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?Richelieu Open Prison?: le jardin de l?espoir

25 décembre 2005, 20:00

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Un jardin de fleurs paisible. C?est la première et la dernière impression qu?on a de la Richelieu Open Prison (ROP). C?est une prison qui respire l?espérance et la préparation pour des lendemains meilleurs grâce à l?aide et au dévouement des gardes-chiourme. Bref, c?est une prison pas comme les autres.

Au milieu du jardin, un kiosque peint en bleu où les ?clients? du ROP rencontrent leurs proches. Derrière le jardin, toujours et encore des couleurs. Des fresques, peintes par les détenus, couvrent les murs des différents bâtiments, dont la. construction artisanale confère une atmosphère irréelle au lieu.

Au milieu de ce monde d?un silence paisible, des hommes en bleu. Ce sont les ?clients?, comme les appelle Hassenjee Maudarun, le Welfare Officer de Richelieu. En fait, ce sont des détenus qui viennent des prisons de Beau-Bassin, Petit-Verger ou Grande-Rivière. Au nombre de 141, ils ont en commun, un passé violent ? qui les a conduits en prison ? suivi d?une réhabilitation réussie. A la ROP, on les prépare à la réinsertion dans une société pas toujours prête à les accueillir. Ils seront tous, sans exception, remis en liberté en 2008 au plus tard.

Ils ont presque tous l?air pensif alors qu?ils s?adonnent à leurs tâches quotidiennes, contrairement aux détenus des autres pénitenciers. Ils ont été sélectionnés pour ce séjour à Richelieu avec beaucoup d?attention.

C?est un board, composé de plusieurs hauts gradés de l?administration qui décident qui envoyer à Richelieu. Pour être éligibles, il faut avoir fait preuve de bonne conduite, de discipline et être ?clean? avant tout. ?Pas de drogue ici. Même si certains de nos clients ont pu être condamnés pour des délits liés à la drogue, ils doivent être désintoxiqués pour être admis à Richelieu.?, explique le Welfare Officer. Le succès de Richelieu dépend d?ailleurs d?une sélection minutieuse de ses pensionnaires. ?Un mauvais choix peut détruire des années de travail?, explique un proche du milieu.

<B>Confiance</B>

Ponsamy Pongavanon, l?un des pensionnaires de Richelieu, est le seul détenu qui y a passé dix ans. ?C?est une préparation à la réinsertion et c?est pourquoi nous nous limitons à ceux dont la libération est imminente. Pongavanon est ici sur une prérogative de l?administration de la prison à l?époque, explique-t-on. Il a le profil idéal. Une personne qui a fait un crime passionnel est moins encline à récidiver et les risques de fugue sont minimes.?

Effectivement, si un détenu veut se sauver de la prison ouverte, ce n'est pas sorcier, Richelieu étant l?antithèse de la Bastille. D?où l?importance du choix des pensionnaires de Richelieu.

L?Open Prison n?est pas qu?un slogan. Etablie par les Britanniques en 1958, la ROP est un modèle calqué sur quelques prisons ?ouvertes? en Grande-Bretagne. Le principe derrière les prisons ouvertes, c?est la confiance entre l?administration et les pensionnaires.

A 6 heures chaque matin, c?est le son de cloche qui les sort de leurs cellules qui sont, au fait, des dortoirs qui peuvent abriter jusqu?à 40 personnes. Le travail débute après le petit déjeuner, car il faut bien gagner sa vie même en prison. Nettoyage et jardinage s?ensuivent sous une légère supervision des officiers de la prison.

?Nous leur donnons des responsabilités et ils sont à la hauteur de leur tâche?, explique le surintendant Ramsamy. L?enceinte de la prison est d?une propreté frappante. ?C?est l??uvre des détenus et la discipline est rigide. Il faut qu?ils s?habituent à se prendre en charge?, ajoute Hassenjee Maudarun.

La journée se poursuit avec des activités telles le taï-chi, l?alphabétisation, le First Aid, la Craft Academy, l?initiation à l?informatique, la méditation et la pensée positive suivies de matchs de football, de séances de gym et de jardinage.

Les détenus regagnent leurs dortoirs à 17 heures. Après le dîner, certains regardent la télévision jusqu?à 21 heures alors que d?autres s?adonnent à la lecture, écoutent la radio ou s?essayent à l?écriture. Les détenus disposent chacun d?une table de chevet pour des livres et des statuettes religieuses.

<B>Chapelle, mosquée et temple</B>

Perdue au milieu des fleurs multicolores, se trouve une petite chapelle. Un bâtiment se distingue par sa couleur vert pomme : c?est une petite mosquée. Un peu plus loin, s?élève un temple.

Le système de la prison ouverte n?a pas été grandement affecté par les chamboulements dans le monde pénitentiaire de ces dernières années. ?C?est resté une oasis heureusement, souligne un garde-chiourme affecté à la prison de Richelieu. Ici la réhabilitation n?est pas un vain mot. Nous sommes à l?abri des regards et c?est pourquoi la politique ne s?est jamais mêlée à notre système.?

Les 141 ?clients? apprennent actuellement comment vivre en société sauf que la micro-société où ils évoluent ne ressemble pas à la nôtre.

Quand ces hommes vont franchir le portail blanc de la ROP, ils se retrouveront peut-être en ?terre étrangère?. Est-ce que la société les acceptera comme la ROP les a acceptés ? C?est le pari des officiers de la prison qui ont accepté d?accomplir ce ?labour of love? à Richelieu?

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