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Radios privées : une réglementation des émissions politiques réclamée

11 octobre 2003, 20:00

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L?alliance Mouvement socialiste militant-Mouvement militant mauricien (MSM-MMM) veut une réglementation pour les émissions politiques qui seront diffusées par les radios privées durant la campagne électorale pour l?élection partielle à Rivière-du-Rempart.

Le secrétaire général du MSM, Nando Bodha, et celui du MMM, Ivan Collendavelloo, ont cette semaine écrit au président de l?Independent Broadcasting Authority (IBA) à ce sujet.

Dans leur correspondance, les secrétaires généraux des deux principaux partenaires de l?alliance gouvernementale demandent à l?IBA de « considérer un nouveau cahier des charges pour assurer la bonne couverture de l?actualité politique dans le cadre de l?élection partielle, par l?opérateur public audiovisuel et les radios privées ».

Les auteurs de la lettre à l?IBA justifient leur démarche en proclamant ce qu?ils affirment être leur volonté de procéder à un élargissement de la démocratie. «Nous avons pris cette initiative dans un souci de consolider la démocratie. Nous voulons que les radios privées puissent jouer pleinement leur rôle », explique Nando Bodha.

Ivan Collendavelloo est plus explicite. « Nous ne pouvons envisager que le mandat de l?alliance MSM-MMM s?accomplisse sans un approfondissement total de la démocratie. Dans ce contexte, il est naturel que l?on s?assure que tous les candidats ont un fair treatment », déclare-t-il.

A la question de savoir si la lettre de l?alliance MSM-MMM ne constitue pas une invitation à l?IBA de s?ingérer dans le quotidien des radios privées, Ivan Collendavelloo répond : « C?est justement ce que nous faisons, car c?est le rôle de l?IBA de s?assurer que les émissions politiques diffusées par les radios privées à partir du Nomination Day ne deviennent pas partisanes. »

Couverture des événements importants

De son côté, le président de l?IBA, Ashok Radhakissoon a pris connaissance de la demande de l?alliance gouvernementale. Il se dit favorable à l?idée d?établir un cahier des charges pour les émissions politiques diffusées dans le contexte de l?élection partielle à Rivière-du-Rempart. « Quand nous accordons un permis d?opération à une radio privée, nous lui faisons parvenir une liste de cinquante conditions. Il y est stipulé entre autres qu?elle doit assurer une couverture des événements importants. Or une élection partielle en est un », déclare Ashok Radhakissoon.

L?IBA compte réunir ceux intéressés par la question pour une discussion autour des paramètres qui seront retenus pour la rédaction du cahier des charges. « Nous discuterons avec les responsables des radios et ceux des partis politiques avant de proposer les règlements », confie le président de l?IBA. Mais auparavant il réunit ses proches collaborateurs demain pour discuter de la question. Celle-ci sera à l?agenda de la réunion du conseil d?administration de l?IBA qui aura lieu dans le courant de la semaine.

Du côté des radios privées, on est plutôt surpris par cette proposition de cahier des charges pour la couverture de la campagne électorale. Les directeurs de Radio One et de Radio Plus affirment qu?ils accordent déjà un traitement équitable aux différents partis politiques. « Nous respectons un équilibre dans la couverture de l?actualité politique », déclare le directeur général de Radio Plus, Hassen Rojoa. Toutefois il prévient : « La proposition est la bienvenue mais nous n?allons pas tout accepter aveuglément. »

Quant au directeur général de Radio One, Finlay Salesse, il est plus direct. « l?Alliance MSM-MMM a toute la liberté d?entreprendre cette démarche auprès de l?IBA, mais je la trouve incongrue. Cela pour deux raisons : la première est que l?IBA ne peut réglementer le traitement de l?information par les radios privées dans une campagne électorale, comme elle ne peut réglementer la presse. La seconde raison est la suivante : indépendamment de cette démarche et ce dans nos émissions politiques à risques, nous avons toujours contrôlé périls et dérapages et nous avons toujours dans un souci d?équité maintenu un traitement équilibré à l?égard de tous les partis politiques. »

L?opposition de son côté se montre prudente, même si elle n?est pas contre l?idée d?un cahier des charges pour régir les émissions politiques. « Nous ne sommes pas hostiles à l?idée si elle vise à assurer l?équité dans la couverture de l?actualité politique. Toutefois nous nous attendons à avoir plus de détails avant de nous prononcer », déclare Arvin Boolell, député et dirigeant du Parti travailliste.

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