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Rapport Lefebvre anti-nationalisation du port

20 octobre 2005, 00:00

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Francis Lefebvre, expert des Nations Unies en organisation portuaire, chargé de régler le litige entre la Mauritius Marine Authority (MMA) et les syndicats des employés portuaires, se prononce, dans son rapport, contre toute nationalisation du port. Il recommande que la MMA conserve son rôle de contrôleur et de coordonnateur et laisse à la Consolidated Cargo Services Mauritius Limited (CCSML) la responsabilité de la manutention et de la distribution des marchandises. Il définit le rôle de la MMA. Cette dernière doit exercer les activités de contrôle. Elle doit agir comme un arbitre. Son rôle est de contrôler et non d?exploiter.

M. Lefebvre partage l?avis des experts de l?UNCTAD en faveur du One-Operator-Concept. Depuis 1978, ces derniers recommandent que la MMA loue ses équipements au secteur privé. Celui-ci doit former une seule compagnie devant se charger de toute la manutention portuaire sous le contrôle de la MMA. Le rapport Lefebvre insiste sur la nécessité de répartir les tâches pour assurer le bon fonctionnement du port. Les ports les plus performants du monde sont ceux qui pratiquent le partage des tâches et des responsabilités. Désordre et incurie prévalent, en revanche, dans les ports exploités par un monopole d?Etat ou d?un corps paraétatique. Raison et expérience doivent guider les décisionnaires en l?occurrence. Innover et aller à l?encontre de ce précepte serait ruineux pour l?île Maurice.

L?expert propose la mise en place immédiate d?un système de travail par rotation (shift). Les porte-conteneurs doivent avoir priorité sur tout autre navire. M. Lefebvre insiste sur la priorité à accorder aux porte-conteneurs. Il signale que les 105 navires de ce type, ayant mouillé à Port-Louis en 1979-80, ont subi une attente moyenne de 24.1 heures.

Le rapport Lefebvre est déposé le 3 août 1980. Il fait état d?une nouvelle échelle de salaires et d?une nouvelle classification du travail. Celles-ci sont cependant gelées afin d?éviter un effet boule de neige auprès des autres secteurs professionnels, pouvant entraîner une escalade de revendications salariales et une surenchère syndicale que la situation économique, prévalant, en 1980, ne pourrait supporter. Les syndicats espèrent que le gouvernement de Seewoosagur Ramgoolam consentira à nommer un autre arbitre pour donner satisfaction aux employés portuaires. En octobre 1980, il n?est question que de la nomination d?un comité pour faire le suivi des conflits prévalent dans le port.

Le recours à l?expertise de M. Lefebvre découle des grèves et autres go-slow ayant si souvent paralysé le port à la mi-1979. Les deux assesseurs de M. Lefebvre sont M. R. Requin, Principal Establishment Officer de la MMA et M. Y.K. Young, Accounts Officer. La commission Lefebvre se met au travail le 20 juillet 1980 et termine ses travaux le 3 août suivant. Ses attributions sont d?évaluer les diverses tâches et postes de travail de la MMA, en tenant compte des salaires en vigueur, à Maurice, dans d?autres secteurs, pour des tâches similaires, d?examiner la nécessité d?un système de salaire au rendement afin d?améliorer l?efficience, de recommander les taux de salaire et le quantum à payer pour les heures supplémentaires, d?étudier l?environnement du travail portuaire, de recommander les méthodes pouvant améliorer la productivité, de fixer la date à laquelle les recommandations peuvent être appliquées.

Lefebvre décrit Port Louis comme un magnifique outil, potentiellement de classe internationale. Il rend hommage au gouvernement d?avoir osé investir dans la modernisation de l?infrastructure. Ces investissements massifs ne peuvent être pris en charge par des opérateurs privés ayant le statut de propriétaire des lieux mais celui de locataire pour une durée indéterminée.

Port Louis étant le seul port de Maurice, son importance économique paraît évident.

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