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Parlement
Ambiance : Un mardi sous accalmie
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Ambiance : Un mardi sous accalmie
Costume soigné, montre qui brille sous les lumières de l’Hémicycle : quand Navin Ramgoolam se lève, mardi, pour répondre une nouvelle fois à la PNQ sur les mesures budgétaires, c’est avec ce même ton posé et calculé qu’on lui connaît. Rien, pourtant, ne distinguait vraiment cette séance des précédentes, ni dans l’ambiance ni dans l’information livrée. Et c’est peut-être précisément là que se niche l’ambiance de mardi : dans cette normalité presque trop lisse, dans cette allure un peu plus soignée que d’habitude. Anniversaire du Premier ministre, peut-être. De quoi expliquer, en tout cas, une salle sensiblement plus bon enfant que d’ordinaire.
Il n’empêche que derrière la sobriété de la question, l’opposition, principalement son leader, Joe Lesjongard, tenait son os à ronger et ne l’a pas lâché pendant plus de 20 minutes ; encore une fois chose surprenante, pas de débordement ; bien au contraire, on dirait que cette PNQ était beaucoup plus courte que d’habitude. Face à Joe Lesjongard, qui creusait méthodiquement le même sillon, la méthode budgétaire, la réforme des pensions, la transparence du processus, Navin Ramgoolam a tenu la distance sans jamais hausser le ton, mais avec une lassitude perceptible dans la répétition de ses réponses, comme lassé de devoir se justifier sur un sujet qu’il considère visiblement clos.
Passée la PNQ, place aux questions au Premier ministre, une question sur les discours de haine raciale, posée par la députée Rubna Daureeawo, lui arrache une réponse qui fait visiblement son effet sur les bancs : «We are all children of the same god.» La phrase à 12 h 14, presque inattendue dans sa simplicité, semble faire hocher la majorité de têtes au passage. Un peu plus tard, la salle s’anime, dans la même réserve. En répondant à une question du député Jhummun, Navin Ramgoolam lâche le nom de l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth. Le nom suffit à faire naître un mouvement, bien que sobre, dans l’Hémicycle ; un frémissement plus qu’un éclat, mais suffisant pour rompre la torpeur ambiante.
Puis, pendant les questions parlementaires, un autre instant de «vivacité» : sur une question de Deven Nagalingum au sujet des athlètes nationaux, une voix familière se détache depuis les bancs de l’opposition. Paul Bérenger, avec ce sens du timing qui ne le quitte jamais, glisse un «coincidence !» chargé de sous-entendus, une pique lancée en passant, mais qui ne trompe personne sur le fond de sa pensée.
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