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Réforme des pensions
Les syndicats dénoncent les contradictions du gouvernement
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Réforme des pensions
Les syndicats dénoncent les contradictions du gouvernement
La réponse du Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, à la PNQ, est loin d’avoir rassuré le mouvement syndical. Au contraire, plusieurs organisations estiment que les explications fournies au Parlement renforcent les inquiétudes entourant la réforme de la Basic Retirement Pension (BRP).
Le président de la General Workers Federation (GWF), Clency Bibi, affirme que les réponses du chef du gouvernement «n’ont malheureusement pas dissipé les inquiétudes de la population». Selon lui, le maintien de la réforme pénalise «des milliers de Mauriciens qui avaient organisé leur vie en comptant sur la promesse d’une pension à partir de 60 ans».
Pour le syndicaliste, la forte mobilisation populaire du 11 juillet traduit un rejet clair de cette réforme. «Les travailleurs, les retraités, les jeunes et de nombreux citoyens ont exprimé leur profond mécontentement face à une réforme perçue comme injuste et contraire aux engagements pris devant la population», soutient-il. La GWF insiste également sur la nécessité d’un véritable dialogue social. Une réforme d’un pilier aussi important de la protection sociale, estime Clency Bibi, ne peut être mise en œuvre sans consultation approfondie avec les partenaires sociaux et la société civile.
Le syndicaliste pointe aussi ce qu’il qualifie de contradiction entre les déclarations du PM au Parlement et celles du ministre de la Sécurité sociale, Ashok Subron, lors de la conférence de presse du 10 juillet. Selon lui, ce dernier avait laissé entendre que la réforme ne figurerait pas dans le Finance Bill et que la mise en place du National Pension and Protection Fund (NPPF) ferait l’objet de consultations. «Il y a définitivement une divergence entre le ministère des Finances et celui de la Sécurité sociale. Il n’y a jamais eu autant de flou sur un dossier aussi important», déplore-t-il, estimant que les ministres présents à cette conférence de presse ont été «désavoués» au Parlement.
Même tonalité du côté du Mauritius Labour Congress (MLC). Son président, Haniff Peerun, estime que le gouvernement donne l’impression de ne pas reconnaître la contribution des retraités au développement du pays. Selon lui, les manifestations récentes auraient dû servir de signal d’alarme. Le MLC appelle désormais les députés de la majorité à prendre publiquement position s’ils nourrissent des réserves sur cette réforme. Haniff Peerun interpelle également les élus du Mouvement militant mauricien, les invitant à traduire leurs déclarations en actes.
Tout en réaffirmant son attachement au dialogue, le Front commun syndical prévient que la mobilisation se poursuivra et pourrait s’intensifier dans les prochaines semaines. Pour les syndicats, les retraités «méritent le respect, la reconnaissance et la justice», et leur combat ne s’arrêtera pas tant que leurs revendications n’auront pas été entendues.
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