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Roland Garros
Pourquoi parler de tennis alors qu?il y a des sports autrement plus passionnants, soit dit sans qu?on se foot de personne. Je pense, par exemple, aux trapézistes qui sont plus enfants de la balle que les tennispersons et qui, eux, accomplissent leurs prouesses sans filet.
Quoi qu?il en soit, Roland Garros, le véliplanchiste et numismate réunionnais bien connu, qui est monté plus haut que tout autre au firmament du tennis, a réuni la fine fleur de ce sport pendant 15 jours à Auteuil. Les organisateurs, confondant raquettes et rackets, ont fait leur petite pelote de laine, surtout durant les 9˚ Celsius du début.
Il y avait quelques absents notoires, à commencer par les Amerloques. Agassi, le seigneur de l?anneau n?a pas montré son lobe. Davenport, qui rappelle vaguement un poisson en rupture de banc, n?a pas remonté la senne. Roddick, qui sert à la vitesse de Carol et Jenny réunies, est retourné au stade de dépression non comblée et Serena, en baisse de forme mais pas de formes, a préféré bouder le public hostile qui l?avait démoralisée dans le passé.
Au chapitre des éliminées, Vénus a été éclipsée par Vaidisovageonne, la jeune tchèque qu?on croyait sans provisions mais qui a montré qu?elle avait un deuxième tour dans son sac. Parmi ses victimes, quelle tristesse de voir Amélie pran so pake ale. Beaucoup de téléspectateurs avaient subodoré une dôle de tipotée en voyant, summum de la louange chauvine, trois petits enfants psalmodiant ?Amélie, on t?aime? avec une spontanéité qui a dû nécessiter de nombreuses répétitions. Et Mauresmo, n° un mondial, placée sur un socle surélevé et montée en épingle nourrice par les médias français, a tremblé d?une peur bleu-blanc-rouge, et foncé toute à trac vers la défaite.
Justine Hennin, à qui je supprime son trait d?union marital, sorry Hardenne, après avoir infligé un clystère à sa rivale wallonne, l?obligeant à prendre des wacances prématurées, a terrassé Kuznetsova en finale en appliquant le revers sans retour chanté poitrinairement par Marilyn Monroe. A noter que depuis Dostoïevski, ces Russiens refusent obstinément de s?appeler Dupont ou Durand ce qui simplifierait leur vie et la nôtre.
Du coté masculin, on a regretté de n?avoir vu aucun Arabe issu des qualifs ou des califes mais on a suivi l?autre imprononçable, Ljubicic, le chauve ovoïde sur lequel je ne veux pas m?extasier car on croirait que je suis de mèche avec lui, et le flamboyant Nalbandian dont même la raquette rend un son argentin, mais qui a dû abandonner, trahi par d?abominables abdominaux.
Sont restés en lice, les deux meilleurs joueurs mondiaux. Tout d?abord Federer, le Suisse qui, pour la précision, se considère comme Tell, à moins que je ne m?arquebuse, alors que ses adversaires pensent toujours que ça va être pour leur pomme. Puis, le tenant du titre, Nadal, 20 ans, la coqueluche de ces dames qui, à chaque danger, majorque son niveau de jeu. Je ne sais si cet engouement féminin est provoqué par ce pantalon collant qui met en relief son triangle des bermudas ou du fait qu?au dos de ses chaussures, sont inscrits les mots Vamos Rafa ou encore parce que, selon les commentateurs, ? il prend appui sur ses deux jambes de derrière? mais le guerrier apache a eu raison du Suisse, contaminé sans doute par la neutralité paralysante de son pays. Le bouillant Nadal court comme un furet dératé, à peine gêné par un slip un peu serré à mon avis, mais je ne suis pas dans le textile. Il m?a fait penser à l?albatross de Baudelaire sauf que, dans son cas, l?Espagnol ne peut que courir car son zèle de géant l?empêche de marcher.
Les sportifs sont restés sur leur faim et attendent avec impatience le gazon de Wimbledon, le plus ancien court du monde, seulement déparé par les chapeaux avec fleurs, fruits et zozos, et l?appréhension de revoir les juges de lignes en affreuses jupes longues à zébrures vertes, gonflées comme des tentes de bédouins et dessinées sans doute par Victoria pour tempérer la libido d?Albert, le prince qu?on sort quand il ne pleut pas.
VOLCY
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