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Ramgoolam accule le PM
La Banque de Maurice et le Premier ministre ne peuvent plus se taire. Les accusations proférées à visage découvert par le leader de l?opposition à l?encontre de la Mauritius Commercial Bank (MCB) et de la Banque centrale sont trop graves pour demeurer sans réponse. Au-delà de la fraude alléguée de Rs 1,5 milliard qu?a brandie, cette semaine, Navin Ramgoolam , il y va de la crédibilité de notre système bancaire.
Le leader de l?opposition affirme que la MCB n?a pas tout dit en reconnaissant le détournement de Rs 880 millions effectué à partir des dépôts du Fonds national de pension (NPF). Il parle de l?existence d?autres irrégularités touchant pas moins de 16 comptes pour un montant total de Rs 1,5 milliard.
Alors que l?on s?attendait que la Banque de Maurice (BoM) précise ce qu?il en est, le communiqué qu?elle a émis le 3 mars répond à côté et ne réfute pas directement les questions soulevées par Navin Ramgoolam. A tel point que l?on est en droit de se demander si la BoM ne tente pas de noyer le poisson. Elle se contente de préciser qu?aucune irrégularité n?a été décélée après la soumission du rapport Nicky Tan.
Or, dans ses allégations réitérées vendredi, le leader de l?opposition parle de « substantial and significant irregular and fraudulent transactions» autres que la fraude massive sur les placements du NPF, sans dire si elles ont eu lieu avant ou après le dépôt du rapport de Nicky Tan au début de février 2004.
Après avoir évoqué la question, mardi, sous le couvert de l?immunité parlementaire, et insisté vainement pour que le chef du gouvernement divulgue le contenu du rapport de la firme de consultants Nicky Tan sur les malversations des placements du NPF, Navin Ramgoolam est revenu à la charge en fin de semaine.
En guise de réponse, le Premier ministre a invoqué, mardi, les dispositions du Bank of Mauritius Act et du Banking Act pour esquiver les flèches de l?opposition. Une vraie guerre des nerfs !
Navin Ramgoolam, qui pense dur comme fer qu?il tient là un gros morceau, n?en démord pas. Il rebondit vendredi à partir du communiqué de la BoM émis la veille. Le leader de l?opposition maintient qu?il y a eu « tampering of accounts and transfer of funds » de pas moins de 16 déposants de la MCB. Des clients qui, selon lui, n?en ont jamais rien su. Il prend soin de préciser, à la roupie près, le montant de ces irrégularités : Rs 1 516 408 810. Une précision qui risque de lui brûler les doigts, au cas où elle s?avérerait infondée.
A son point de presse, vendredi, le leader du PTr a d?abord trituré la teneur du communiqué de la BoM. Il insinue de plus que l?enquête amorcée par le cabinet NickyTan pour remonter la filière dans le cadre du détournement des placements NPF à la MCB avait été stoppée « on instructions ».
Invité à commenter ces allégations de fraude s?élevant à Rs 1,5 milliard, un responsable de la MCB déclare ne pas savoir «de quoi le leader de l?opposition est en train de parler. Je n?ai pas lu le rapport Nicky Tan et je ne sais pas d?où le leader de l?opposition tient ses renseignements. La seule fraude où un client a été lésé et dont nous avons connaissance est celle concernant le NPF.»
En attendant que les autorités se prononcent sur ses accusations de cover-up à l?égard du Premier ministre et de la BoM, Navin Ramgoolam décide de les interroger par le biais de la presse. Il veut, entre autres, savoir si le dépôt fixe d?un membre du conseil d?administration de la MCB a été tripatouillé et ce, pendant combien de temps. Le leader rouge annonce que « more questions will follow on this mega cover-up ». « Le public a le droit de savoir. »
La parole est plus que jamais à la défense. Car si pareil scandale il y a eu, le bouclier risque de ne pas tenir longtemps? Et les dégâts être considérables?
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