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Ramgoolam reprend contact avec Ratsiraka

7 avril 2005, 00:00

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Robin Ghurburrun prend l?avion à destination d?Antananarivo, le 6 avril 1980. Il est porteur d?un message personnel, destiné au président malgache, Didier Ratsiraka. L?objectif de ce voyage du ministre du Plan est de préparer la voie à une normalisation des relations entre Madagascar et Maurice. Les relations mauriciano-malgaches se détériorent au lendemain de la chute du président Philibert Tsiranana, en 1972, et de son remplacement par un gouvernement révolutionnaire et marxiste, tour à tour dirigé par Ramanantsoa, Ratsimandrava et Ratsiraka. Ce dernier légalise les structures révolutionnaires et dirige Madagascar en s?appuyant sur une coalition de plusieurs tendances politiques différentes, réunies autour d?un programme socialiste radical, comprenant des mesures de nationalisation et de malgachisation de l?économie et des structures.

A l?avènement de Ratsiraka, en 1975, les relations entre Port-Louis et Antananarivo se détériorent. Elles s?intensifient en revanche entre le gouvernement malgache et le MMM. En janvier 1977, Ratsiraka reçoit Paul Bérenger. Ils se rencontrent de nouveau en 1980. Il est toujours question des risques de militarisation de l?océan Indien et de l?intervention militaire soviétique en Afghanistan. Ramgoolam, le PTr et la presse travailliste accusent Madagascar d?entraîner des commandos mauriciens pour renverser le gouvernement en place au Port-Louis. A partir d?octobre 1979, ce dernier multiplie les tentatives de rapprochement avec Antananarivo, par l?entremise du chargé d?affaires malgache à Maurice, Désiré Rahoray. En janvier 1980, Kher Jagatsingh invite son homologue malgache à l?Education à visiter Maurice. Les invitations ne sont pas refusées mais elles ne se concrétisent pas. Port-Louis accélère le dégel souhaité, d?où l?envoi de la mission Ghurburrun. Il espère pouvoir rencontrer plusieurs personnalités politiques et même rencontrer Didier Ratsiraka.

Ne quittons pas la région pour accompagner le Roll on Roll off, Mauritius II, qui revient le 5 avril 1980 avec une cargaison de 2 000 tonnes de farine australienne. Les autorités maritimes ont dû affréter la nouvelle acquisition de l?Etat mauricien car les navires australiens refusent de faire escale dans ?le port le plus moderne d?Afrique et d?Asie? en raison de l?attente excessivement longue imposée aux navires. Cette menace pesant sur l?approvisionnement en farine risque fort de s?étendre au riz. La situation s?améliore toutefois avec la mise en place graduelle du chargement du sucre en vrac.

Quittons à présent la région pour rappeler les tentatives de Sérix Ltd de s?implanter à l?étranger. En cas de succès, cette entreprise, déjà détentrice du trophée de l?exportation de la CCI, pourrait doubler sa production. Des produits semi-finis quitteraient alors Maurice pour être terminés à l?étranger, là où Sérix négocie un gros contrat de vente. Ce projet bute cependant sur des problèmes de fret. Sérix produit des articles de plage, tels que paréos et caftans. Si son projet aboutit, cette entreprise pourrait quitter le complexe industriel de Plaine Lauzun pour celui de Coromandel où elle pourrait disposer de locaux plus vastes.

Dans le secteur de l?énergie, il est question de la nécessité d?effectuer des recherches géothermiques. C?est du moins le point de vue de M. H. Unmole de l?université. Les réserves pétrolières mondiales ne peuvent que baisser. D?autres sources d?énergie renouvelée comme le vent, les vagues, le soleil, ne parviennent pas à prouver leur rentabilité commerciale. Le nucléaire apparaît toujours hasardeux. L?exploitation de l?énergie géothermique nécessite de gros moyens financiers au départ mais se révèle moins chère à la longue. Il s?agit d?exploiter la chaleur naturelle de la sphère terrestre, sachant que la température s?élève d?un degré Celsius centigrade tous les 33 mètres à partir de la couche supérieure. Des pays du tiers-monde ont déjà obtenu des aides internationales dans ce sens. Des champs d?énergie géothermique sont déjà exploités en Amérique, au Japon, en URSS, en Nouvelle Zélande.

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