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Budget 2026-2027
Septembre fiscal : un bol d’air frais pour 81 % des salariés mauriciens ?
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Budget 2026-2027
Septembre fiscal : un bol d’air frais pour 81 % des salariés mauriciens ?
Lorsque les contribuables mauriciens rempliront leur déclaration d’impôt en septembre, un grand nombre d’entre eux découvriront les effets des mesures annoncées dans le premier Budget de l’Alliance du Changement. Pour quelque 81% des salariés, ce rendez-vous annuel avec le fisc pourrait cette fois se traduire par une bonne nouvelle : ils ne paieront tout simplement plus d’Income Tax.
Le changement majeur réside dans le relèvement du seuil d’exemption fiscale de Rs 390 000 à Rs 500 000 par an, soit une augmentation de Rs 110 000 ou 28%. Selon les estimations budgétaires, près de 44 000 contribuables sortiront ainsi complètement du filet fiscal tandis que 75 000 autres verront leur facture fiscale diminuer.
Au-delà des chiffres, cette réforme met en lumière une réalité économique souvent occultée : si 81 % des salariés ne paient plus d’impôt sur le revenu, c’est aussi parce qu’une très large majorité de travailleurs mauriciens perçoivent des revenus relativement modestes.
Selon les spécialistes, les effets de cette mesure pourraient même être plus importants qu’il n’y paraît. Avec les déductions personnelles et les différentes exonérations existantes, des salariés percevant jusqu’à Rs 50 000 par mois pourraient, dans certains cas, se retrouver totalement exonérés d’impôt.
Plus de revenus disponibles
«Il faudra attendre les déclarations de septembre pour connaître le nombre précis de contribuables concernés, mais un bon nombre de salariés gagnant entre Rs 38 000 et Rs 50 000 mensuellement pourraient effectivement ne plus payer d’impôt», explique Fazeel Soyfoo, Tax Partner chez Andersen Mauritius.
Pour ces ménages, l’impact n’est pas sans importance. Chaque roupie économisée représente un revenu disponible supplémentaire qui pourra être consacré aux dépenses essentielles ou à l’épargne.
Cette question du «disposable income» est aujourd’hui au cœur des préoccupations économiques des familles mauriciennes. Depuis plusieurs années, les ménages sont confrontés à une hausse soutenue des prix de l’alimentation, des loyers, des services et des coûts liés à l’éducation ou à la santé. Même si l’inflations’est stabilisée l’année dernière, le niveau général des prix demeure toujours élevé et continue de peser sur les budgets familiaux. Le pire est à venir avec des pressions inflationnistes dans le sillage de la crise énergétique.
C’est particulièrement vrai pour la classe moyenne. Longtemps considérée comme le pilier de la stabilité économique et sociale du pays, elle a progressivement vu son pouvoir d’achat s’éroder. Trop «riche» pour bénéficier pleinement des aides sociales destinées aux catégories les plus vulnérables, mais loin de disposer du confort financier des ménages les plus aisés, elle est souvent prise en tenaille entre les deux extrêmes de l’échelle des revenus.
Cette catégorie supporte également une grande partie des charges liées au logement, aux études des enfants, aux remboursements de prêts immobiliers ou encore aux dépenses liées à une voiture en leasing. Pour beaucoup de familles, le sentiment dominant est celui d’un appauvrissement progressif malgré des revenus en apparence corrects.
Dans ce contexte, la baisse de la pression fiscale constitue une forme de respiration. Elle ne transformera pas radicalement la situation financière des ménages concernés, mais elle pourrait contribuer à desserrer quelque peu l’étau qui se resserre sur leur budget depuis plusieurs années.
Pour autant, la réforme fiscale ne résout pas tout. Les économistes soulignent que le véritable défi demeure celui de la progression des revenus réels. Une réduction de l’impôt améliore certes le revenu disponible, mais elle ne compense pas entièrement les pertes de pouvoir d’achat accumulées sous l’effet de l’inflation. Par ailleurs, le fait que seulement environ 10 5000 contribuables continueront à payer l’Income Tax après l’application des nouvelles mesures soulève aussi des questions sur l’élargissement futur de l’assiette fiscale et sur la capacité de l’État à financer ses dépenses sociales sans accroître davantage son endettement.
À court terme cependant, le message envoyé aux ménages est clair. Lorsque viendra le moment de remplir les déclarations fiscales, des dizaines de milliers de salariés constateront qu’ils conserveront une plus grande part de leurs revenus.
Pour une classe moyenne qui a souvent eu le sentiment d’être la grande oubliée des politiques publiques, ce ne sera peut-être pas une révolution, mais certainement un début de soulagement. Un peu plus d’argent dans les poches, un peu plus de revenu disponible et, pour certains foyers, l’impression que l’effort fiscal commence enfin à être mieux partagé.
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