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Riz et farine coûteraient environ Rs 3 plus cher
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Riz et farine coûteraient environ Rs 3 plus cher
Une hausse de prix des produits à base de farine tels que le pain ou encore des gâteaux serait annoncée dans les semaines à venir. Le prix de la farine qui se vend à Rs 3,75 le demi-kilo subirait une hausse d’environ Rs 3 par demi-kilo, révèlent des sources dans le secteur.
Une hausse de l’ordre de Rs 2 à Rs 3 se ferait également sentir sur le riz ration qui est de Rs 3,75 le demi-kilo. Des conséquences du retrait des subsides de l’ordre de Rs 300 millions sur le riz et la farine dans le budget 2006-2007 .
La State Trading Corporation (STC) planche sur les nouveaux chiffres du prix de la farine et du riz ration. Elle devrait les communiquer d’ici la semaine prochaine.
Les différents secteurs du commerce qui dépendent de la farine pour faire rouler leur business se disent déjà inquiets pour l’avenir. Nazir Hosany, président de l’Association des boulangers de l’île Maurice, se confie : “On ne sait rien du quantum de l’augmentation du prix de la farine mais la situation paraît très difficile pour notre secteur.”
Diminuer la grosseur des “dholls puris”
Le retrait des subsides vient en effet leur compliquer la tâche du fait qu’ils étaient déjà nombreux à juger les récentes augmentations des prix du pain insuffisantes. De plus, obtenir l’aval du ministère du Commerce pour réviser à la hausse les prix du pain prendra du temps alors que d’autres produits auront déjà subi des hausses.
Autre secteur affecté par le retrait des subsides : la vente de rotis et dholls puris. Nancoomar Unuth, directeur de l’entreprise réputée Dewa & Sons, située à Rose-Hill, explique que “depuis au moins deux ans, avec la baisse du pouvoir d’achat des Mauriciens, la vente des dholls puris et rotis a baissé de 20 %”. Il se dit, lui aussi, inquiet pour l’avenir. Surtout qu’il emploie une vingtaine de personnes.
Devrait-on alors comprendre que le prix des dholls puris augmentera ? “Nou pou esay diminie nou profi me si dholl, de lhuil monte nou pou bizin mont prix. Lot quitsoz qui nou envisaz fer, c’est de diminuer la grosseur du dholl puri.”
Même son de cloche chez certaines entreprises fabriquant des mines pour les restaurants, les supermarchés et hypermarchés, mais aussi des mines sèches mises en sachet et des produits précuits à base de farine. Après avoir longtemps bénéficié de subsides sur la farine et mis en vente ces produits avec énormément de profits, ces commerçants font, aujourd’hui, face à une autre réalité.
Le riz basmati a la cote
De plus, le riz ration consommé par de nombreux Mauriciens dans les années ’90 est aujourd’hui en chute libre. Des 60 000 tonnes que le pays importait à l’époque, la consommation tourne maintenant autour de 30 000 à 32 000 tonnes par an.
C’est le riz basmati qui a désormais la cote. En huit ans, sa consommation a presque triplé et tourne autour des 55 000 tonnes, estiment des sources dans le secteur. En 1997, la consommation du riz basmati était de seulement de 15 000 tonnes.
S’il est vrai que de nombreuses familles préfèrent donner le riz ration à leur chien, il n’empêche que d’autres se rabattent impérativement sur ce produit. Pawantee Jeeya, une femme au foyer de Triolet âgée d’une soixantaine d’année, est de ceux-là. “Nou aste diri ration par bal chaque mois. Nous finn touzou manz diri ration dan lasemen et diri basmati dan week-end quand famille vinn promene lacaz.” Pour elle, c’est une question d’habitude mais aussi une économie pour la famille.
Une question d’économie mais aussi de consistance. Dev, un laboureur qui travaille sur la sucrerie Médine, apporte son témoignage : “Si mo pa manz mo diri ration tou le zour mo lestoma pa capav tini enn lazourne, mo faim encore, mo pa ena lafors pou travay dan caro si mo manz basmati.”
FINANCES
Rs 300 millions de gagnées en enlevant les subsides
■ La STC est au bord du gouffre financier. Une des raisons avancées: les prix du “riz ration” et du blé n’ont cessé d’augmenter sur le marché international ces dernières années. La hausse successive du fret maritime est venue compliquer les choses. Les subsides sur ces deux produits qui étaient de Rs 200 millions. il y a quelques années, sont passés à Rs 300 millions pour l’année financière écoulée. Au lieu de continuer à subventionner ces deux denrées de base – le riz et la farine – l’argent économisé sera injecté dans l’“Empowerment Fund” notamment pour la formation des personnes vulnérables de la société (ex-laboureurs, ex-employés de la zone franche et autres) pour qu’elles puissent trouver un emploi et lancer éventuellement un business. Elles devraient bénéficier du support financier de ce fonds pour lancer éventuellement des micro-projets et devenir des petits entrepreneurs.
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