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Rumsfeld dément disposer d?une unité secrète d?espionnage
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Rumsfeld dément disposer d?une unité secrète d?espionnage
Le département américain de la Défense s?est doté d?une structure d?espionnage secrète et réinterprète la législation américaine pour conférer à Donald Rumsfeld des pouvoirs élargis sur les opérations clandestines à l?étranger, a écrit hier le Washington Post, ce qu?a immédiatement contesté le Pentagone.
S?appuyant sur des documents du Pentagone et des entretiens avec des officiels, le journal affirme que Rumsfeld a créé cette structure, la Strategic Support Branch (section de soutien stratégique), pour en finir avec sa ?dépendance quasi totale? à l?égard de la CIA en matière de ?renseignement humain? (par opposition au renseignement technologique basé sur les observations satellite ou les écoutes).
Le général William Boykin, sous-secrétaire adjoint chargé du renseignement, a admis que Rumsfeld souhaitait assumer le commandement de certaines missions jusque-là conduites par la CIA, poursuit le Washington Post, dont les informations recoupent partiellement l?article publié la semaine passée dans le New Yorker et qui affirme lui aussi que ?la CIA continuera d?être rétrogradée? et que ?Rumsfeld deviendra encore plus important durant le second mandat? de George Bush.
?La guerre contre le terrorisme serait étendue et placée en réalité sous le contrôle du Pentagone?, ajoute Seymour Hersh dans le New Yorker.
Sur son site internet, le département de la Défense a démenti ces affirmations. ?Il n?existe aucune unité qui en réfère directement au secrétaire à la Défense en ce qui concerne des opérations clandestines tel que le rapporte l?article du Washington Post?, affirme le porte-parole de Rumsfeld, Lawrence DiRita.
?En outre, le département ne cherche pas à ?interpréter? les statuts pour les plier aux activités qu?il souhaiterait mettre en oeuvre, comme l?article le laisse entendre?, ajoute DiRita.
Selon le Post, cette division confidentielle serait opérationnelle depuis deux ans, déployant des équipes de spécialistes en interrogatoires, de linguistes au côté de forces spéciales d?intervention.
<B>En finir avec les ?mentalités timorées?</B>
Elle a agi en Irak et en Afghanistan et en d?autres lieux non spécifiés. D?après un document préalable de planification remis par le général Richard Myers, chef d?état-major interarmées, à Rumsfeld, elle devait se concentrer ?sur des pays cibles émergents comme la Somalie, le Yémen, l?Indonésie, les Philippines et la Géorgie?, poursuit le Post.
Citant un mémorandum du Pentagone, le journal écrit que la Strategic Support Branch pourrait recruter des agents étrangers y compris parmi des ?personnages ?mal famés? dont les liens avec l?administration américaine, s?ils devaient être rendus publics, seraient embarrassants? pour Washington.
Cette division secrète serait financée par un redéploiement interne du budget du Pentagone, échappant de fait à un contrôle parlementaire, et sa création n?a pas été explicitement approuvée par le Congrès, poursuit le Post.
L?objectif est de fournir aux forces américaines davantage d?informations sur l?ennemi qu?elles sont amenées à combattre et d?améliorer la connaissance de réseaux structurés, dont al Qaïda.
Le Washington Post affirme également que Donald Rumsfeld s?efforce d?obtenir une indépendance accrue alors que les différentes agences de renseignement américain doivent être placées sous l?autorité d?un directeur national du renseignement (DNI), un poste nouvellement créé par l?Intelligence Reform And Terorrism Prevention Act, promulgué le 17 décembre dernier par George Bush.
Cité dans le Post, Thomas O?Connell, secrétaire assistant à la Défense chargé des opérations spéciales, déclare que Donald Rumsfeld s?est débarrassé du ?mode de pensée obtus? et des ?mentalités timorées? d?anciens responsables du Pentagone.
Pour Lawrence DiRita, il n?est pas surprenant que le Pentagone tente d?améliorer la qualité de son renseignement humain car il s?agit d?une des principales recommandations de la commission sur les attentats du 11 septembre 2001.
?Le département reste en contact régulier avec les commissions concernées au Congrès et avec les autres agences de la communauté du renseignement, y compris la CIA?, affirme toutefois le porte-parole.
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