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Accord pétrolier Maurice–Inde
Les retombées pour les consommateurs au centre des attentes
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Accord pétrolier Maurice–Inde
Les retombées pour les consommateurs au centre des attentes
■ Pour l’APEC, le succès de cet accord reposera sur la continuité de l’approvisionnement, des conditions commerciales compétitives et la transmission équitable des économies éventuelles aux consommateurs.
Maurice et l’Inde ont franchi, le 20 août, une nouvelle étape dans le renforcement de leur partenariat. Les deux pays ont signé un Memorandum of Understanding (MoU) sur la coopération dans le secteur pétrolier et gazier, ainsi qu’un Sales and Purchase Agreement (SPA) destiné à garantir l’approvisionnement à long terme de l’île en produits pétroliers.
D’une durée de cinq ans, cet accord commercial lie la State Trading Corporation (STC) à Indian Oil Corporation. Le SPA prévoit un approvisionnement structuré à long terme en essence, diesel, carburant d’aviation Jet A1 et Marine Gas Oil. Indian Oil devrait ainsi commencer à approvisionner la STC vers la fin du mois de septembre.
Pour Suttyhudeo Tengur , président de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEC), cet accord intervient à un moment où «les tensions au Moyen-Orient fragilisent les routes maritimes et accentuent les risques sur le fret, l’assurance et la disponibilité des produits pétroliers». Il rappelle que Maurice dépend entièrement des importations pour satisfaire ses besoins annuels, qu’il estime à environ 800 000 tonnes de produits pétroliers blancs. Selon ses chiffres, ce volume comprend 210 000 tonnes d’essence, 230 000 tonnes de gasoil, 310 000 tonnes de Jet A1 et 50000tonnes de gasoil marin. Dans ce contexte, selon lui, «cet accord peut donc renforcer la sécurité énergétique du pays, assurer une plus grande régularité des cargaisons et limiter le recours aux achats d’urgence, souvent plus coûteux». Cette sécurisation des approvisionnements ne signifie toutefois pas que les prix à la pompe baisseront automatiquement, fait-il ressortir. Les primes prévues dans le cadre de l’accord s’ajouteront aux prix internationaux de référence ainsi qu’aux coûts du fret et de l’assurance. «L’accord ne garantit donc pas, à lui seul, une baisse immédiate des prix à la pompe», précise Suttyhudeo Tengur.
Le nouvel accord prévoit également des mécanismes de renégociation. En cas de fin du conflit, Maurice pourra donner un préavis de 30 jours pour revenir à la table des négociations. Une autre fenêtre de négociation est prévue tous les 12mois, avec la possibilité d’adresser un préavis au cours du dixième mois.
Suttyhudeo Tengur se montre en revanche favorable au mécanisme prévoyant un réexamen annuel des primes, ainsi qu’à une révision dans un délai de 30 jours en cas d’évolution du marché. Pour lui, ce mécanisme devra fonctionner équitablement, aussi bien en cas de hausse que de baisse.
Au-delà de la sécurisation des approvisionnements, l’enjeu sera donc également de s’assurer que les conditions commerciales obtenues profitent aux consommateurs. «Le succès de cet accord reposera sur trois résultats : la continuité de l’approvisionnement, des conditions commerciales compétitives et la transmission équitable des économies éventuelles aux consommateurs mauriciens», est d’avis le président de l’APEC. L’impact de l’accord sur les approvisionnements pétroliers restera toutefois à suivre.
Cours du pétrole : le Brent gagne plus de 7% en cinq séances
Les cours du pétrole brut poursuivent leur progression. Hier, alors que les espoirs d’un accord de paix avec l’Iran s’estompaient, le Brent s’est rapproché de la barre des 94 dollars le baril. Selon The Economic Times, le Brent gagnait 4 cents pour s’établir à 93,82 dollars le baril, après une hausse de plus de 2% lors de la séance précédente. Le West Texas Intermediate (WTI), autre référence du marché pétrolier, reculait pour sa part de 6cents à 86,78dollars le baril, après avoir progressé de 2,3% la veille. Sur les cinq dernières séances, le Brent a gagné plus de 7 %, tandis que le WTI a progressé de plus de 8%. Les deux références ont ainsi atteint leur niveau le plus élevé depuis le 24 juillet, rapporte le journal. Bien que Maurice importe des produits pétroliers raffinés, l’évolution des cours internationaux du pétrole brut reste un indicateur à suivre.
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