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Redécouvrir le Blue Penny
On croyait que tout avait été dit sur le trésor bleu. Que l?erreur humaine (celle de Joseph Barnard) qui a transformé ?Post Paid? en ?Post Office? avait depuis longtemps été répertoriée, classée et commentée par les philatélistes.
C?était sans compter avec le coup d??il de Helen Morgan. Chercheur à l?université de Melbourne, en Australie, elle publie Blue Mauritius, The hunt for the world?s most valuable stamps. L?ouvrage a été lancé vendredi au Blue Penny Museum.
L?intérêt de ses recherches (qui l?ont menée à Bordeaux, Londres et Singapour), c?est justement qu?elle évite de ne s?adresser qu?au public de spécialistes. Aux ?Faits philatéliques qui sont souvent arides? - c?est d?ailleurs le titre de l?un des chapitres du livre, Helen Morgan choisit l?angle humain.
?Quand j?ai annoncé à mon entourage que j?allais à Maurice, la première question qui m?a été posée,? Où est Maurice ??? Helen Morgan y suit son mari, un Mauricien parti étudier en Australie, et qui s?y est installé depuis. ?Nous sommes revenus dans l?île quatre fois. L?idée d?écrire ce livre m?est venue en visitant le musée de la poste.? à l?époque, Helen Morgan pense que cela fera un bon sujet pour une nouvelle. ?L?histoire de ce timbre, qui était très répandue au 19e siècle est maintenant surtout connue des philatélistes avertis.?
Recherches dans les journaux d?époque
Débutent alors ses recherches en 2002. ?En marchant dans les rues de Port-Louis, je me suis demandée ce que cela devait être de recevoir du courrier vers 1847?, année de production du Blue Penny. L?auteur se nourrit des récits de voyages contemporains, dont celui de Nicolas Pike, consul américain à Maurice de 1868 à 1873.
Parmi les autres interrogations d?Helen Morgan : est-ce vrai qu?il y a eu un bal organisé par Lady Elizabeth Ann Gomm, épouse du gouverneur en septembre 1847. Pourquoi est-ce que certaines personnes ont reçu les timbres ? Des réponses que l?auteur a cherché notamment dans les journaux de l?époque.
Une documentation importante qui l?a aussi poussée à s?intéresser aux plaques utilisées pour imprimer les timbres. Des plaques qui ont mystérieusement disparu. Helen Morgan se lance à la poursuite de ?cet homme qui, à Londres, en 1912 a dit qu?il avait les plaques originales en sa possession?.
Défi lancé lors du London Philatelic
Son livre raconte aussi comment le gouvernement mauricien avait commandé une enquête pour établir comment les plaques étaient arrivées en Angleterre 60 ans après leur disparition. ?Comment ces plaques ont pu être vendues demeure toujours une énigme. à ce jour, personne ne sait où elles sont. Il y a des rumeurs qui circulent disant qu?elles sont dans une collection privée. Si elles sont mises en vente un jour, je pense que le gouvernement mauricien devrait venir de l?avant et faire valoir ses droits de propriété.?
A chercher ainsi la vie derrière le papier, Helen Morgan raconte qu?elle a eu la chance de voir six des 26 timbres existants. ?Pour dire si ce sont des vrais ou des faux, il faudrait pouvoir tous les comparer. Je peux vous dire que la prochaine édition du London Philatelic compte lancer un défi à tous les détenteurs de Blue Penny pour en tester l?authenticité. Répondront-ils à l?appel ? Pensez à ceux qui ont payé des millions lors des ventes aux enchères et qui s?aperçoivent qu?ils sont en possession d?un faux.?
Toujours est-il que c?est avec une certaine tendresse que Helen Morgan parle des imitations du Blue Penny. Pour elle, parcequ?ils font partie de l?histoire depuis plus de 100 ans, à ce titre ils ont de la valeur. ?La différence entre les philatélistes et moi, c?est que j?aimerais toujours ces timbres même s?ils sont faux.?
* Le livre ?Blue Mauritius? est disponible au Blue Penny Museum à Rs 900.
HISTOIRE
Blue Penny, de ?two pence? aux millions
■ Imprimés en septembre 1847, le Blue Penny (qui, les puristes apprécieront est de two pence, car le Red Penny est d?une valeur de one penny) est l?un des joyaux de la philatélie. Sa valeur est dûe à deux particularités : d?abord ce sont les premiers timbres de l?empire britannique à être fabriqués hors d?Angleterre et ensuite, une erreur d?impression a transformé le terme usuel de ?Post Paid? en ?Post Office?. Les timbres ont été utilisés par Lady Elizabeth Gomm, l?épouse du gouverneur, pour envoyer des cartes d?invitation à un bal masqué qu?elle a organisé le 30 septembre 1847 à l?hôtel du gouvernement. Trois de la centaine d?enveloppes envoyées existent toujours. Le Blue Penny Museum au Caudan possède deux exemplaires du timbre non oblitérés (c?est-à-dire ne portant aucune marque de la poste) qui sont exposés côte à côte. Ils ont été achetés lors d?une vente aux enchères à Zurich pour la somme de US$ 2, 2 millions.
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