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Fratricide à Mahébourg
Aswind Aukhajah maintenu en détention
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Fratricide à Mahébourg
Aswind Aukhajah maintenu en détention
Aswind Aukhajah, 45 ans, a comparu hier en cour de Mahébourg pour l’agression mortelle de son frère Sachin (en médaillon) à leur domicile lundi. © Sumeet Mudhoo
Au lendemain du drame qui a bouleversé Mahébourg, Aswind Aukhajah, 45 ans, a comparu devant le tribunal de Mahébourg, hier, sous une accusation provisoire de meurtre. La police s’étant opposée à sa remise en liberté, il a été reconduit en cellule policière. L’enquête est menée par la Criminal Investigation Division (CID) de Mahébourg, sous la supervision du Detective Inspector Vincent St Mart. Son interrogatoire devrait débuter dans les prochains jours afin d’établir avec précision les circonstances de la mort de son frère, Bassodeo Aukhajah, dit Sachin, 47 ans.
L’autopsie pratiquée par le Dr Sudesh Kumar Gungadin a conclu que la victime est décédée d’un choc hémorragique consécutif à de multiples fractures, confirmant la violence des coups qui lui auraient été infligés.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le drame se serait produit lundi aprèsmidi au domicile familial, à Kalachand Road, Mahébourg. Une dispute aurait éclaté entre les deux frères sur fond de consommation d’alcool. D’après les proches, Aswind Aukhajah aurait voulu que son frère boive avec lui. Face au refus de ce dernier, la situation aurait rapidement dégénéré.
Le frère aîné de la fratrie, Sanjeev Aukhajah, affirme être arrivé peu après le début de l’altercation. Selon son témoignage, Aswind lui aurait reproché le fait que la victime avait sali ses vêtements. Malgré ses tentatives pour calmer la situation, il n’aurait pas réussi à empêcher l’agression. Craignant également d’être pris pour cible, il explique avoir quitté les lieux avant de revenir plus tard.
À son retour, il aurait découvert que son frère avait été lavé et recouvert d'un drap. Trouvant la situation inhabituelle, il serait allé vérifier son état avant de constater que son corps était froid. Il a alors alerté la police.
Appel à l’aide
Les policiers se sont rendus au domicile familial lundi vers 14 h 20. Dans une chambre plongée dans l’obscurité, ils ont découvert Bassodeo Aukhajah allongé sur un lit. Les tentatives de réanimation se sont révélées vaines et le SAMU n’a pu que constater son décès. Aswind Aukhajah, qui se trouvait toujours dans la maison au moment de l’intervention des enquêteurs, a été arrêté peu après.
Sanjeev Aukhajah affirme avoir été marqué par l’attitude de son frère après le drame. «Li ti pe asize dan mem lasam kot ena kadav Sachin, li pe get televizion kouma dir pena nanie», relate-t-il. Il aurait déclaré aux policiers : «Misie, mo frer Aswind ki finn bat mo lot frer avek dibwa.» Une équipe du Scene of Crime Office, des enquêteurs de la CID ainsi que des photographes de la police ont procédé aux constatations d’usage.
La famille de la victime, encore sous le choc, lance aujourd’hui un appel à l’aide afin de pouvoir assumer les frais liés aux funérailles. Selon les proches, Bassodeo Aukhajah, qui était porteur d’un handicap, vivait au sein de la maison familiale avec ses frères. Ils expliquent qu’il percevait une pension d’invalidité et qu’il lui arrivait de donner de l’argent pour l’achat de boissons alcoolisées.
Le passé judiciaire d’Aswind Aukhajah retient également l’attention des enquêteurs. En mars 2018, il avait été condamné à 12 ans de prison pour le meurtre de sa grand-mère maternelle, Batassiah Gopaul, âgée de 89 ans. Dans ce décès qui remonte à février 2015, l’autopsie avait conclu à une hémorragie sous-durale. Lors de son procès, il avait expliqué avoir été irrité par sa grand-mère, tandis que des proches avaient soutenu que la dispute était liée à un refus de lui remettre de l’argent pour acheter de l’alcool.
Après avoir bénéficié d’une remise de peine, Aswind Aukhajah avait retrouvé la liberté en 2024. Depuis sa sortie de prison, il avait de nouveau eu affaire à la justice. Il avait été arrêté l’année dernière dans une affaire de vol et venait d’être remis en liberté il y a environ deux semaines après avoir été impliqué dans une affaire d’agression.
Des membres de la famille décrivent un homme au comportement violent depuis de nombreuses années et disent vivre dans la peur de ses réactions. Toutefois, les autres allégations avancées par certains proches concernant de précédents incidents familiaux ne font l’objet d’aucune décision judiciaire connue.
L’enquête se poursuit afin de reconstituer avec exactitude le déroulement des faits et les circonstances ayant conduit à la mort de Bassodeo Aukhajah. Les enquêteurs devraient entendre le suspect dans les prochains jours ainsi que plusieurs membres de la famille susceptibles d’éclairer le déroulement du drame.
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