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Rentrée : entre l?anticipation des élèves et la frustration des profs?

7 janvier 2008, 00:00

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Après les fêtes, l?école. Alors que les adolescents plus rodés sont déjà habitués à l?environnement des «grands» du secondaire, les «ti form I» se préparent à la découverte. Mais pour le corps enseignant, ce sera une tout autre histoire?

Préparatifs pour la rentrée, achats de matériel scolaire? La plupart des élèves sont déjà dans l?attente pour cette nouvelle année scolaire qui commence. Mais du côté du corps enseignant, l?ambiance est plus morose.

Chez les collèges privés, les réflexions tournent autour de la fermeture éventuelle de certains établissements. Trois noms sont déjà évoqués pour une fermeture prochaine, notamment à Rivière-des-Anguilles et à Rose-Belle.

«Notre plus grande préoccupation, c?est la fermeture des collèges privés», soutient Yahya Paraouty, président de l?Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE). Le syndicaliste insiste aussi sur un manque de communication avec le ministère de l?Education. «On n?a pas eu de rencontre avec le ministère pour planifier la rentrée. D?habitude, il y a une réunion», poursuit Yahya Paraouty.

Autre tranche d?âge, autres soucis. A 11 ans, la préoccupation majeure de Naziah Emamaullee est de préparer ses affaires en vue de la rentrée. Sac à dos griffé, plumier à l?effigie d?une poupée bien connue, rien n?a été laissé au hasard. «Avec ma maman, on a acheté mes affaires d?école et mes chaussures. C?est moi qui ai choisi», souligne Naziah. Sa mère Shamimah reconnaît que la rentrée représente aussi des dépenses importantes. Pour chacun de ses trois enfants, elle a dû débourser entre Rs 4 500 et Rs 5 000 pour livres, uniformes, matériel scolaire et autres.

Pour Naziah, la rentrée n?est pas synonyme de changement drastique : elle passe de l?école primaire Dr Onesipho Beaugeard à la State Secondary School (SSS) de Colline Monneron. Les deux institutions se trouvent sur la même rue. «J?ai une amie, Kimberley, qui va aussi à la même école que moi», confie Naziah, qui n?a «pas peur d?aller chez les grands».

<B>«J?ai hâte de voir comment c?est..»</B>

Même sentiment chez Frédéric Sookahet, qui, du haut de ses onze ans, est aussi grand que sa mère. «Moi, je vais aller au collège St-Andrew?s», explique Frédéric. A ses pieds, ses nouvelles baskets achetées en Malaisie. Mais il n?a pu attendre la rentrée pour les porter... Ses affaires sont toutefois déjà prêtes. «Il a déjà tous ses livres, sauf un livre pour l?agriculture, qui n?est pas encore arrivé, et un livre de littérature anglaise, qui sera fixé à la rentrée», explique la maman de Frédéric, Brigitte. La mère dit aussi apprécier la discipline qu?il y aura au collège. Piercings, gels dans les cheveux, entre autres, y sont en effet interdits.

Alexandre Donat aura, peut-être, lui aussi à avoir un petit changement de look. Au-delà de sa coupe somme toute classique, une mèche de plus de vingt centimètres de long prend naissance au niveau de sa nuque. «J?ai commencé à laisser pousser mes cheveux depuis la seconde», se rappelle ce jeune garçon de onze ans. «Mais s?il le faudra, je les couperai», poursuit-il. A partir de mercredi, il fréquentera le collège Royal de Port-Louis. «J?ai hâte de voir comment c?est à l?intérieur», souligne-t-il. Ses parents attendent pour leur part que les livres prescrits soient disponibles. Il leur en manque environ la moitié.

Les enseignants, eux, n?ont pas que ce seul souci en tête. Jugdish Lollbeeharry, leader du Ralliement des démocrates, estime qu?une des zones d?ombre majeures a trait aux transferts des enseignants. «Je le dis formellement. Il y a eu des enseignants qui sont sortis des star schools, qui ont fait un an dans une autre école, pour aller de nouveau, là, dans une star school», soutient Jugdish Lollbeeharry. Selon lui, il existe une frustration latente chez les enseignants. «C?est de la partisanerie et les professeurs sont mécontents», affirme ce syndicaliste qui explique aussi que l?obligation pour les Deputy Head Teachers de se rendre à l?école durant les récentes vacances a aussi créé une frustration.

Une éventuelle abolition de la promotion à ce poste a aussi contribué à ce sentiment de frustration. Dans une lettre ouverte, Suttyhudeo Tengur, leader de la Government Hindi Teachers? Union, a protesté contre cet éventuel changement.

Il évoque aussi certains problèmes au niveau de l?infrastructure. «On a déjà fait des demandes pour le remplacement des nacos (shutters), par exemple, et rien n?a été fait.»

Un manque au niveau des professeurs employés sur contrat est aussi à prévoir, selon Jugdish Lollbeeharry. «Selon mes informations, il y aura ce manque particulièrement en ce qui concerne les langues orientales, notamment pour l?hindi», confie-t-il. Il soutient aussi que le même problème s?était posé en 2007.

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