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REGGAE DONN SA FESTIVAL
Démarrage en fanfare avec le groupe Natir de Samarel, les spécialistes du reggae made in Mauritius. Leurs meilleurs titres pour se mettre dans l?ambiance. Percussions qui swinguent, cuivres qui sonnent, la mèche parfaite d?un feu d?artifice annoncé. L?orchestre reste en place pour accueillir Tian Corentin et les Black OS.
Le seggaeman de Roche Bois nous avait prévenus, il donnerait de la full vibe dès le départ des festivités. Sitôt dit, sitôt fait. Le public l?accompagne dans ses évasions seggae.
L?atmosphère, redouble d?intensité. Pas de chaleur car «enn zoli ti la pli», fait son entrée. Alors on se réchauffe vite en quelques pas de danses.Le premier feu d?artifice arrive avec la nuit. Les Ottentik Street Brothers, au grand complet et leur ragga muffin embrasent le public qui sautille de plus en plus et lev la main la haut. Les héros se nomment OSB, Master Kool B, Dagger Killa, Blakkayo et le retour de Ti Kenzo. Tout simplement explosif.
Sur la scène, les quatre compères de Plaisance débordent d?énergie. A mi-chemin du Festival, le public sous la pluie se réchauffe au son de la musique.
Bruno Raya, de OSB, restera sur scène après le départ de ses camarades pour annoncer l?arrivée «l?homme qu?on appelle Daddy Mory » et pour annoncer, le 26 décembre, la venue d?un groupe de légende, The Wailers.
OSB et Live?n?Direk Ent. poursuivent sagement mais sûrement leur chemin en tant qu?organisateurs de bombes musicales à Maurice.
En parlant de bombe, le public a goûté à l?effet Daddy Mory on scene. L?homme si paisible rencontré à Radio One la veille, se transforme en furie dévouée au sound. Bête de scène annoncée, monstre scénique confirmé. Il chante, danse, discute, conseille. Des textes enflammés qu?il déclame avec rage, sur la brutalité policière, le sida, la mort.
A «l?heure du Dance Hall», il dit et redit que c?est la première fois qu?il vient à Maurice, mais pas la dernière et rend hommage à Kaya.
Il plonge pour un bain de foule et continue de chanter, encore plus fort, encore plus passionné au beau milieu des fans.
La nuit est déjà bien avancée et le concert se déroule à merveille. Il ne pleut plus et les bonnes vibes roots se faufilent tranquillement dans la foule. Dans le public, on a beaucoup dansé, chanté, bougé bougé et encore assez de réserve pour le bouquet final. Tout le monde attend Pierpoljak avec une seule idée en tête, se remettre à danser.
Mais c?est d?abord Bogin Taya qui vient faire le show. Le jeune chanteur reggae arrive sur scène avec peu d?entrain, un peu seul, un peu mince pour le superbe plateau.
Il manque d?expérience, d?assurance et ça casse l?ambiance. Après 5 heures de faya, à danser comme des dingues, le coup de fatigue sévit.
Pierpoljak débarque enfin. Il est rayonnant, imposant. Pierpoljak, qu?est-ce que tu fais là ? Il tend le micro au public qui continue la chanson.
Mais on arrête tout. Pierpoljak a un message à passer. Il ne tient pas en place, il parle, parle encore, mais ne chante toujours pas. Il fait de plus ou moins beaux discours, livre ses combats, ses détresses. Une introduction étrange. On attend longtemps avant de le voir enfin entonner Un hiver au soleil, puis Dépareillé. Au niveau de l?organisation, tout est bien qui finit bien. Le concert a commencé dans les temps pour se terminer à l?heure, sans autre dérangement qu?un embouteillage à la sortie du stade. Ce sont les aléas du succès.
FAUSSES NOTES
On se serait volontiers passé d?une apologie répétée du gandia. Dans une chanson, passe encore, dans un sous-entendu, passe encore, en plaisantant, passe encore. Mais dire qu?on aime en fumer, le répéter, le chanter, encore, ne passe plus du tout. C?est dommage et inutile.
Dans la même lignée, on se demande bien pourquoi les services de sécurité ont mis tant de zèle à empêcher le public d?entrer avec une bouteille d?eau, si c?est pour laisser passer tout le reste.
Par ailleurs, à la suite des «réactions malheureuses à l?Assemblée Nationale au sujet du Festival Reggae Donn Sa», Live N Direk Entertainment a tenu à s?expliquer. «En tant qu?Event management Agency et Entertainment producers, nous nous sommes toujours refusés à entrer dans le jeu des politiques et à ce titre aucun artiste du label OSB Co. Ltd n?a été autorisé à se produire lors des récentes manifestations électorales. Lors du Festival Reggae Donn Sa nous avons sollicité l?aide des différents ministères qui pouvaient nous aider. De là à parler de malversations et de passes droit à l?aéroport et de gandia... circulating, freely available nous croyons que c?est trop gros pour que nous restions assis là à regarder une tentative de récupération politique de cet événement culturel.?
OSB tient à préciser certaines choses. ?Il est £facile aujourd?hui de jouer avec la sensibilité des gens pour essayer de gêner l?adversaire mais attention, et ici cette mise en garde s?applique à tous les politiques, arrêtez de nous prendre pour des idiots».
En dehors de ces questions, l?on a pu aussi trouvé d?autres fausses notes pendant le Festival. Pas mal de ratés techniques malgré un ensemble, somme toute, réussi. Ce n?est d?ailleurs pas ces quelques problèmes qui ont arrêté les artistes.
D?autres problèmes de micro ou de sono titilleront bien les oreilles du public mais n?entameront heureusement et finalement pas le bonheur d?assister au concert. Et dernière fausse note (promis), à une certaine partie du public, qui est arrivée en retard, dans l?espoir de ne voir que Daddy Mory et Pierpoljak en faisant l?impasse sur les artistes locaux. C?est aussi dommage, car ils méritent tout autant d?admiration et de soutien.
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