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Ralph Lauren USA : Maurice dans ses petits souliers
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Ralph Lauren USA : Maurice dans ses petits souliers
La venue à Maurice d?un haut responsable de Ralph Lauren USA est un sujet d?inquiétude parmi ceux qui exploitent cette marque à Maurice. Les propriétaires de magasins et d?usines craignent que la présence de David Brown, le Senior Director of Trade Mark Administration de la firme soit le signe précurseur d?une action en cour qui pourrait leur coûter cher. Cependant, interrogé par l?express, David Brown nie toute démarche dans ce sens. ?Je suis ici pour des vacances?, assure-t-il.
Les quelque 300 revendeurs et 50 fabricants de produits Ralph Lauren se veulent néanmoins prudents. Ils se concertent cet après-midi à Curepipe en prévision d?une possible initiative de la firme américaine à leur encontre. L?option la plus crainte serait une demande d?injonction en cour par les Américains pour leur interdire ? ne serait-ce que temporairement ? leurs activités.
Le label Ralph Lauren est au centre de controverses depuis plusieurs années. En 1992, la société Aurdally Brothers fait enregistrer le nom Ralph Lauren, éminemment connu internationalement, comme une marque déposée auprès du contrôleur des douanes (cette tâche incombe désormais au ministère du Commerce).
La marque reste largement inconnue à Maurice jusqu?à ce qu?une autre entreprise, Captain Tasman, obtienne en 1997 une franchise pour l?exploitation du label auprès d?Aurdally Brothers. S?ensuit alors une prolifération de boutiques et d?usines de Ralph Lauren à travers l?île. Les magasins s?implantent surtout dans les zones à haute fréquentation touristique.
Les droits d?exploitation d?Aurdally Brothers arrivent à expiration en 1999. La société fait une demande pour continuer à exploiter la marque. Entre-temps, le label fait l?objet de plusieurs polémiques. Le ministère du Commerce ne donne pas suite à la demande d?Aurdally Brothers et décide, du reste, d?enlever le nom Ralph Lauren de son registre de marques déposées. Estimant que cette décision lui porte préjudice, la société décide de réclamer une compensation de Rs 100 millions à l?Etat. L?affaire suit toujours son cours. Depuis quelques années, Ralph Lauren USA prête un ?il attentif à tout ce remue-ménage. La firme américaine a même dépêché une équipe de haut niveau à Maurice l?année dernière pour rencontrer les différentes parties impliquées.
Ceux qui exploitent le label américain à Maurice craignent que les éventuelles mesures de la maison mère pour assainir le marché leur soient préjudiciables, car ils ont investi gros. ?Nous avons toujours opéré dans la légalité. Imaginons un instant que pour vendre du Coca Cola on doive demander l?autorisation de la maison mère aux Etats-Unis?, explique Beesham Juddoo, porte-parole des exploitants locaux. Selon ce dernier, les boutiques et les usines Ralph Lauren ont créé plus de 6 000 emplois directs et génèrent des devises étrangères.
Un éventuel démantèlement de cette chaîne, dit-il, causerait d?énormes dégâts. À titre d?exemple, selon le porte-parole, le stock de produits Ralph Lauren dans un magasin se chiffre à Rs 3 millions en moyenne. ?Nous voulons rencontrer toutes les parties autour d?une table pour trouver un modus operandi?, souligne Beesham Juddoo.
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