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Ronnie met Bernabeu à ses pieds
Avec deux buts, Ronnie a éclairé le Clasico de son génie. Et Bernabeu a applaudi Ronaldinho ! Le peuple madrilène avait fait le deuil du Clasico depuis longtemps, acceptant la supériorité du Barça, et ne pouvait que rendre hommage au génie de Ronaldinho, qui venait d?inscrire son deuxième but personnel, le troisième de son équipe. Le Real Madrid buvait le calice jusqu?à la lie et devait subir une terrible humiliation, celle d?être sifflé par ses propres supporters qui poussaient la cruauté jusqu?à saluer la performance de leurs adversaires. Plus que des adversaires, le seul qui compte vraiment, l?ennemi intime, le Barça. ?Ça fait mal d?entendre ça, ses suppporters applaudir l?adversaire mais nous n?avons pas été à la hauteur?, allait reconnaître Guti...
Certes, douze matches seulement ont été disputés en Liga mais Barcelone, en remportant le Clasico à Madrid, avec à la clé la tête du championnat, a marqué des points précieux sur le plan psychologique, en mettant un peu plus le Real face à ses limites. Un Real qui a subi la domination catalane du début à la fin du match, sans jamais sembler en mesure d?inverser la tendance. La vitesse d?exécution, le jeu à une touche de balle, la technique individuelle d?un Deco, d?un Ronaldinho, d?un Messi, d?un Xavi, autant d?atouts qui donnaient un méchant coup de vieux à des Madrilènes trop lents malgré le retour de plusieurs cadres.
Ronaldo et Zidane un peu courts
Frank Rijkaard, qui avait déjà connu la victoire à Bernabeu deux ans plus tôt, avait choisi de laisser Giuly sur le banc pour titulariser Messi. Un choix inattendu, mais payant, car le jeune Argentin faisait très mal à la défense madrilène. C?est lui, au quart d?heure de jeu, qui était le détonateur du match. Un slalom dans un petit périmètre, un ballon offert à Eto?o qui se retournait et crucifiait Casillas d?un pointu puissant. 1-0, le Barça avait ouvert la brèche et allait s?y engouffrer joyeusement jusqu?à la fin du match.
Ronaldo un peu lourd, Zidane, de retour à la compétition, visiblement un peu juste, le Real n?avait pas les armes pour répliquer. Le score n?enflait pas en première période malgré des occasions nettes de Messi ou encore Eto?o, tandis que Ronaldinho restait discret. Le Brésilien allait se réveiller et donner la pleine mesure de son talent en deuxième période qui débutait comme s?était achevée la première, sur une domination nette des Blaugranas face à un Real impuissant.
Ronaldinho ridiculise Helguerra
Une relation fusionnelle entre les joueurs et le Barça se régale. Il ne fallait que quelques minutes après la reprise pour que Xavi alerte une nouvelle fois un Casillas qui, une fois encore, aura été un rempart très efficace. Malgré la domination barcelonaise, le score n?avait pas évolué et le public poussait son équipe. Mais la pression devenait insupportable au point que Roberto Carlos, dépassé, crochetait Eto?o dans la surface. La faute était évidente mais pas pour l?arbitre. Qu?à cela ne tienne, Messi se procurait une nouvelle occasion et se heurtait à Casillas puis Ronaldinho se lançait, côté gauche, dans une chevauchée de grand style. Un slalom, dont il a le secret, qui laissait Helguerra les deux pieds dans le même sabot pendant que le Brésilien ajustait du pied droit pour doubler la mise, 2-0.
Les Merengue étaient assommés mais ils n?avaient pas encore tout vu. Pour ceux qui avaient le dos tourné, Ronaldinho, une vingtaine de minutes après ce but, s?offrait le même en couleur. Toujours à gauche, toujours au sprint, toujours face à un Helguerra dépassé et à un Casillas désarmé. 3-0, Ronaldinho pouvait savourer l?hommage de Bernabeu avant que le public ne quitte le stade, écoeuré. Le Barça, avec la manière, s?était offert le 199e Clasico de l?histoire. Un succès sans appel qui permet à Rijkaard, premier entraîneur du Barça à s?imposer deux fois à Madrid, de rentrer dans l?histoire et aux Catalans de s?emparer de la tête du classement de la Liga, à la différence de buts devant Osasuna qui a obtenu le nul à Getafe (0-0).
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