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Rapport sur le développement humain
Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a lancé son Rapport mondial sur le développement humain 2004, à l'Hôtel Azur de Pointe-Noire, le 10 août dernier, lors du séminaire international de Loango sur l'esclavage, auquel a participé l'historien et chercheur Norbert Benoit.
Pour sa 15ème édition, l'étude fut consacrée cette année principalement au thème de “la liberté culturelle dans un monde diversifié”, considéré comme un des défis “les plus urgents à relever si l'on veut permettre aux individus de s'épanouir et de tirer parti de leur créativité”. Ce rapport a reçu les contributions spéciales des Prix Nobel de la Paix comme Nelson Mandela (1993), John Hume (1998) et Shirin Ebadi (2003), de Hamid Karzai (Président d'Etat islamique transitoire d'Afghanistan) et de Ole Henrick Magga (Président de l'Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones).
Dans l’ensemble, cette étude indépendante examine les aspects des diverses formes d’exclusion auxquelles font face des minorités comme celles d’Afrique et d’Asie, les immigrants dans le monde développé, des aborigènes australiens, des Inuits de l’Arctique ou encore des groupes autochtones en Amérique latine.
Politiques multiculturelles
Ces exclusions sont à l’origine de graves problèmes qui touchent de près l’agenda de la politique internationale comme l’immigration, l’extrémisme prédateur, la loi coutumière et la diversité culturelle. Dès le début de sa préface, Mark Malloch Brown, administrateur du PNUD, souligne qu’“en ces temps où l’idée d’un "choc des cultures" mondial suscite un écho si puissant – et de manière inquiétante – sur toute la planète, il est à nouveau important de trouver des réponses aux vieilles interrogations sur la manière de gérer et d’apaiser au mieux les conflits de langue, de religion, de culture, et d’ethnicité.”
Ce rapport vient détruire la conception générale selon laquelle la diversité culturelle serait une menace pour l’unité de l’Etat en montrant qu’elle est, au contraire, au cœur du développement humain. Il souligne la nécessité des politiques qui «reconnaissent les différences, encouragent la diversité et favorisent les libertés culturelles» pour permettre l’inclusion des individus dans leur société. Dans cette optique, l’édition 2004 défend l’idée que “les Etats doivent prendre l’initiative d’élaborer des politiques multiculturelles conçues pour éviter toute discrimination d’origine culturelle, qu’elle soit religieuse, ethnique ou linguistique”. Chaque individu doit être libre d’appartenir à son groupe ethnique, de pratiquer sa religion et de parler sa langue. La stabilité à l’intérieur d’une démocratie dépend donc d’une politique qui vise à étendre plutôt qu’à supprimer les libertés culturelles.
Cette étude a été menée en cinq parties. Chaque partie constitue un chapitre. Le premier chapitre traite de la liberté culturelle et du développement humain en insistant sur la nécessité de reconnaître la liberté culturelle pour assurer la construction des sociétés humaines. Le chapitre II met l’accent sur les défis lancés à la liberté culturelle dans un monde où près de 900 millions de personnes appartiennent à des groupes qui sont victimes d’une forme d’exclusion culturelle. Ignorer les problèmes liés à la cohabitation ne feront pas disparaître ces questions épineuses.
Indicateurs de classement
Le troisième chapitre montre qu’il est possible de bâtir des démocraties multiculturelles en reconnaissant la différence culturelle. Pour résoudre les dilemmes de l’Etat, il est nécessaire d’avoir des politiques qui garantissent la participation relative des divers groupes culturels et religieux dans les affaires de l’Etat. Le chapitre IV explique la manière de faire face aux mouvements en faveur de la domination culturelle. C’est aussi un des défis importants de ce siècle.
Enfin, le chapitre cinq traite de la mondialisation et du choix culturel. Il préconise l’inclusion des populations autochtones dans un monde globalement intégré. Hormis le premier chapitre, tous les autres traitent en hors textes, diverses questions étroitement liées à la question de diversité et de liberté culturelles.
Des indicateurs mesurant le développement humain, en termes de productivité, d’espérance de vie, de niveau d’éducation, entre autres, sont donnés vers la fin du document. Ces indicateurs classent Maurice en 64ème position, donc dans la catégorie de développement humain moyen, loin derrière les Seychelles qui se trouvent en 35ème position, c’est-à-dire parmi les pays au développement humain élevé. A noter que les 5 premières positions sont occupées respectivement par la Norvège, la Suède, l’Australie, le Canada, et les Pays-Bas, alors que les Etats-Unis se trouvent à la 8ème place, le Japon à la 9ème et la France en 16ème position. L’Afrique du Sud et l’Inde se retrouvent à la 119ème et à la 127ème position respectivement, parmi les pays au développement humain moyen. Selon l’indicateur, parmi les pays en voie de développement, Maurice se trouve au 16ème rang de l’indice de la pauvreté humaine salariale.
Dans l’ensemble, le Rapport mondial sur le développement humain 2004 est une présentation des approches multiculturelles novatrices. Pour toute information complémentaire, rendez-vous sur le site http://hdr.undp.org
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