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Ramadan : une rupture du jeûne moins copieuse qu?à l?accoutumée

14 septembre 2007, 20:00

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Ramadan : une rupture du jeûne moins copieuse qu?à l?accoutumée

En temps normal, les cornichons au vinaigre de Mahmoud al Helo s?arrachent dans la bande de Gaza à l?occasion du ramadan, mais cette année, peu de clients peuvent se permettre d?en acheter. Le principal marché de Gaza, où travaille al Helo, ne bruit pas de l?activité coutumière qui marque en principe le début du ramadan, mois au cours duquel les musulmans jeûnent toute la journée avant de se retrouver en famille à la tombée de la nuit autour de soupers copieux et animés.

«Les gens viennent pour regarder, pas pour acheter», témoigne al Helo. «A cette époque, normalement, on voyait des dizaines de gens se presser pour acheter mes produits. Aujourd?hui, comme vous le voyez : personne.»

Chômage élevé, restrictions israéliennes aux frontières pour éviter les attentats des activistes et blocus occidental destiné à asphyxier le Hamas handicapent depuis longtemps l?économie de Gaza. Trois mois après la prise de contrôle du Hamas, la situation a empiré. Les principaux points de passage sont désormais fermés et seules passent les denrées alimentaires de base.

En ce qui concerne les autres marchandises, c?est la pénurie, et les Gazaouis dépendent de plus en plus des aides alimentaires de l?Onu. Les gouvernements occidentaux ont repris leur aide à la Cisjordanie gouvernée par le président palestinien Mahmoud Abbas, mais refusent de négocier avec le Hamas.

«Les conditions n?ont pas été aussi dures depuis des années», estime Mohamed Daloul, qui vend des lanternes que les enfants allument traditionnellement à la tombée de la nuit en période de ramadan.

Cette année, il doit vendre des lanternes de l?année dernière. Le blocus l?a empêché d?en importer de nouvelles d?Egypte et de Chine.

Alors qu?à Gaza, les Palestiniens doivent tirer un trait sur les friandises, amandes et pignons, ceux de Ramallah, capitale économique de la Cisjordanie, préparent leurs festins.

La reprise de l?aide occidentale dans ce territoire contrôlé par le président Mahmoud Abbas a permis de recommencer à verser les salaires des fonctionnaires.

«Les affaires sont très bonnes, comme vous pouvez le voir. Les gens ont de l?argent en ce moment», se réjouit Abou Ahmed, vendeur de riz et de fruits secs dans le centre-ville de Ramallah. «Que n?êtes-vous pas venu me voir à l?époque où les salaires n?étaient pas payés ? Nous aurions pu en parler longuement.»

Les tensions entre Hamas et Fatah se sont étendues à la population, allant jusqu?à diviser les familles. «Les gens n?aiment plus leurs propres frères», déplore Abou al Abed, 55 ans, alors qu?il parcoure le marché de Gaza en pestant contre la hausse des prix due aux pénuries. «Il n?y a plus d?argent, et la situation sociale et politique est préoccupante.»

Tandis qu?en Cisjordanie, le pouvoir politique se prépare à la conférence sur la paix au Proche-Orient qui devrait se tenir en novembre près de Washington, à Gaza, on s?inquiète surtout de l?approvisionnement en électricité et des tensions sociales. De nombreux Palestiniens, de Gaza ou de Cisjordanie, n?ont plus confiance envers les dirigeants politiques, jugés incapables de s?entendre entre eux, et encore plus avec Israël.

«Comment pourrions-nous lutter pour l?indépendance alors que nous nous affrontons les uns les autres ? C?est honteux», s?indigne Mohamed Abou Aouad, fonctionnaire à Djénine, en Cisjordanie.

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