chance de se remettre à niveau. Le nouveau programme d?enseignement ne permettra plus qu?un enfant arrive en sixième sans savoir lire ni écrire. « Cela demandera certes beaucoup d?investissements de la part du professeur, qui devra changer de mentalité et de méthode de travail. La transformation sera possible si l?enseignant sent qu?il est soutenu par les parents et les autorités concernées. »
<B>Kaviraj Sukon, 35 ans, docteur en mathématiques« On ne peut pas continuer à construire sur des inégalités » </B>
Il est important de s?assurer que tous les enfants en Std I soient sur le même pied d?égalité. Le professeur devra, selon le Dr Kaviraj Sukon, procéder à un nivellement de la classe avant de débuter le sylla-bus. « On ne peut pas continuer à construire sur des inégalités. On sait que 10 % des élèves admis chaque année en Std I n?arrivent pas à suivre la classe. Ce chiffre finit par atteindre les 35 % en sixième. Un des objectifs du nouveau système, basé sur le contrôle continu, est de réduire cet écart. » Le Dr Sukon estime que la majorité des enseignants accueille favorablement les changements. « Mais comme on leur demande un investissement personnel important, leur charge de travail devra être revue. Le document Towards a quality curriculum le dit d?ailleurs clairement. » Un des points saillants de ce document, poursuit-il, est l?inclusion des valeurs morales comme un des sujets principaux à partir de la Std III. « En enseignant ce sujet en anglais, par exemple, l?enfant comprendra les valeurs qu?on veut lui inculquer et non plus seulement l?anglais. »
<B>Farzana Hossenbocus, professeur d?informatique à la « Clavis Primary English Medium School » « Amener l?enfant à être partie prenante de son processus d?apprentissage » </B>
Farzana Hossenbocus a du mal à se rappeler de son parcours scolaire. « Je n?ai aucun souvenir de cette période. Mais mes élèves ont en tête de nombreux instants de leur vie d?écolier. C?est vraiment extraordinaire. Tout est dans l?approche. Celle que nous avons adoptée fait de l?enfant un participant actif au processus de son apprentissage. On le fait avec lui. L?apprentissage s?articule autour des besoins de l?enfant et non selon les désirs de l?enseignant. S?il a complété son programme d?études avant les autres, c?est à nous de faire preuve d?imagination pour trouver quelque chose qui corresponde à ses besoins. » Dans le cadre d?une approche centrée sur l?enfant, explique Farzana Hossenbocus, l?enseignant doit s?investir personnellement. « C?est un système où l?enseignant est au service des enfants. » Elle souligne que même si à la fin d?une journée de travail, elle se sent vidée, cette fatigue se dissipe dès qu?elle constate que son engagement a contribué à l?épanouissement des enfants.
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