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Recherches dans le Sinaï après les attentats de Charm el Cheikh
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Recherches dans le Sinaï après les attentats de Charm el Cheikh
Les forces de sécurité égyptiennes parcourent le sud du Sinaï à la recherche des membres d?un groupe soupçonné d?avoir perpétré les attentats de ce week-end à Charm el Cheikh, qui ont fait au moins 64 morts.
Les enquêteurs s?intéressent tout particulièrement au lien éventuel entre les attentats de samedi et ceux qui ont frappé en octobre dernier des stations balnéaires du Sinaï, a-t-on appris auprès de sources proches des services de sécurité.Ces sources ont déclaré que l?un des principaux suspects était Youssef Mohamed Sobhi Badran, un bédouin qui pourrait avoir trouvé la mort au volant du véhicule qui a explosé samedi devant l?hôtel Ghazala Gardens. Un haut responsable du ministère de l?Intérieur a cependant estimé qu?il était ?trop tôt pour dire si (ce corps) est bien celui de Youssef Badran?.
Le gouvernement égyptien a imputé les attentats d?octobre à un groupe de bédouins du Sinaï dirigé par un homme d?origine palestinienne habitant dans la ville d?el-Arich, dans le nord du Sinaï, sur la côte. Mardi, des avions ont survolé le sud de la péninsule à la recherche de ?résidus de terrorisme?, selon les termes de l?agence de presse égyptienne MENA.
?Des unités antiterroristes parcourent les vallées et les montagnes du Sinaï (...) à la recherche de fugitifs qui sont probablement impliqués dans les attentats?, écrit l?agence.Le vice-ministre de l?Intérieur, Mohamed Chaaraoui, a démenti l?information véhiculée par les médias selon laquelle six Pakistanais seraient impliqués dans les attentats, rapporte Al Ahram, le quotidien officiel égyptien.
Travailleurs illégaux
Chaaraoui, également chargé de l?enquête, a nié que les autorités étaient à la recherche des six Pakistanais, qui, selon la chaîne de télévision arabe Al Djazira, ont disparu après avoir laissé leurs passeports à la réception d?un hôtel de Charm el Cheikh. Le journal Al Ahram, citant des sources anonymes proches des services de sécurité, évoque des indices permettant d?affirmer que ces Pakistanais étaient en fait des travailleurs illégaux qui ont probablement fui en Israël par des pistes du désert.
L?ambassadeur d?Egypte au Pakistan, Hussein Haridy, a également démenti l?implication de Pakistanais dans les attentats. ?Nous démentons catégoriquement tout lien entre les ressortissants pakistanais et les explosions de Charm el Cheikh?, a-t-il déclaré à Reuters depuis Islamabad. ?En ce qui concerne le Pakistan, nous démentons catégoriquement tout lien. Les investigations se poursuivent concernant d?autres étrangers.?
La police égyptienne a arrêté 175 personnes, pour la plupart des bédouins du Sinaï qui pourraient détenir des informations sur les poseurs de bombes. Au moins trois groupes jugés crédibles ont revendiqué les attentats, qui présentent de fortes similitudes avec ceux qui ont frappé une autre station balnéaire du Sinaï, Taba, en octobre dernier, et qui avaient fait 34 morts, dont plusieurs touristes israéliens.
La police enquête d?ailleurs aussi sur Mohamed Foulaïfel, le frère de l?un des kamikazes de Taba, qui pourrait s?être fait exploser à bord de la voiture piégée qui a frappé l?hôtel Ghazala Gardens samedi dernier.Deux des groupes qui ont revendiqué les attentats se réclament du réseau Al Qaïda. Un autre groupe, jusqu?ici inconnu, se présente comme une organisation basée dans le Sinaï et dénonce le traitement des populations locales par le gouvernement égyptien après les attentats de Taba.
Des associations de défense des droits de l?homme ont signalé que le gouvernement égyptien avait effectivement arrêté quelque 2.500 personnes après les attentats d?octobre et ont fait état de mauvais traitements. Les autorités égyptiennes estiment ce chiffre exagéré et ont déclaré enquêter sur les accusations de torture.Deux autres revendications, jugées peu crédibles, ont également été diffusées.Parmi les 64 victimes des attentats de samedi, se trouvent au moins sept non-Egyptiens, et 14 autres étrangers sont toujours portés disparus.
Cynthia JOHNSTON
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