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Refus de ratifier l?élection de W. Grenouille au Welfare Fund

6 février 2008, 20:00

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L?Ex-Servicemen?s Welfare Fund Committee, présidé par le major Jean de Boucherville Baissac, ne tarde guère à mettre en chantier divers projets pour aider les anciens combattants à s?insérer dans la société mauricienne. Il met sur pied un centre de réhabilitation et crée une ferme modèle, du nom de Montebello, à Sorèze. De nombreux anciens combattants y trouvent de l?emploi. France Domingo la qualifie de «première forme industrielle à Maurice». Cela est quelque peu exagéré car il ne tient pas compte de la BAT qui opère déjà à Port-Louis Nord, des nombreuses distilleries de rhum avant leur centralisation sous l?enseigne Goodwill, des fabriques d?allumettes, des conserves d?ananas d?avant-guerre.

L?on sait peu de chose sur cette ferme modèle de Montebello, à commencer par l?origine de ce nom à résonance italienne. Nom inconnu au répertoire des domaines sucriers recensés par l?éminent historien Guy Rouillard. Tout comme Sorèze d?ailleurs. Domingo semble insinuer qu?on donne le nom de Montebello à cette ferme modèle. Si l?on prête des origines militaires et italiennes à la ferme-modèle de Montebello, nous avons le choix entre un lieudit Montebello di Casteggio, bourg italien au sud de Pavie (Tout est perdu, fors l?horreur) ville située entre Milan et Gênes. Les Français y furent deux fois vainqueurs des Autrichiens, d?abord, le 9 juin 1800, peu de jours donc avant Marengo. Ils étaient sous les ordres de Lannes qui devient par la suite duc de Montebello. Le 20 mai 1859, les Français récidivent, sous les ordres cette fois du général Forey. L?autre Montebello se trouve sur la route reliant Padoue et Vérone. Le 12 novembre 1796, les Autrichiens repoussent les Français qui prennent leur revanche, sous les ordres de Masséna, le 2 novembre 1805. Il est difficile de trouver, dans ces victoires françaises, un quelconque justificatif toponymique au choix sorézien de Montebello. A moins que, dans l?italien créolisé, parlé par nos pionniers de retour de guerre et voulant épater la galerie, l?ont ait voulu parler de la belle montée, menant à la Montagne Orry.

En 1958, le capitaine S. Panchoo, Willy Grenouille et d?autres anciens combattants fondent l?Ex-Eight Army and OES Association. L?objectif est de créer des ateliers où pourront travailler les artisans, spécialisés dans les différents métiers. L?on espérait qu?ils pourraient obtenir la préférence du gouvernement en matière de chaussures et d?uniformes. De même, d?anciens combattants demandent au gouvernement de leur confier le débarquement des marchandises importées par lui.

Cette initiative n?ayant pas donné les résultats escomptés, ses promoteurs rectifient leur tir et décident de faire pression pour pouvoir siéger au sein de l?Ex-Service Association qui seule peut déléguer des représentants au sein de l?Ex-Servicemen?s Welfare Fund. Ils parviennent à faire élire Panchoo, Grenouille et Frank Lailvaux. De là, ils passent à une autre phase et obtiennent que Willy Grenouille siège au sein du Welfare Fund. Ils ne sont pas au bout de leur peine pour autant car le gouverneur refuse de ratifier le choix de Willy Grenouille. Le découragement est alors total d?autant plus que Willy Grenouille choisit, en 1959, de s?établir en Grande-Bretagne. Les anciens combattants comprennent ne pas pouvoir compter sur l?aide du gouvernement mauricien. Domingo déplore aussi certaines procédures peu démocratiques en vigueur au sein de l?Ex-Service Association of Mauritius.

En 1973, le gouvernement travailliste parachève la nationalisation de la loterie des billets verts, mise sur pied au départ pour venir en aide aux anciens combattants. Il nomme dorénavant cinq des membres du Welfare Fund dont trois parlementaires. L?Ex-Service Association en nomme quatre et la Royal Pionneers Corps Association le dixième. Depuis 1977, les associations d?anciens combattants, la Merchant Navy Club et la Croix Rouge doivent se contenter de miettes que lui laisse un gouvernement travailliste de plus en plus insatiable.

En 1971, c?est au tour de France Domingo de s?établir en Grande-Bretagne. Il sera de retour en 1982 et reprend, bien sûr, son combat en faveur des anciens combattants. Certains d?entre eux doivent subsister, en 1982, avec une pension mensuelle de Rs 75/Rs 100. Ils doivent de plus soumettre périodiquement des certificats médicaux. En 1982, la loterie verte rapporte mensuellement Rs 2,4 m. au gouvernement. De cette somme, il n?accorde que Rs 150 000 aux anciens combattants, au Merchant Navy Club et à la Croix Rouge.

Domingo soumet une pétition, en août 1982, au nouveau gouvernement MMM-PSM. Celui-ci lui fait savoir qu?il nomme Armoogum Parsuramen, Mathieu Laclé, France Félicité (députés), Soopramanien (ancien secrétaire financier) et Umanee (ancien chef inspecteur des écoles) au Welfare Fund. Parsuramen s?adresse au haut commissaire anglais à Maurice, Allan, lui demandant si Londres ne pourrait pas faire un geste en faveur des anciens combattants.

Nos anciens combattants n?ont plus qu?à attendre qu?on veuille bien améliorer leur sort. Plus exactement : continuer à attendre.

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