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Rama Sithanen craint la perte d?emplois dans le textile

17 avril 2008, 00:00

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«Nous sommes dans un dilemme. La roupie forte atténue l?inflation mais elle met le secteur de l?exportation dans des difficultés qui pourraient entraîner des situations de faillite et des pertes d?emplois.» C?était en substance, la déclaration de Rama Sithanen, ministre des Finances hier lors d?une session interactive au Rajiv Gandhi Science Centre de Bell-Village. Cette session, dont le thème était «Global Financial Markets- Are we riding for a fall ?», a été animée par Howard Davies, directeur du London School of Economics (LSE).

Le ministre des Finances n?y est pas allé par quatre chemins : la situation de la roupie forte est autant complexe qu?embarrassante. Bien qu?elle atténue l?effet de l?inflation sur le panier de la ménagère, elle provoque l?asphyxie des entreprises d?exportation, grandes pourvoyeuses d?emplois, dont les produits deviennent de moins en moins compétitifs. L?ambiguïté de cette situation a amené Rama Sithanen à évoquer en toute franchise, ses «sleepless nights».

La théorie du gouvernement est que la roupie, qui reflète les fondamentaux de l?économie, doit fluctuer librement. Une roupie forte atténue les effets de l?inflation qui, essentiellement importée, est due à la hausse des prix des matières, des denrées alimentaires et du pétrole sur le marché international.

Mais la roupie forte n?arrange guère les affaires du secteur de l?exportation. Ses produits perdent leur compétitivité face à ceux des concurrents. Les produits, tels le textile et les produits de mer sont devenus du jour au lendemain trop chers pour les clients qui se trouvent à l?extérieur, essentiellement en Europe et aux Etats-Unis.

Pour les exportateurs textiles qui ne sont pas autorisés à augmenter leurs prix au beau milieu d?une saison, conformément à ce qui a été convenu entre les différentes parties, ils doivent supporter d?énormes pertes de change lors de la conversion de leurs devises en roupies.

En outre, en raison de la crise qui sévit dans ces différents pays, l?on assiste à une baisse de la consommation due à une réduction drastique des crédits bancaires. Cette situation affecte les parts de marché acquises par les entreprises d?exportation mauriciennes dans ces différents pays.

Enormes pertes

Les effets conjugués de la perte de compétitivité résultant d?une roupie forte et de la baisse de la consommation chez les principaux partenaires commerciaux de Maurice ont un résultat dévastateur sur le secteur des exportations. Les pertes des exportateurs s?évaluent, de décembre à ce jour, à environ trois milliards de roupies selon Georges Chung Tick Kan, le nouveau président de la Mauritius Export Association (MEXA)

Serge Seeneyen, Managing Director de Soniawear, est du même avis. «Le plus gros problème, c?est celui du marché. Les ventes de Soniawear ont baissé de 30 % depuis novembre de l?année dernière, suite aux difficultés financières de nos clients», précise-t-il.

Cette société exporte la totalité de ses produits, notamment des t-shirts, et des pull-overs notamment vers l?Europe, les Etats-Unis. Mais malgré les difficultés, le patron de Soniawear ne baisse pas les bras. «Quand la roupie s?apprécie, il incombe aux opérateurs de prendre les mesures qui s?imposent pour atténuer le problème, réduire les coûts d?opération et être plus efficients. Nous passons par des périodes creuses, mais je suis optimiste. Je compte pouvoir rattraper plus tard ce que je perds en ce moment», lâche-t-il.

Howard Davies, directeur de LSE, estime pour sa part que «la crise des crédits Subprime qui a commencé aux USA pourrait avoir des répercussions dans plusieurs pays à travers le monde». L?économiste britannique a soigneusement expliqué et analysé la situation qui prévaut sur les marchés financiers internationaux. Selon lui, la crise qui sévit aux Etats-Unis, et qui a eu pour point de départ le problème des crédits subprime a affecté, à divers degrés, les économies des pays européens et ses répercussions se sont étendues vers l?Asie.

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