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Ramgoolam : «Il ne faut pas taxer la misère»
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Ramgoolam : «Il ne faut pas taxer la misère»
Sujet de prédilection des travaillistes ces derniers jours, le budget 2005-2006 a, encore une fois, été au centre des critiques hier à Bel-Air devant quelque 500 sympathisants. C?est Rama Sithanen, le responsable du dossier économique au Parti travailliste (PTr) qui a donné le coup d?envoi.
Il a critiqué «l?explosion» de la dette publique et le budget «attrape nigaud». Poursuivant sur un ton sarcastique, Il a déclaré que Paul Bérenger a relancé le chômage à Maurice avant d?affirmer que la croissance économique est «le plus faible de l?histoire du pays.»
Navin Ramgoolam, le leader de l?opposition s?est montré très virulent envers le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth à qui, a-t-il laissé entendre, il aurait lancé un défi. Il s?est longuement appesanti sur le budget qui ne contient, selon lui, que des effets d?annonce. Pour preuve, l?exercice budgétaire, a-t-il assuré, sera «catastrophique» pour les petites et moyennes entreprises (PME).
Sur cette lancée, Navin Ramgoolam a prédit 60 000 prochains chômeurs. «Maurice est devenue un état d?exception dans lequel seule une poignée de gens sont favorisées.» Chacune de ses phrases est ponctuée par les applaudissements nourris d?un auditoire survolté. Dans un coin de la salle, des partisans travaillistes tapent frénétiquement sur des tables, histoire de mettre de l?ambiance.
Le leader de l?opposition a expliqué le souhait du Parti travailliste, c?est-à-dire «donner à tous les Mauriciens la possibilité de prendre part dans la course économique». «Nou bizin don zot ban mezir dakonpagnman pou permet zot termin sa la kours la.» C?est l?allégresse dans l?assistance.
A peine le calme revenu, Navin Ramgoolam devait être bruyamment interrompu par un homme d?une cinquantaine d?années, la tête ceinte d?un bandeau rouge et visiblement ivre, gesticulant et marmonnant des phrases incompréhensibles. Irrité d?avoir été interrompu, le leader du parti a fait signe à des membres proches de l?estrade de le faire sortir avant de reprendre son discours.
Quelques secondes plus tard, rebelote. Cette fois, Navin Ramgoolam n?y est pas passé par quatre chemins. «Kan mo don enn lord, se enn lord : tir li !» Et le fauteur de troubles a été carrément expulsé par les gardes du corps. Enchaînement du leader de l?opposition : «Nou bizin enn larme solda disipline.»
Evoquant l?exemption et la baisse de la taxe sur certains produits, Navin Ramgoolam a estimé qu?elle profitera uniquement aux touristes. «Ils ont enlevé le duty free sur les produits de luxe pour les touristes.» Comme pour illustrer ses propos, le leader de l?opposition a cité le prix du fromage et du riz basmati qui «a augmenté au lieu de baisser»
Lorsque le Parti travailliste était au pouvoir, dit-il, le gouvernement avait, grâce à la TVA, recueilli Rs 5,8 milliards alors que le gouvernement actuel, qui a augmenté la taxe indirecte de 50 %, a obtenu environ Rs 13,4 milliards. « Pas gagn drwa taxe la mizer», a-t-il ajouté devant un auditoire électrique aux drapeaux frénétiques. «Sa gouvernman la inn akimil enn det plis ki Rs 100 000 lor la tet sak morisien. »
Navin Ramgoolam est revenu à la sur l?affaire Mautitius Commercial Bank-National Pension Fund. « J?ai demandé au gouvernement que les consultants de N?Tan reviennent à Maurice pour compléter leur enquête.» Il a rappelé les actions légales prises contre Pravind Jugnauth qui aurait, a-t-il affirmé, cité son nom dans l?affaire Appasamy. «Sa fwa la, mwa ki finn anvoy enn defi Pravind pou prouve ce ki li fine dir.»
L?alliance gouvernementale, a expliqué Navin Ramgoolam, tente de s?accrocher au pouvoir à mesure que les élections générales approchent. Les élections de cette année, a-t-il prévenu, ne ressembleront à aucune autre. «Na pa badine, nou bizin ou vot pou retourn pouvwar politik dan la min la popilasion.»
Devant une foule enflammée et peu avare de commentaire, le leader de l?opposition devait lancer d?un ton solennel : « Mo ena disan liberater dan mo le kor.» Cette fois, c?est l?euphorie générale chez les partisans sur fond de percussions. Conclusion de Navin Ramgoolam : «Ceux qui ont fait du tort aux travaillistes en subiront les conséquences.»
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