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Ramgoolam veut avancer rapidement sur la réforme électorale

13 mars 2008, 00:00

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Le système électoral a fait son temps. Après de bons et loyaux services, un grand dépoussiérage s?impose. Dans son discours à la nation à l?occasion de la fête de l?Indépendance, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a souligné son «intention de convoquer tous les partis politiques, petits et grands, à s?asseoir ensemble afin de trouver une meilleure formule cette année même».

En 40 ans, Navin Ramgoolam estime que le système électoral existant «finn byen servi nou pei », mais qu?il contient certaines « faiblesses» qui méritent d?être revues et corrigées. «Il est temps de nous appeler Mauriciens. Quand nous sommes en dehors de Maurice, nous disons tous que nous sommes Mauriciens. Pourquoi quand nous sommes dans Maurice ne pouvons-nous pas dire que nous sommes Mauriciens ?» Une manière de dire que l?on ne doit plus se désigner en tant que membre de telle ou telle communauté lors des élections.

Il est toutefois impératif de trouver une formule qui permette à toutes les communautés «d?être représentées au Parlement». Pas question qu?une « section de la population se sente marginalisée». Plusieurs modèles et propositions sont déjà présents sur le plan de travail et «l?heure de prendre une décision est arrivée». Maurice est une «démocratie vivante», mais elle doit être «approfondie». «Penser comme avant n?est pas une option.»

En parallèle à cette grande réforme, le chef du gouvernement souhaite également que la scène politique change son mode opératoire en temps d?élections. Le folklore électoral avec ses «bases», ses affiches et ses agents politiques qui s?affrontent à cause des affiches, a fait son temps. «Il faut changer de mentalité et servir d?exemple.»

«Davantage de justice sociale»

L?unité et la solidarité ont été deux autres thèmes majeurs du discours premier ministériel. La croissance économique est bel et bien présente, estime Navin Ramgoolam, mais cela ne suffit pas. Les fruits de la croissance doivent être distribués équitablement et toucher toutes les couches de la population. «Il ne faudrait pas oublier que nous avons un destin commun, un grand destin.»

Un des défis immédiats qu?il identifie est d?ailleurs «d?assurer davantage de croissance et davantage de justice sociale pour tous les Mauriciens». Et pour permettre cela, une grande solidarité est de vigueur.

Il reconnaît toutefois que le sujet «n?est pas simple», une référence indirecte au débat récent sur le ciblage. «Finn ena boucou déba», et c?est plutôt sain, estime Navin Ramgoolam. «Personne ne détient la vérité. Toutes les réalités doivent être prises en compte.»

Mais, «la politique doit jouer son rôle pour que les fruits de la forte croissance soient distribués efficacement».

La fierté d?être citoyen de ce pays est un autre point qu?il a longuement abordé. Et pour illustrer cela, Navin Ramgoolam a recours à l?histoire. «Personne ne croyait que cette petite île Maurice, perdue dans l?océan Indien, aurait pu avoir un tel avenir.» «Même les experts» prédisaient un destin des plus sombres. Pourtant, Maurice a pu réaliser un véritable «miracle économique».

Regrettant que «parfois les gens aient la mémoire courte», il déplore que l?on oublie trop souvent «kot nou finn sorti et kot nou ete». Pour donner du poids à ce que son parti a représenté pour l?île Maurice post-indépendance, il rappelle que «sur 40 ans, le Parti travailliste a été au pouvoir pendant presque 30 ans». Alors qu?en 1968, le sucre régnait en maître, «aujourd?hui nous avons construit une économie moderne avec plusieurs piliers».

A cette époque, le chômage était de 40 %, il est de 8 % à présent. Idem pour le revenu par tête d?habitant qui était de 200 US$, il y a quatre décennies, alors qu?il est à 6 300 US$ aujourd?hui. «Nou pense li pou 7 000 US$ à la fin de cette année.»

«Bien peu de pays dans le monde» ont su faire aussi bien que Maurice. De nombreuses nations qui disposent de beaucoup de ressources naturelles «pann ressi fer sa ki nou inn fer».

«C?est vrai», reconnaît Navin Ramgoolam, «nous passons par des moments difficiles», mais «cyclone pe pass partou dan le monde». Et d?afficher sa foi dans la population. «Nou enn nation debrouillar», qui pourra passer le cap avec succès.

Tout cela fait que chaque Mauricien doit être fier de son pays. «Nous avons toutes les raisons d?être fiers de notre pays.»

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