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Reprise de REDCO : le dialogue amorcé
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Reprise de REDCO : le dialogue amorcé
Depuis que le gouvernement central a décidé de reprendre le contrôle de la Rodrigues Educational Development Company (REDCO), la fédération rodriguaise des Parent-Teacher Associations est montée au créneau pour exprimer son mécontentement. De plus, la déclaration du ministre de l?Education, Dharam Gokhool, à l?Assemblée nationale n?a pas arrangé les choses.
Benoît Jolicoeur, le président de la fédération parle même d?insulte à l?intelligence rodriguaise. Serge Clair, le chef commissaire, actuellement à Maurice, aurait remis une lettre au Premier ministre Navin Ramgoolam hier. Mais l?administration rodriguaise n?a pas voulu en dire plus.
Interrogé hier, Dharam Gokhool affirme : ?Je n?ai jamais insinué qu?il y a des incompétents à Rodrigues mais le changement dans l?éducation doit se faire d?une façon graduelle. Tout est fait dans un esprit collégial et nous sommes ouverts au dialogue.? Le ministre de l?Education affirme que cette décision vise l?intérêt des enfants de Maurice et de Rodrigues Une rencontre est prévue, ce 12 novembre, entre la fédération des parents d?élèves et les organisations non gouvernementales pour décider de la marche à suivre.
La REDCO, incorporée le 3 janvier 1989, a la responsabilité de promouvoir l?éducation à Rodrigues tant au niveau académique que pré-professionnel et technique. A sa création, le gouvernement central détient 51 % des actions, le ministère de l?Education, 29 % alors que la State Investment Corporation (SIC) en détient 20 %. Elle gère actuellement cinq collèges dont ceux de Mont-Lubin, Le-Chou, Maréchal, Grande-Montagne et le Form VI College de Citron-Donis.
Lors d?une série des transferts d?enseignants en février dernier, la fédération des parents ainsi que l?instance éducative à Rodrigues expriment leur souhait de transformer le conseil d?administration de la REDCO en une institution rodriguaise. Peu avant les élections de juin, le gouvernement transfère ses 51 % d?actions à l?Assemblée régionale de Rodrigues. Mais après son accession au pouvoir, et plus précisément le 26 août, le nouveau gouvernement renverse la décision de l?ancien.
Cette man?uvre surprend plus d?un à Rodrigues et la fédération des associations parents d?élèves exprime son désaccord. Début octobre, une lettre est envoyée au bureau du Premier ministre (PM) Navin Ramgoolam et au ministère de l?Education.
Dans un communiqué émis lundi, Benoît Jolicoeur, le président de la fédération affirme qu?une deuxième lettre sera envoyée pour une demande de rencontre avec le PM. ?Le chef commissaire a déclaré que le PM lui a dit que la gestion de REDCO doit être faite par des Rodriguais mais la réponse du ministre de l?Education contraste avec la déclaration de Serge Clair?, écrit-il dans le communiqué.
En effet, le 18 octobre au Parlement, Dharam Gokhool fait part de la décision du gouvernement de reprendre le contrôle de REDCO ?pour s?assurer que Rodrigues participe dans la quête d?une éducation de qualité et de niveau mondial à travers une bonne planification». Il ajoute aussi que c?est «pour sauvegarder l?intérêt des enseignants mauriciens qui craignent que leur contrat ne soit terminé de manière brutale?. Il parle aussi d?un ?manque d?expérience et d?expertise à Rodrigues pour la bonne gestion de l?éducation secondaire?.
?L?argument du ministre a l?effet qu?il manque de compétences dans l?île, peut-on lire dans le communiqué, est ressenti comme une grosse insulte à l?intelligence rodriguaise et les Rodriguais se sentent rabaissés.? La fédération reconnaît que le progrès dans l?éducation rodriguaise a été réalisé par des enseignants rodriguais et mauriciens. ?Mais c?est dommage que le ministre ait ramené le débat à ce niveau de ségrégation du corps d?enseignant à Rodrigues.?
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