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Rituel

22 avril 2004, 20:00

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La tradition n?a pas beaucoup varié. Navin Ramgoolam est à Londres, les préparatifs pour les rassemblements du 1er Mai suivent le rituel bien établi, les échanges au Parlement restent teintés de grossièretés et les propos aux meetings sont toujours aussi caricaturaux. Le besoin de rénover la vie politique se fait sentir.

Certes, le contact direct que les politiciens établissent avec l?électorat avant la fête du Travail est un exercice utile en démocratie. Mais toute cette nébuleuse d?activistes et de dirigeants qui travaillent jour et nuit en ce moment n?ont pour objectif que de remplir les autobus le jour de la fête.

Chaque parti cherche à gonfler ses muscles à cette occasion comme si leur avenir en dépendait. Cette manifestation prend l?allure d?un mini référendum. Depuis l?ouverture de la campagne de l?alliance au pouvoir, le jeudi 15 avril, et jusqu?au jeudi 29 courant, le Premier ministre et le vice-Premier ministre participent pratiquement chaque soir à deux meetings chacun.

Le 1er Mai venu, le folklore prendra le dessus sur les préoccupations réelles. Des places dans des autobus ?special route? seront offertes à des partisans sans enthousiasme. Des kermesses et des concerts seront programmés. Les discours ressassés durant la quinzaine précédente seront servis à nouveau. Nos personnalités politiques n?ont décidément pas le souci d?innover.

Deux remarques s?imposent face à ce manque d?originalité. D?abord l?incapacité de la télévision à organiser la réflexion force les politiciens à maintenir un mode archaïque de communication. Une télévision moderne aurait pu impliquer le citoyen dans les grands débats nationaux. Or, la MBC éprouve encore des difficultés à réunir sur un même plateau des courants opposés.

Ensuite, il y a une réticence évidente des dirigeants des partis classiques à rénover leurs structures. Les caciques en poste ne font rien qui permette de faire éclore de nouveaux talents. Il est vrai que le MSM a un leader jeune mais l?accession de Pravind Jugnauth au poste suprême dans son parti est davantage le résultat d?une circonstance donnée que celui d?une volonté de rajeunir.

Il est curieux que même si les partis clament comme une profession de foi la participation accrue des femmes et des jeunes en politique, leurs structures restent aussi figées qu?avant. Le seul changement significatif apporté par le Parti travailliste lors du renouvellement de son dernier bureau politique a été la promotion de Rashid Beebeejaun, qui n?est ni une femme, ni un jeune apte à assurer la relève.

Le MMM n?a pas fait de place, non plus, aux modernistes. Il n?a même pas respecté son engagement à renouveler son exécutif dans les délais prévus par ses statuts. Ce parti a différé les échéances en raison de la partielle de Rivière-du-Rempart et n?a toujours pas fixé la date de l?élection à son comité central.

La fête du Travail se tient cette année dans un contexte pré-électoral. En 2005, elle sera célébrée à quelques mois des législatives. En ces périodes incertaines les politiciens ont peur d?essayer de nouvelles pratiques. Ils n?osent pas remettre en question leur fonctionnement à l?approche d?événements si décisifs. Il faut attendre longtemps encore pour que nos formations politiques fassent preuve d?audace et inventent la dynamique qui fait changer de peau.

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