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Retour à la terre?
Jean-Claude Tolbize est un de principaux animateurs de Jeunesse Ouvrière Chrétienne (JOC). Les doléances des chômeurs et chômeuses qui lui sont présentées à chaque rencontre le chagrine.
Son mouvement ne se contente pas seulement de critiquer l?absence d?une politique claire et définie par les autorités pour combattre cette situation mais pour faire avancer ses idées et ses suggestions, Ils mettent souvent leurs idées en commun en s?appuyant sur un support médiatique, des éléments d?informations disponibles et leur expérience au contact des autres. ?Il suffit d?être sur le terrain pour avoir une meilleure indication?.
Jean-Claude et ses amis estiment que le gouvernement central devrait donner les moyens aux Rodriguais de se lancer dans la culture de la pomme de terre sur une grande échelle et éventuellement exporter vers le marché mauricien.
Ils s?inspirent du projet mis en place à Madagascar depuis un an par Satish Ramruttun, directeur du département international d?ERS et son partenaire malgache, Josoa Ramamonjisoa, directeur général de La Société Trading Océan Indien, qui envisage d?exporter plus de 50 tonnes de pomme de terre vers Maurice, d?ici la fin du mois.
Le projet mauriciano-malgache a été évoqué par le Premier ministre Paul Bérenger et son homologue malgache lors de sa dernière visite dans la grande île.
Lacompagnie a déposé au ministère de l?Agriculture un dossier qui contient également une demande de bail de 1 000 hectares de terres de l?Etat.
Pour concrétiser ce projet, l?animateur de la JOC n?a pas le nez dans le guidon. Il pousse plus loin sa réflexion et fait des suggestions. Il pense qu?il faut donner tout le soutien logistique nécessaire aux Rodriguais : l?eau, l?aménagement des terres, et des incitations pour retourner à la terre la mécanisation ainsi que la formation liée aux nouvelles technologies.
Sur une grande échelle
?Il appartient aux décideurs politiques de trouver des solutions. Au cas contraire, les rêves des jeunes chômeurs deviendront vite des cauchemars?, prévient-il.
Eric Mungur, directeur du Mouvement Autosufissance Alimentaire(MMA), travaille en étroite collaboration avec l?Association des Planteurs de Rivière Banane (APRB). Depuis de nombreuses années, il partage, lui aussi, l?avis des agriculteurs, et pense que la pomme de terre pourra être cultivée sur une grande échelle. Il est très réaliste et pense qu?il faut d?abord étudier la fiabilité du projet et son coût de production.
Outre ces deux aspects, il faut aussi revoir, dit-il, les carences en matière d?approvisionnement en eau, construire au plus vite un petit Office des marchés pour le stockage des produits et de meilleures semences, mener une opération de marketing agressif et aller dans la même direction que le Fonds de Développement Européeen (FED), qui a démarré un programme anti-érosion en 1999 dans l?île pour réduire et contrôler l?érosion et la dégradation du sol.
Selon Eric, ce sont autant de facteurs qu?il faut prendre en considération pour l?amélioration et la diversification de ce tubercule et d?autres produits agricoles.
Outre ces propositions, il soutient qu?il faut des actions plus concrètes pour optimiser les ressources et aider Rodrigues à produire davantagede légumes et d?agrumes. ?Autrement les Rodriguais pourraient devenir de plus en plusdépendants des exportations de Maurice, qui elle-même, importe des produits de l?étranger?.
En parlant des semences par exemple, le directeur du MAA attire l?attention sur la récente démarche du MAA qui a expédié des semences par bateau, à Rodrigues, pour pallier le manque ressenti par l?APRB.
?Croyez-vous que les gens vont se lancer dans une entreprise sans leur donner les moyens et l?encadrement nécessaires??, s?interroge Eric Mungur.
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