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Journée mondiale de l’environnement
Reverdir Maurice : une solution, des conditions
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Journée mondiale de l’environnement
Reverdir Maurice : une solution, des conditions
■ Depuis 2011, FORENA, avec l’appui du UNDP-GEF SGP, mène à La Citadelle un projet qui a permis de planter plus de 6 000 arbres. Hier, 250 plantes ont été mises en terre. Photo: Sumeet Mudhoo.
La Journée mondiale de l’environnement 2026 intervient dans un contexte où la crise climatique devient de plus en plus tangible. Face à cette situation, les initiatives foisonnent : développement des énergies renouvelables, restauration des écosystèmes ou encore projets de reboisement. Une action en particulier retient l’attention par sa simplicité : le tree planting.
«Davantage de verdure améliore le cadre de vie, influence les températures ainsi que les microclimats et apporte plus de fraîcheur», fait ressortir l’écologue Vincent Florens. Les arbres contribuent également à la séquestration du carbone, favorisent la présence d’insectes utiles à la pollinisation et participent au maintien des écosystèmes. «Planter aujourd’hui, c’est avoir des arbres dans plusieurs années», ajoute-t-il.
Toutefois, l’écologue insiste sur un point essentiel. «Il faut savoir quelle espèce planter et où la planter.» Chaque plante possède en effet des besoins écologiques et climatiques spécifiques, souvent ignorés par manque de connaissances. «Les gens vont dans des pépinières et plantent sans poser de questions», observe-t-il, alors que certaines espèces peuvent mal s’adapter au climat.
Les projets
Vincent Florens met en garde contre certaines espèces exotiques. «Elles peuvent causer des dégâts, notamment lors des cyclones, elles sont plus fragiles et parfois très consommatrices d’eau, ce qui peut assécher les sols et augmenter les risques d’incendie. Les espèces envahissantes menacent aussi la biodiversité locale», prévient-il. Les plantes indigènes, au contraire, sont plus adaptées aux conditions locales. «Elles sont plus solides, économes en eau, poussent plus lentement mais sûrement. C’est le patrimoine du pays. Planter, c’est bien, mais bien planter, c’est mieux.»
C’est dans ce contexte que se développent plusieurs projets de tree planting, portés par des acteurs publics, privés et associatifs, avec l’ambition de renforcer la couverture végétale et de contribuer, à leur échelle, à l’atténuation des émissions. Depuis 2011, la Fondation Ressources et Nature (FORENA), avec l’appui du United Nations Development Programme – Global Environment Facility – Small Grants Programme (UNDP-GEF SGP) mène un projet de restauration par agroforesterie sur le site de La Citadelle, à Port-Louis. Ce terrain aride et difficile, longtemps marqué par des sols secs et une végétation clairsemée, est progressivement transformé en un espace où la forêt endémique reprend vie. L’initiative vise à protéger la faune et la flore locales, tout en contribuant à l’objectif de réduire la température de la capitale de 2°C.
À ce jour, plus de 6 000 arbres ont été plantés sur huit hectares. Ce projet est le fruit d’une coopération exemplaire entre ONG, municipalité, ministères, institutions, ambassades et secteur privé. Chacun a apporté son expertise et ses ressources. Parmi les espèces introduites, certaines commencent à se diffuser par elles-mêmes, signe de la vitalité retrouvée du site. On compte le bois de reinette, le bois de rat, le vétiver, l’hibiscus, le bois chandelle, le bois mapou, entre autres.
Des coupe-feu ont aussi été installés avec l’aide des pompiers pour protéger la zone contre les incendies. En parallèle, des méthodes de préservation du sol ont été mises en place afin de maintenir l’humidité et de favoriser l’enracinement durable des jeunes plants. Hier encore, 250 plantes ont été mises en terre à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement par FORENA en collaboration avec le Rotary Club de Port-Louis La Citadelle, Action Against Global Warming et An Angel.
Les plantes introduites proviennent de plusieurs pépinières. Certaines sont issues de programmes menés dans les prisons, où la culture de plantes endémiques contribue à la réinsertion des détenus. Dautres proviennent d’un roof-top nursery installé dans une école secondaire à Plaine-Verte, qui sensibilise les jeunes à la préservation de la biodiversité.
Autre projet, le «One Million Trees Project – 2030», porté par le Rotary Club de Rose-Belle, vise à planter un million d’arbres sur le territoire d’ici 2030. Lancée le 5 juin 2016, cette initiative cherche à encourager chaque habitant à planter au moins un arbre afin de contribuer à la protection de l’environnement, favoriser la cohésion sociale à travers une action collective, embellir l’île dans une logique de développement durable et de promotion de l’écotourisme, lutter contre la déforestation, ainsi que créer des opportunités économiques durables liées aux arbres, notamment la production de fruits et de nourriture pour animaux.
Selon Chintu Sarrop, Immediate Past President du Rotary Club de Rose-Belle depuis 2018, le projet suit un rythme de plantation progressif, accompagné d’un suivi et d’un entretien régulier des plants. «Nous sommes actuellement à environ 8 000 à 9 000 plantes, notamment des espèces endémiques. Nous effectuons continuellement des demandes auprès des conseils de district et des municipalités afin d’obtenir les autorisations nécessaires pour la mise en terre des plantes», explique-t-il. Plusieurs sites stratégiques ont été identifiés, notamment des parcours de santé et, prochainement, la prison de Beau-Bassin.
Dans le même esprit, une activité de plantation de micro-forêt s’est tenue le 23 mai à Grand-Baie par Action for Environment Protection and Tiny Forest Mauritius. Environ 300 plantes endémiques et indigènes y ont été mises en terre. Il s’agit de la 30e microforêt aménagée à travers 18 sites du pays. Au total, le projet couvre 4 277 m² et compte 12 925 plantes appartenant à 119 espèces endémiques et indigènes.
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