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Ralph Lauren, c?est fini

2 janvier 2005, 00:00

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La chemise est d?un vert criard et arbore ostensiblement le cavalier de Ralph Lauren. Bien pliée et impeccablement rangée, elle ne semble pas avoir attiré la curiosité des clients. Pourtant ils sont là, près d?une centaine, dans ce magasin Regents d?Arsenal. Ils fouillent dans les tas à la recherche d?un vêtement à leur goût. On est le 31 décembre, demain la page des contrefaçons Ralph Lauren sera tournée à Maurice.

Satiam Matapalut, le gérant du magasin, se réjouit de l?effervescence dans le magasin, mais émet de sérieux doutes. «Il est près d?une heure, et en ce moment nous avons environ Rs 1,5 million de stock en magasin. » D?autres ont le même problème. Et avouent ne pas pouvoir écouler leur stock. Chez Evans, c?est une certitude, on n?arrivera pas à tout écouler. «Nous enverrons les vêtements qui resteront en stock dans les pays sinistrés en Asie », lance-t-il dans une boutade.

La plupart des magasins se sont retrouvés avec des invendus vendredi soir. Seuls ceux ayant décidé de brader leurs produits à Rs 100 très vite ont pu s?en sortir. Certains avaient même tout écoulé et donc choisi de fermer boutique ce vendredi. Les autres, surtout ceux des régions côtières fréquentées, n?ont pas cédé à la tentation de la braderie. Conséquence, certains avaient encore la moitié de leurs stocks sur le bras à la fermeture vendredi soir.

Tous appréhendent la réouverture après les fêtes. « Nous allons nous accorder quelques jours de repos, puis nous allons penser à la réouverture, » explique Satiam Matapalut. Pour Regents, la réouverture sera douloureuse, le business emploie 40 personnes et, dans les jours suivant la rentrée, on envisage d?en licencier la moitié. Les licenciements semblent inévitables dans les autres magasins également.

Malgré tout, on pense à l?avenir. Les gérants de magasins estiment, pour la plupart d?entre eux, rester dans le business. La vente aux touristes peut être très lucrative. Le ministère des Finances estime qu?en moyenne Rs 2 milliards de revenus ont été générés par la vente de produits Ralph Lauren à Maurice durant les dernières années.

Mais si on ne vend pas du Ralph Lauren, que vendra-t-on ? Chacun a sa petite idée, Regents table sur sa propre marque Byblos. Elle compte la lancer dans les jours à venir. Evans commercialisera lui des Evans?et des Versace. Jusqu?à ce que la maison italienne se décide à réagir à son tour? « De toute manière, si on commercialise des marques locales, il est certain que nous n?allons pas pouvoir réaliser les mêmes chiffres d?affaires qu?avec Ralph Lauren. C?est la notoriété de la marque qui attire» explique le gérant d?un « magasin d?usine » de Grand-Baie.

La fin de l?histoire était connue. Mais les stocks demeurent dans les magasins et aussi auprès des insaisissables vendeurs de rues. On pourrait ne plus voir de Ralph Lauren dans les magasins, mais il est presque certain qu?on en croise sur les trottoirs de Port-Louis et d?ailleurs.

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